Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations sur la filière BTP en région Rhône-Alpes

3 questions à Frédéric Utzmann, créateur de la société Effy

le - - Actualités

3 questions à Frédéric Utzmann, créateur de la société Effy
© Effy

Le dirigeant de la société Effy, spécialisée dans l'accompagnement des entreprises et des particuliers souhaitant mettre en place des stratégies d'efficacité énergétique, propose une analyse nuancée des chiffres de la dernière étude ONPE sur la précarité énergétique.

Quel est le rôle de l'Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) ?

L'ONPE est là pour donner une vision globale et des éléments chiffrés précis sur la précarité énergétique en France et sur son évolution. J'ajoute en complément que la précarité énergétique est liée à deux facteurs : des bâtiments qui ont de mauvaises performances intrinsèques en raison de leur mauvaise isolation, ou de la qualité insuffisante de leurs installations de chauffage. Une problématique de revenus trop faibles, et donc un taux d'effort énergétique qui s'avère trop élevé au final par rapport aux moyens financiers des ménages.

Quels enseignements tirez-vous de l'étude qui vient de paraître ?

Par rapport à l'étude réalisée en 2013, nous constatons une forte baisse des chiffres, mais elle me semble un peu surprenante. Sur le terrain en effet, nous n'avons pas vraiment le sentiment que le nombre de ménages concernés diminue et que le problème recule. En fait, cette évolution s'explique par deux raisons principales. Tout d'abord, il y a eu une modification de la méthode de calcul. Des personnes sont en effet sorties des statistiques, mais je ne suis pas certain qu'elles aient réellement réglé leur problème de précarité énergétique. Par ailleurs, il y a un effet conjoncturel lié à un hiver plus clément en 2017 qu'en 2013. Il faudrait appliquer un coefficient de pondération des effets climatiques, ce qui n'a pas été fait. En clair, si les chiffres de la précarité énergétique ont baissé en 2017, ce n'est pas parce que les gens ont isolé leurs logements et qu'ils consomment moins, mais plutôt parce qu'il a fait moins froid en hiver. Gardons-nous bien de tirer des conclusions hâtives. J'ajoute qu'il me semblerait aussi judicieux d'appliquer un coefficient de pondération en fonction de la hausse ou de la baisse du prix de l'énergie.

Est-ce que tous les territoires sont concernés à l'identique par la précarité énergétique ?

Non, nous savons pertinemment, et cette dernière étude le confirme, que tous les territoires ne souffrent pas de la même façon. C'est incontestablement un sujet plus criant dans la ruralité. Tout d'abord parce qu'il y a plus de maisons individuelles, qui sont par nature moins performantes que des immeubles. Dans l'habitat collectif, il y a des murs mitoyens et chacun profite de l'effort de chauffage réalisé par ses voisins. D'autre part, plus on est en ruralité et plus les maisons sont grandes, donc plus elles sont difficiles à chauffer. Fatalement, le risque de précarité énergétique est plus grand. De la même façon, le bâti rural est souvent plus ancien que le péri-urbain et c'est aussi une règle qui se vérifie souvent : plus le bâtiment est ancien et moins il est performant. Enfin, pour en finir avec cette question, il est évident que la localisation géographique joue aussi un rôle important dans la précarité énergétique. Les zones de montagne, qui souffrent de températures nettement plus basses en hiver que les villes de plaine, sont des terres à risque. De même, le nord et l'est de la France sont touchés, tout comme la vallée du Rhône. Nous sommes particulièrement bien placés pour en témoigner, puisque ma société Effy intervient dans tout l'Hexagone.




Jacques DONNAY
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Journal du Bâtiment Journal d'annonces légales et d'informations sur la filière BTP en région Rhône-Alpes

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer