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« On a basculé d'un établissement mono-activité à un établissement public foncier généraliste »

le - - Isère

« On a basculé d'un établissement mono-activité à un établissement public foncier généraliste »
© Epora - Florence Hilaire a pris la direction générale de l'Epora depuis plus d'un an

À la tête de l'Établissement public foncier de l'Ouest Rhône-Alpes (Epora) depuis novembre 2018, Florence Hilaire fait le point sur cet opérateur régional en charge de l'action foncière. Rencontre.

Quel est votre parcours ?

Je suis ingénieure générale des ponts, des eaux et des forêts. J'ai beaucoup travaillé pour le ministère de l'Écologie, avec des postes assez diversifiés en régions parisienne et Paca. Tout au long de ma carrière, j'ai abordé à la fois les infrastructures, l'urbanisme, l'instruction des permis de construire, le logement, la planification dans l'urbanisme, la politique de la ville, l'environnement…

Avant d'arriver à l'Epora, j'étais en poste dans un établissement public administratif : le Cerema, où j'étais à la tête de la direction territoriale Méditerranée, à Aix-en-Provence. J'étais en charge de l'appui aux collectivités et aux administrations de l'État sur les différentes thématiques du ministère. C'est un centre d'études qui conduit des expertises sur des sujets transversaux (aménagement, transports, infrastructures, environnement, énergie, etc.), à partir desquelles des experts conseillent l'État et les collectivités sur la mise en œuvre de différents projets. La convergence de tous ces thèmes est le sujet du foncier, à l'origine de la question de l'aménagement, puisque c'est la ressource primordiale de toute opération. C'est un sujet que j'avais déjà abordé quand je faisais du logement social, de l'urbanisme, de la planification…

Quel regard portez-vous sur l'activité de l'Epora après un an d'exercice ?

Cela correspond à ce que je m'attendais à trouver, c'est-à-dire un bel outil, à la fois pour les collectivités, qui en assurent la gouvernance, mais aussi pour l'État, puisque complètement connecté aux politiques publiques. C'est un établissement qui œuvre depuis vingt ans sur le territoire, fort de réalisations concrètes qui s'inscrivent dans la durée. Les opérations ne se font pas en trois mois mais s'étalent sur plusieurs années, ce qui leur confère de la stabilité.

L'Epora est un établissement qui s'est adapté puisqu'il était, au début, essentiellement centré sur la Loire, un peu sur le Rhône et sur l'Isère. Il s'est agrandi sur l'Isère et sur la Drôme-Ardèche, avant de reprendre, en 2015, la totalité du périmètre Drôme-Ardèche. C'est donc un établissement qui a évolué en périmètre et en activité, en ingénierie et en offre de services, étant au départ très axé sur le traitement des friches industrielles.

À présent, il est devenu un établissement foncier généraliste qui intervient sur les zones industrielles, son ADN sur un secteur très impacté, mais aussi sur les centres anciens, le redimensionnement des zones d'activité, les territoires reculés qui ont des tènements importants à requalifier… On a basculé d'un établissement mono-activité à un établissement public foncier généraliste, qui agit sur un territoire aux caractéristiques très particulières.

Quelle est sa santé financière ?

L'établissement est alimenté par la taxe spéciale d'équipement, qui est prélevée sur le territoire. Depuis qu'il s'est agrandi, la ressource financière de l'établissement a crû et il y a eu une grande période de développement au cours de la deuxième évolution du périmètre. Cela a conduit l'établissement à contractualiser de nombreuses conventions, acheter de nombreux biens et augmenter très rapidement son stock. La trésorerie a donc fait l'objet d'une vigilance particulière, notamment en 2018, où nous avons dû contractualiser quelques emprunts.

Nous sommes en train de revenir à une trésorerie plus stable, mais restons encore à la recherche de notre rythme de croisière. Notre extension commence à devenir mature et, à ce stade, nous allons travailler sur le périmètre sur lequel nous sommes présents. On s'attache à atteindre ce régime permanent : adapter notre développement pour pouvoir déstocker. On achète mais il faut aussi revendre… L'objectif n'est pas de conserver les biens, mais de les faire tourner pour réinvestir sur d'autres projets et sur d'autres collectivités. Notre stock continue à augmenter mais d'une manière beaucoup moins forte, ce qui veut dire que nous sommes en train de stabiliser notre fonctionnement financier.

Un nouveau Programme pluriannuel d'intervention (PPI) doit commencer après 2020…

Oui, nous sommes à la fin du PPI 2015-2020. Cela correspond à la fin des mandats communaux, soit une année assez particulière dans notre cycle. Nous nous sommes fortement développés sur cette période et, en 2019, nous avons lancé les cessions pour recontractualiser avec les nouvelles collectivités qui arriveront en 2020.

Nous avons commencé à réfléchir sur les orientations du nouveau PPI, pour la période 2021-2025. Les tendances s'inscrivent dans la continuité de ce que l'on a fait jusqu'à présent et tiennent compte des grandes orientations nationales, qui ont notamment vu le jour en 2019 avec un certain nombre de sujets impactant directement ou indirectement l'établissement. Par exemple, tout ce qui concerne la revitalisation des centres anciens avec des dispositifs comme « Action cœur de ville ». Des sujets hautement complexes, traités au cas par cas… Les contraintes sont fortes : il faut réhabiliter, voire démolir partiellement dans les centres anciens pour pouvoir les aérer et reconstruire une offre qui soit compatible avec les besoins et les attentes des citoyens.

En 2019, nous avons beaucoup travaillé sur les friches et cela va impacter notre prochain PPI. L'Epora a notamment participé aux réflexions aux côtés des autres établissements publics d'État, et cela a notamment abouti au rapport Lagleize.

Enfin, la zéro artificialisation nette confirme que l'Epora, qui intervient essentiellement sur l'enveloppe urbaine, traite des fonciers déjà bâtis et qu'il faut réinvestir pour permettre un nouvel usage et des nouvelles constructions. Nous sommes complètement dans le sujet de l'orientation nationale, qui vise à éviter l'artificialisation des sols agricoles et naturels et qui incite à réinvestir les fonciers déjà urbanisés. Les orientations décidées au niveau national sont aussi l'expression des attentes des territoires.

Quels grands projets en Isère ?

L'Isère concentre la diversité de l'intervention de l'Epora, puisque nous sommes intervenus tout au long de ce PPI sur les requalifications de friches. Par exemple, la friche de la Corderie à Saint-Clair-de-la-Tour, la friche EZ Transfert à Crémieu, la friche en centre-ville à Tignieu-Jameyzieu, la friche Celette à Vienne… Sur un certain nombre d'entre elles, le travail va continuer en 2020. Notamment sur la friche Mermet (Les Avenières Veyrins-Thuellin), ou sur des friches qui sont en train d'émerger à Faverges-de-la-Tour et Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs.

La friche Mermet aux Avenières Veyrins-Thuellin, un important chantier en cours / © Epora

Nous intervenons également sur la requalification des centres-villes : le secteur Paul-Bert à Bourgoin-Jallieu, le centre-ville de Pont-de-Chéruy, le quartier de la gare au Péage-de-Roussillon, le foncier près de la halle à La Côte-Saint-André. Sans oublier les opérations de reconversion pour améliorer l'offre de logements à Roussillon et aux Abrets-en-Dauphiné. Nous conduisons également des micro-opérations, très importantes pour les communes de petites tailles : Villemoirieu, Sonnay, Dolomieu, Sérézin-de-la-Tour, Chonas-l'Amballan…

Nous continuerons à intervenir auprès des collectivités pour développer une politique foncière à partir d'études urbaines foncières. Nous sommes déjà intervenus au Pont-de-Beauvoisin et à La Tour-du-Pin. En 2019, nous avons lancé une expérimentation d'identification des friches et des sites isolés sur le Nord-Isère, en partenariat avec les agences d'urbanisme, afin de repérer de potentiels gisements fonciers, traiter ces zones et permettre leur remobilisation. On parle alors d'opérations de longue gestation : il y a le temps de la négociation et de l'acquisition, puis celui des études, notamment pour définir le niveau de désamiantage des bâtiments… À noter que nous arrivons à valoriser 80 à 86 % des matériaux démolis, soit en les laissant sur place après les avoir concassés, soit en les plaçant dans des filières de tri.

Nous avons 120 conventions sur l'Isère, et 560 sur l'ensemble du territoire. Nous comptons actuellement 250 sites en foncier, soit un stock de 30 M€. Dont 7 M€ sont constitués par des travaux que l'on a déjà réalisés et que l'on porte avant qu'ils ne fassent l'objet d'une cession. Durant le dernier PPI, une trentaine d'études ont été réalisées auprès des collectivités.

Quel est l'enjeu du dispositif « Territoires d'industrie » ?

C'est un nouvel outil de concertation avec les industries, soit la capacité qu'ont les collectivités à s'adresser à des industriels et essayer de construire avec eux, en anticipant leurs besoins et leurs problématiques d'amélioration de leur implantation.

Nous sommes par exemple signataires du programme « Territoires d'industrie » de Vienne Condrieu Agglomération. Nous accompagnons la collectivité pour permettre aux industries de rallier le territoire, tout en permettant l'évolution de leurs outils de production au regard des nouvelles contraintes réglementaires et de l'évolution de leur activité.

L'Epora en chiffres *

1 486 communes couvertes sur 5 départements (Loire, Drôme, Ardèche, Rhône, Isère)

3 directions territoriales (Saint-Étienne, Givors, Châteauneuf-sur-Isère)

74 salariés

59 M€ d'activité opérationnelle (39 M€ pour le foncier, 18 M€ pour les études et travaux, 3 M€ pour la gestion)

25,6 ha de foncier achetés en 2018, à recycler

15,7 ha de fonciers recyclés et vendus

1 020 logements potentiels neufs

11 M€ d'accompagnement financier

61,5 M€ de ressources financières

512 conventions en vigueur

* Chiffres 2018




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