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3 questions à Hervé Simon, président de la Fédération des promoteurs immobiliers

Volumes de réservation au plus haut et offre disponible au plus bas : l'évolution du marché de l'immobilier neuf lyonnais interpelle les observateurs. Le président de la FPI décrypte la situation.
3 questions à Hervé Simon, président de la Fédération des promoteurs immobiliers
© Studio Erick Saillet

Rhône Publié le ,

Quel regard portez-vous sur l'année écoulée ?

L'année 2017 a été très bonne. L'indicateur le plus fiable pour la promotion immobilière est celui du volume des réservations et nous avons terminé l'année à plus de 6 000 lots, ce qui est tout à fait exceptionnel. C'est même le deuxième meilleur total que nous ayons enregistré au cours de la dernière décennie. Cela ne nous empêche pas pour autant de nourrir une certaine insatisfaction, car nous n'avons pas su renouveler l'offre dans des volumes équivalents. La règle est simple : quand on vend 6 000 lots, il faut essayer d'en reconstituer à concurrence de 6 000, c'est-à-dire avoir des permis pour être en mesure de les mettre en vente. Or, là, nous sommes clairement un cran en dessous, alors même que nous sommes en capacité de produire et de vendre plus de 7 000 logements. C'est un phénomène que nous observons depuis deux ans, ce qui signifie que l'offre disponible se restreint au fur et à mesure. Globalement, cette offre disponible s'établit à 3 600 lots sur la métropole, soit six à sept mois de réservation. C'est un élément de tension qui fait monter les prix. Sur Lyon et Villeurbanne, cette augmentation est continue et significative, puisqu'elle s'établit à plus de 5 %. Il faut donc jouer sur l'offre, puisque nous sommes en mesure de le faire techniquement. Nos sociétés sont organisées pour cela et les financements sont là. Mais il y a deux freins à lever : la durée d'instruction des permis, qui représente environ deux ans, et l'augmentation très significative du prix des fonciers, qui nous interdit de signer des terrains dans des conditions économiques acceptables.

Le volume important d'autorisations à construire signé par la Métropole en 2017 est-il de nature à vous rassurer ?

Ce chiffre de 8 200 lots autorisés correspond à une vision administrative des choses. Il s'agit en effet de lots pour lesquels les signatures ont été délivrées, mais il ne comprend pas seulement les programmes présentés par les acteurs privés. Il intègre aussi le logement social, réalisé par les bailleurs sociaux. D'autre part, il ne faut pas oublier qu'il y a un décalage entre le moment où les autorisations sont données et celui où les mises en vente sont effectives, puisqu'il faut compter sur un délai de trois à quatre mois pour purger les autorisations. Néanmoins c'est un signe positif, et nous espérons que cela nous permettra de répondre à la demande des acquéreurs potentiels, qu'il s'agisse d'acquéreurs utilisateurs ou d'investisseurs.

Justement, les investisseurs semblent bouder un peu le marché ?

Sur la fin de l'année 2017 en effet, il y a 20 % d'investisseurs en moins que l'année précédente. Certes, 2016 avait été une année exceptionnelle pour la vente à investisseurs, mais je crois que nous arrivons quand même à des niveaux de prix sur Lyon qui sont de nature à décourager les investisseurs. Nous sommes à plus de 5 000 € / m2 dans plusieurs arrondissements en cœur de ville. Dans le même temps, le prix des loyers sur les logements neufs reste stable. C'est bien entendu l'une des vertus du marché lyonnais, mais cela signifie que le rendement baisse et que certains se demandent s'ils ne doivent pas abandonner la zone A, c'est-à-dire Lyon et Villeurbanne, pour aller investir plus loin.

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