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A Chamonix, EDF veut maintenir la production hydroélectrique

Face au changement climatique, c’est l’un des objectifs d’EDF qui adapte en conséquence ses aménagements, comme le captage sous glaciaire des Bois, à Chamonix.
A Chamonix, EDF veut maintenir la production hydroélectrique
@P. Tournaire

Savoie Publié le ,

Pour les années à venir, EDF s’est fixée comme objectif de « construire un avenir énergétique neutre en CO2 conciliant préservation de la planète, bien-être et développement, grâce à l’électricité et à des solutions et services innovants ». Dans ce contexte, la part de la production d’hydroélectricité (14 % de la consommation nationale) est loin d’être négligeable.

C’est pourquoi, face aux effets du changement climatique, EDF anticipe et s’engage pour le maintien et l’adaptation aux besoins d’aujourd’hui d’une production d’énergie, renouvelable par nature.

C’est le cas, dans le massif du Mont-Blanc, pour l’aménagement hydroélectrique des Bois, situé sur la commune de Chamonix, qui représente une installation assez exceptionnelle. En effet, à 50 mètres sous la glace, un captage permet de récupérer l’eau de la fonte saisonnière naturelle du glacier de la Mer de glace pour la production électrique. Il s’agit de tout faire pour que cela se réalise dans le respect de l’environnement et en concertation avec les parties prenantes locales.

Il s’agit là d’une véritable prouesse technique, particulièrement insolite, abritée par la mythique Mer de glace. Des kilomètres de galeries entièrement souterraines amènent à une majestueuse cavité à 1 560 mètres d’altitude : le captage sous glaciaire de la prise d’eau des Bois. Au centre de ce lieu improbable, façonné par l’homme, l’eau de couleur bleu ciel est recueillie.

Un dégraveur pour retenir les matériaux en suspension

Au printemps et en été, pendant la fonte naturelle, cette eau glaciaire, chargée en sable, graviers et cailloux, s’écoule sous la montagne via les installations : l’eau passe à travers les grilles d’un dégraveur (un bassin de 100 mètres de long) qui permet de retenir les matériaux encore en suspension.

Lancée à 290 km/h, l’eau continue ensuite à travers une galerie d’amenée, puis elle s’engouffre dans un puits blindé avant de finir sa chute à 1075 mètres d’altitude, où elle est turbinée à la centrale des Bois, près de la ville de Chamonix.

Une transition douce sans perte

Cet aménagement permet à EDF de produire chaque année l’équivalent de la consommation domestique d’une ville de 50 000 habitants. Le groupe, qui prépare activement l’avenir, vient de dévoiler son projet d’adaptation du site. Pour maintenir la production d’hydroélectricité, première des énergies renouvelables, il s’agissait d’anticiper, ce qui a été fait en intégrant, depuis plusieurs années, des données sur le recul du glacier (avec le laboratoire de glaciologie de Grenoble).

Le captage actuel est exposé aux risques, en haute altitude, d’obstruction partielle ou totale (chute de gros blocs, crue ou avalanche), ce qui le condamnerait à terme. Par conséquent, EDF envisage un nouveau fonctionnement pour cet aménagement à l’horizon 2023/2024.

La solution consisterait à réhabiliter un ancien captage souterrain (à 1 520 m d’altitude) en le transformant en captage de surface, préservant ainsi l’environnement du site.

Le projet est en cours d’instruction, l’objectif étant que ce captage nouvellement transformé puisse être mis en service avant la perte du captage sous glaciaire actuel, ce qui permettrait une transition douce sans perte de production d’hydroélectricité.

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