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Actu / Organisation professionnelle / Les Canalisateurs du Sud-Est ne veulent pas céder au doute

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Actu / Organisation professionnelle  /  Les Canalisateurs du Sud-Est ne veulent pas céder au doute
Michel Réguillon et Stéphane Eyraud ©Rodolphe Savereux

Élu en début d'année à la tête de la profession, Michel Réguillon se veut combatif. Il ne cache pas que l'année 2022 s'annonce encore compliquée pour ses troupes, mais il entend bien lutter contre toute forme de pessimisme.

Après l'Ardéchois Pierre Rampa, c'est au tour de l'Isérois Michel Réguillon de donner le « la » à la tête des Canalisateurs du Sud-Est. Pour le patron du groupe qui porte son nom, l'année en cours et celles qui suivront doivent être celles du renouveau. Après un exercice 2020 qui a vu l'activité reculer en Rhône-Alpes comme sur les territoires de PACA – Corse, l'objectif est de repartir de l'avant.

« En 2019, nous avions observé une légère reprise et nos entreprises étaient prêtes. La crise sanitaire est venue tout stopper net ! Et même si notre profession a réussi à reprendre son activité dès la fin du mois d'avril 2020, elle a quand même accusé une baisse d'activité de 13 % par rapport à 2019 », indique-t-il.

Pour assurer cette relance, Michel Réguillon entend activer plusieurs leviers. A commencer par celui du Plan Rebond lancé dès l'année dernière par l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse. D'un montant de 180 M€, majoré du plan de relance de l'État de 80 M€ sur 3 ans, cette enveloppe totale de 260 M€ doit donner un nouveau souffle à la profession. Ses effets ont commencé à se faire sentir fin 2020 sur les marchés à bons de commande, mais aussi au premier semestre 2021 sur de nouvelles opérations ponctuelles. Il s'agit maintenant de transformer l'essai.

Un plan d'action en 5 points

Avec un chiffre d'affaires de 1,025 Md€ en 2019 pour un total de 9 000 salariés, l'activité canalisation représentait 18 % de l'activité totale des Travaux Publics et venait immédiatement derrière l'industrie routière. Une force de frappe portée par 118 entreprises regroupées sous la bannière les Canalisateurs du Sud-Est en Rhône-Alpes-PACA-Corse, dont 90 % ont moins de 250 salariés. « Les deux tiers de ces entreprises, soit 79, sont installées en Rhône-Alpes et 39 sont en Provence-Alpes-Côte d'Azur-Corse », précise Michel Réguillon.

Pour assurer leur activité au cours de trois prochaines années, ce dernier estime que la priorité doit être donnée à la préservation de la ressource en eau. « Quelque 1,3 milliards de m3 sont gaspillés tous les ans au niveau national », assène-t-il. Avec une cause facile à identifier : l'absence de renouvellement des canalisations. « Nous allons donc intensifier nos relations avec les élus locaux, afin que collectivités locales et les entreprises travaillent toujours plus ensemble au quotidien pour la gestion durable de l'eau. »

Ce nouveau mandat sera également celui de la transition écologique, avec l'intégration obligatoire des contraintes liées aux ZFE (Zones à Faible Émission). « Enfin, ce sera celui du numérique et de la jeunesse. Nous allons ainsi réaliser 10 films, que nous allons mettre en ligne sur les réseaux sociaux, afin de promouvoir notre métier », ajoute-t-il.

Pour mettre ce programme en musique, le président des Canalisateurs du Sud-Est propose un plan d'action qui comporte 5 axes : fédérer les adhérents et augmenter leur nombre ; renforcer le lien de partenariat entre les Canalisateurs du Sud-Est, les maîtres d'ouvrage et les maîtres d'œuvre ; défendre les intérêts de la profession et Promouvoir ses métiers ; sensibiliser les pouvoirs publics et le grand public aux enjeux des canalisateurs ; agir pour la transition écologique. Un programme ambitieux, derrière lequel Michel Réguillon entend bien mobiliser ses troupes.

Rhône-Alpes craint une année 2022 difficile

Pour Stéphane Eyraud, délégué départemental du Rhône, le ciel des canalisateurs rhônalpins pourrait s'assombrir l'année prochaine.

Les chiffres ne sont pas bons. Au cours des 12 derniers mois, l'activité des canalisateurs installés en Rhône-Alpes a enregistré une baisse de 6 % du volume des appels d'offre et, plus inquiétant encore, un recul de 25 % de la valeur de ces appels d'offre. Pour Stéphane Eyraud, l'explication tient en deux mots : année électorale. Marqué par les élections municipales, l'exercice 2020 s'est traduit par un décalage des investissements. « Certaines municipalités ont constitué leur commission d'appel d'offre 6 mois après les élections », fait-il remarquer.

Une inquiétude émerge tout particulièrement dans son discours lorsqu'il évoque la politique d'investissement des deux principales agglomérations Lyon Métropole et Grenoble Alpes Métropole. « Alors qu'elles jouent un rôle prépondérant dans le maintien de l'emploi de nos salariés », insiste le délégué départemental du Rhône.

La loi NOTRe constitue à ses yeux un second facteur de ralentissement de la commande publique. Elle prévoit en effet un transfert obligatoire des compétences eau et assainissement aux Communautés d'agglomération au 1er janvier 2020 et aux Communautés de communes au plus tard au 1er janvier 2026. Mais pour le moment, sa mise en œuvre semble avoir fortement perturbé le fonctionnement des services avec la fusion, voire la disparition, d'un grand nombre de Syndicats des eaux.

Seul point positif, les maitres d'ouvrages ont pleinement saisi l'opportunité du Plan Rebond de l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse. Une aubaine pour les entreprises. Sur les 114 M€ dédiés à Rhône-Alpes, il ne restait plus que 1,4 M€ à attribuer début juillet 2021. « Avec 98 % du montant total qui ont été consommés, nous avons tout lieu de nous féliciter du dynamisme de nos partenaires », reconnaît Stéphane Eyraud. Qui ne peut s'empêcher cependant de pronostiquer une année 2022 très compliquée.

Des craintes pour l'avenir en PACA Corse

Yves Bourdais, Délégué Régional PACA Corse des Canalisateurs du Sud-Est redoute que la reprise se fasse attendre.

En PACA Corse, l'année 2020 s'est achevée sur un recul de 6 % de l'activité pour les canalisateurs. « Mais paradoxalement, les effectifs de nos entreprises ont progressé de 1 % », souligne Yves Bourdais. Au-delà de ce constat anachronique, le Délégué Régional des Canalisateurs du Sud-Est avoue quelques craintes pour les prochains mois. Si le début de l'année en cours est marqué par une progression de 5 % de l'activité au premier trimestre par rapport au 1er trimestre 2020, donc avant le début de la crise covid, les premières indications concernant le 2e trimestre sont moins bonnes. « Le volume des appels d'offres est en baisse de 8 % et de fortes inquiétudes persistent sur le niveau d'activité d'ici la fin d'année 2021 », confirme-t-il.

Pour expliquer cette évolution négative, Yves Bourdais évoque en premier lieu le temps très long entre le résultat des élections municipales et la mise en place des nouveaux exécutifs. Par ailleurs, la profession a déjà consommé 84 % du Plan Rebond mis en place par l'agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse. Sur l'enveloppe globale de 79 M€ destinée à PACA Corse, il restait en effet seulement 12,3 M€ à attribuer début juillet 2021, soit 16 %.

Pour faire face, le syndicat se mobilise donc auprès des porteurs de projets pour les informer. « Car nous nous apercevons que les financements via l'agence de l'eau, notamment avec le plan de rebond, ne sont pas utilisés. Non pas en raison d'un manque de projets, mais par absence de portage auprès des services : inventaire des besoins et des priorités, ingénierie financière, planification, constitution du dossier, suivi et défense du projet…, affirme-t-il. Et je crains aujourd'hui que la capacité financière de ce plan de relance ne soit pas totalement mobilisée, alors que les besoins sont là et qu'il y a urgence ! »




Jacques DONNAY
Journaliste

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