AccueilRhône3 questions à Eric Trendel, président du Syndicat français des chaudiéristes biomasse (SFCB)

3 questions à Eric Trendel, président du Syndicat français des chaudiéristes biomasse (SFCB)

La transition énergétique passe par le remplacement des vieilles chaudières au fioul, gaz ou charbon par des installations plus performantes. Dans ce contexte, les chaudières à bois, principalement à granulés, connaissent un fort développement. Pour le président du SFCB, la poursuite de cette dynamique repose sur le maintien des aides et la qualification des professionnels.
3 questions à Eric Trendel, président du Syndicat français des chaudiéristes biomasse (SFCB)
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Qui adhère au SFCB et quelles sont vos missions ?

Le Syndicat français des chaudiéristes biomasse a été créé en 2017 et regroupe des fabricants et importateurs de chaudières biomasse. Nous rassemblons 17 entreprises pour 21 marques. Nous avons donc une forte légitimité, puisque nous réunissons 80 % des acteurs de la filière. Nous avons avant tout une mission de représentation et de valorisation auprès des pouvoirs publics, des installateurs et du grand public. Nous travaillons également avec d'autres entités représentatives, comme Uniclima et le Syndicat des énergies renouvelables.

Que pèse le marché français du chauffage au bois et comment évolue-t-il ?

Les chaudières à bois fonctionnent avec du bois bûche, des granulés bois ou du bois déchiqueté, également appelé "plaquettes". Le marché des chaudières bois bûche et bois déchiqueté est en stagnation. Par contre, il y a une forte progression des chaudières à granulés bois, avec une croissance de 40 % en 2018. Nous attendons les chiffres de 2019, mais la progression devrait être encore plus forte que l'an dernier. Nous estimons que le marché de la chaudière bois, toutes énergies confondues, devrait représenter environ 17 000 chaudières, contre 12 000 en 2018, et dont environ 14 000 chaudières à granulés, 2 500 chaudières bois bûche et 500 chaudières à plaquettes. L'annonce du gouvernement du plan de sortie du fioul a boosté les ventes. D'ici 2023, l'objectif est le renouvellement d'un million de chaudières fioul, sur un parc de trois millions, par des appareils à énergie renouvelable comme les chaudières à bois. Les différentes aides à l'installation ont également soutenu le marché. Les principaux dispositifs qui peuvent être mobilisés sont les primes Coup de Pouce, le crédit d'impôt et les subventions de l'Anah (Agence nationale de l'habitat, Ndlr).

L'été dernier, vous tiriez la sonnette d'alarme sur le manque de professionnels certifiés. La situation s'est-elle améliorée ?

L'obtention des différentes aides proposées par les pouvoirs publics est directement soumise à la condition d'une installation réalisée par un professionnel qualifié RGE Qualibois Eau. De plus, la qualification est un gage de qualité, et donc de confiance. Ainsi, 79 % des Français se disent plus confiants face à un installateur certifié RGE, reconnu par l'État. Il y a six mois, nous avions attiré l'attention sur le manque d'installateurs certifiés car les carnets de commande se remplissaient et les délais s'allongeaient faute de professionnels en nombre suffisant. La situation s'est améliorée, mais reste inquiétante car nous partons de loin. Nous pensons qu'il y a aujourd'hui quelque 3 500 artisans certifiés, soit environ 800 professionnels supplémentaires. Le manque de visibilité sur les primes, autrement dit le "yoyo" des aides, freine la démarche de certification. Les artisans craignent d'investir à perte, du temps et de l'argent. La suppression des aides marquerait nécessairement un ralentissement du marché.

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