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Artisans du BTP : la fatigue psychique l'emporte sur la fatigue physique

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Artisans du BTP : la fatigue psychique l'emporte sur la fatigue physique
© Adobe Stock

Pour la première fois depuis le lancement du baromètre « Artisanté BTP » par l'Iris-ST, la Capeb et la CNATP il y a six ans, le rythme de travail des artisans est en diminution. Une bonne nouvelle qui ne doit pour autant pas nous faire oublier la partie immergée de l'iceberg : ils sont 11 % de plus en 2019 à déclarer leur métier exigeant mentalement.

En 2014, l'Institut de recherche et d'innovation sur la santé et la sécurité au travail (Iris-ST), en partenariat avec la Capeb et la Chambre nationale de l'artisanat des travaux publics et du paysage (CNATP), a décidé de mettre en place un baromètre permettant d'améliorer les connaissances et de suivre l'évolution des conditions de travail et l'état de santé des artisans des filières BTP et Paysage.

C'est ainsi notamment qu'en 2018, les acteurs avaient noté une intensification notable dans le rythme de travail hebdomadaire des dirigeants d'entreprise artisanale, notamment ceux travaillant plus de 60 heures par semaine (+3 %). Le baromètre mettait également en évidence des plages horaires qui s'étendaient le soir, le week-end, mais aussi lors des congés, avec 50 % de sondés qui déclaraient consulter leurs mails tous les jours. Cette hausse impactait logiquement l'état de santé des dirigeants ; elle contribuait également au déséquilibre entre vie privée et vie professionnelle. 58 % des artisans se disaient alors stressés, 59 % déclaraient souffrir de troubles du sommeil et 33 %, de troubles émotionnels. Cette augmentation pouvant même révéler un mal-être plus profond et être source d'épuisement professionnel, autrement dit de burn-out.

Cependant, pour la première fois en 2019, l'étude révèle une baisse de ce rythme de travail : à hauteur de 3 % chez les dirigeants travaillant plus de 60 heures par semaine, et de 5 % chez ceux travaillant régulièrement, voire systématiquement le week-end. Nonobstant, les dirigeants continuent de ne pas « décrocher » durant leurs vacances, restant connectés à leur entreprise. Ce rythme de travail soutenu est présent quelle que soit la situation familiale du chef d'entreprise.

© Iris-ST

Obligés d'être « connectés » en permanence...

Paradoxe : l'étude des évolutions du baromètre « Artisanté BTP » révèle que l'exigence psychique l'emporte désormais sur les efforts physiques. Si les artisans sont 65 % à se dire totalement épanouis dans leur métier, 4 % de plus considèrent leur profession comme physiquement éprouvante (83 % au total) et 11 % de plus accusent désormais la charge mentale, soit 91 % du panel. Un poids qui s'explique en partie par la multitude de tâches que ces entrepreneurs du XXIe siècle ont à accomplir : réalisation de chantiers, gestion du personnel, préparation de devis, gestion et contact de la clientèle, lourdeurs administrative... Pour 66 % d'entre eux, cette seule charge administrative représente 10 à 25 % de leur temps de travail. Le poids des responsabilités, ainsi que l'évolution des liens sociaux et de la technologie jouent également un rôle crucial, avec un besoin toujours plus grandissant de réactivité et la nécessité d'être connecté en permanence.

© Iris-ST

L'étude met également en avant le sentiment d'isolement des dirigeants et leur besoin d'être soutenus, de la part notamment des réseaux professionnels et des différentes institutions (lire encadré). Les chefs d'entreprise sont d'ailleurs 68 % à exprimer leur intérêt quant à bénéficier d'un suivi médical en lien avec leur activité professionnelle.

L'isolement pointé du doigt

En 2019, 40 % des artisans ont exprimé une sensation d'isolement, contre 36 % en 2018 et 35 % en 2017. Ce sentiment est légèrement plus présent chez les dirigeants travaillant seul (43 %) et, au niveau familial, chez les dirigeants seuls avec enfants à charge (53 %). L'isolement du chef d'entreprise peut prendre plusieurs formes : il peut s'agir de solitude dans la décision, de solitude statutaire, de solitude relationnelle ou professionnelle, de solitude situationnelle...

Manques de reconnaissance et d'accompagnement en sont les causes principales. Ils sont ainsi 46 % à souhaiter être davantage soutenus. Ce plus précisément par les réseaux professionnels types OP ou CMA (64 %), par les banques et assurances (58 %), par leur expert-comptable (42 %), mais aussi par leur entourage proche (23 %), leurs salariés (19 %) et leurs confrères artisans (19 %).




Charlotte ROBERT
Journaliste

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