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Apprentissage : le cri d'alarme des professionnels du BTP dans l'Ain

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Apprentissage : le cri d'alarme des professionnels du BTP dans l'Ain
DR - En ce moment dans l'Ain, 69 jeunes cherchent un patron dans les travaux publics.

La Chambre de métiers et de l'artisanat et la Capeb de l'Ain sont inquiets. Il est selon eux très difficile de faire correspondre l'offre et la demande, les chefs d'entreprise et les futurs apprentis.

Le bâtiment et les travaux publics, mais aussi l'alimentation, la production, les services… Tous les secteurs qui recrutent des apprentis sont face à un cas d'école. « Comment faire pour mettre face à face l'offre et la demande ? C'est inquiétant », affirme Valérie Brevet, administratrice de la Capeb de l'Ain en charge des questions d'apprentissage. Les entreprises artisanales du bâtiment ne trouvent pas d'apprentis. Et réciproquement… « Il n'y a pas si longtemps, on manquait sévèrement de maîtres d'apprentissage pour les jeunes intéressés par nos métiers. Aujourd'hui, le scénario s'est inversé : les patrons sont là, mais pas les apprentis ».

Sur le bureau de Pascal Fayard, le directeur du CFA du BTP dans le quartier des Vennes, à Bourg-en-Bresse, pas moins de 120 demandes de chefs d'entreprise s'empilent les unes sur les autres. « On a aussi des courriers de jeunes qui ne trouvent pas. Le plus souvent, c'est un problème de mobilité. Les entreprises sont éloignées et ils n'ont pas de moyen de locomotion », ajoute Valérie Brevet. Selon elle, l'apprentissage n'a pourtant que des vertus : « Les jeunes sont encore trop souvent coincés dans une scolarité dite classique, alors qu'ils sont motivés par nos métiers et qu'il y a de la place pour eux au CFA. Chez nous (Établissements Brevet Pierre et Fils, plombier-chauffagiste à Cras-sur-Reyssouze), deux collaborateurs sur quatre viennent du préapprentissage, puis de l'apprentissage. Le troisième est passé par l'Afpa pour sa reconversion. Nous avons également un apprenti en BP. Deux ont connu l'échec scolaire… Comme la plomberie les intéressait, ils ont pu rebondir et trouver leur voie. Pour eux, il n'est plus question de parler d'échec ».

« Dans le bâtiment, les apprentis sont mieux rémunérés qu'ailleurs »

La réflexion est lancée dans les rangs de la Capeb 01 : « Il faut continuer à communiquer ! », insiste Valérie Brevet. Là-dessus, elle rejoint Vincent Gaud, président de la CMA de l'Ain, quand il déclare : « L'armée réalise de superbes spots de pub, pourquoi pas nous ? Il faut des exemples, il faut montrer que les conditions de travail ne sont plus les mêmes qu'à l'époque ». Une chambre qui a réussi un très joli coup cette année, selon Valérie Brevet : « Leur action L'éveil aux métiers, pour les collégiens de la 6e à la 3e, est une formidable initiative. Peut-être aussi faut-il compter sur le préapprentissage, sur des stages-découvertes courts en milieu réel... Pourquoi également ne pas ouvrir dès la classe de 5e le salon Ain'Formations Orientation, organisé en début d'année par le conseil départemental avec les chambres consulaires ? Sous une forme peut-être plus ludique pour que les enfants découvrent les métiers. Il est nécessaire de pousser la réflexion sur le rôle de nos organisations professionnelles. On a connu par le passé des opérations comme « Les artisans messagers ». Dans certains départements, ça continue. Pas chez nous. Le concept était usé et les financements de la Région s'étaient arrêtés. Une nouvelle formule est à l'étude ».

L'équipe du CFA des Vennes a dressé un état des lieux des métiers les plus concernés : « On sait qu'en ce moment, 69 jeunes cherchent un patron dans les travaux publics. Ils sont 33 en menuiserie, 32 en électricité et 24 en plomberie. Du côté des chefs d'entreprise, 48 espèrent trouver un apprenti en plomberie et électricité, 28 en maçonnerie-carrelage, 20 en plâtrerie-peinture et 13 dans les TP, énumère Valérie Brevet. Mais l'offre et la demande ne se rencontrent pas… Il faut aussi dire et redire que, dans le bâtiment, les apprentis sont mieux rémunérés qu'ailleurs. La convention collective leur est très favorable, surtout au début de la formation. Et quand ils sortent avec le CAP ou le BP, les statistiques montrent que 80 % d'entre eux trouvent tout de suite un emploi, que 90 % sont en CDI trois ans après. Pour le jeune comme pour l'employeur, l'apprentissage, c'est du gagnant-gagnant ».




Jean-Marc PERRAT
Journaliste

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