Accueil3 questions à Hervé Simon, président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers Région Lyonnaise

3 questions à Hervé Simon, président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers Région Lyonnaise

À la lecture des chiffres du marché du logement neuf dans la Métropole de Lyon à fin août, les promoteurs font part d'une certaine inquiétude même si la situation n'est pas encore alarmante. Explications avec le président de la chambre syndicale FPI Région Lyonnaise.
3 questions à Hervé Simon, président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers Région Lyonnaise

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Quels chiffres retenez-vous de l'activité du marché du logement neuf à fin août ?

Dans la métropole de Lyon, les mises en vente sont en baisse de 38 % par rapport à fin août 2017 à 1 843 logements. Cela faisait dix ans que nous n'avions pas enregistré un niveau aussi bas. Les réservations sont, elles aussi, en retrait de 17 % et s'affichent à 2 609 logements réservés, dont 53 % à utilisateurs. Les réservations d'investisseurs privés reculent de 28 %, notamment en raison de prix de plus en plus élevés. Pour les investisseurs privés, nous avons atteint un plafond. Mais le chiffre porteur de beaucoup d'inquiétudes pour l'avenir concerne l'offre disponible. Avec 3 188 logements disponibles, soit une baisse de 21 %, nous n'avons que 7 mois de commercialisation devant nous. La faiblesse de l'offre disponible va générer une tension sur les prix. Le prix moyen à fin août 2018 sur le marché lyonnais est déjà en hausse de 3,7 % à 4 349 €/m2. Sur les extérieurs de Lyon, les mises en vente chutent de 65 % à 267 logements et les réservations reculent de 17 % à 388 logements. L'offre disponible baisse de 21 % et entraîne, là encore, une augmentation des prix. Le prix moyen s'établit à 2 884 €/m2, en progression de 3,1 %.

Quelle analyse faites-vous de ces données ?

Le renouvellement de l'offre n'est pas suffisant pour faire face à la demande. Cette situation devrait s'aggraver et concourir à encore faire grimper les prix. L'inflation va se poursuivre. Ce n'est pas notre volonté de faire monter les prix, ni de produire moins. Notre incapacité à mettre de nouveaux produits sur le marché résulte de deux facteurs principaux. D'abord, nous sommes confrontés à une raréfaction du foncier qui, de surcroît, devient de plus en plus cher. Ensuite, toutes les procédures de pré-instruction, d'autorisation, d'obtention des permis de construire, de recours… s'allongent et retardent le lancement de nouvelles opérations. Entre la révision du PLU-H et les élections municipales, le phénomène s'amplifie et nous observons une augmentation du nombre de sursis à statuer.

Comment se profile la fin de l'année et quelles tendances se dessinent pour 2019/2020 ?

Le nombre de réservations devrait tourner autour de 5 000 sur l'ensemble de l'année. Il s'agira d'une année basse, comparable aux années 2012 et 2013, alors que la demande est bien présente. Nous surveillerons de près le renouvellement de l'offre, qui doit permettre de répondre à la demande des acquéreurs et aussi à la demande locative. Une offre suffisante permettra également d'enrayer la hausse des prix, même si, pour l'heure, l'augmentation va continuer et questionne sur la possibilité offerte ou non à tous les habitants d'acheter un logement dans la métropole. Enfin, il ne faudrait pas sous-estimer l'impact sur l'emploi. Le BTP a connu une petite embellie qui pourrait connaître un coup d'arrêt avec la baisse des mises en chantier. Notre message est simple : libérez du foncier, libérez les permis de construire !

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