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Au chevet du centre Onera de Modane

La soufflerie de recherches aérospatiales, la plus importante au monde, souffre d'un affaissement du bâtiment nécessitant des travaux pour 20 M€ dont le financement est à l'étude entre l'office, le ministère de la défense, et les aides européennes par le biais de la Région, le département accompagnant la démarche.
Au chevet du centre Onera de Modane
BF - Les élus savoyards à l'intérieur de la soufflerie où ils ont été accueillis par les responsables de l'Onera.

Savoie Publié le ,

L’histoire du site mauriennais de l’Onera (Office national d’études et de recherches aérospatiales) à Modane, remonte à la fin de la dernière guerre, lorsque les alliés récupèrent la soufflerie subsonique d’Ötztal, dans le Tyrol autrichien, symbole de l’industrieaéronautique allemande qui disposait d’une certaine avance technologique. Elle fut démontée par les français et transportée par train (4 000 tonnes en moins de 6 mois) jusqu’au site de Modane-Avrieux. Les travaux de reconstruction démarrèrent dès 1948 et la soufflerie, S1MA entra en service en 1952), la plus grande de ce type transsonique au monde (88 MW). Mais, depuis quelques temps déjà, elle est apparue en danger. En cause, un phénomène géologiquequi provoque un affaissement de quelques millimètres chaque année des structures qui soutiennent la soufflerie. Avec le risque à terme d’un effondrement pur et simple. L’origine du problème se situe quelques dizaines de mètres sous les fondations de la S1MA. Le sous-sol du site est fait de granit à une profondeur de 60-70 mètres, et de gypse vers -30 mètres. Mais au-dessus, de moins 25 mètres jusqu’à la surface, le sous-sol est constitué de sable. Or, avec l’écoulement des eaux de fonte des neiges, des trous se forment dans lesquels ce sable se faufile, ce qui fragilise une partie des 800 pieux de 10 mètres de haut qui constituent les fondations du site. D’où l’apparition d’inquiétantes fissures depuis quelques années, suite à un affaissement qui atteint maintenant 45 millimètres.

Une dalle de béton de 18 000 m3

Un plan de sauvetage a donc été conçu avec l’aide du spécialiste des fondations spéciales Spie Fondations (groupe Spie Batignolles). Il consiste à créer une énorme dalle de béton armé de 18 000 mètres cube. Ce matelas sera situé entre 25 et 50 mètres sous terre et aura une surface de 1 600 m². Seconde étape, 280 colonnes de 1,20 mètre de diamètre et de 25 mètres de haut viendront s’arrimer sur la dalle, formant une nouvelle ossature pour les fondations du bâtiment. Ce chantier assez titanesque pourrait durer entre trois et quatre ans. Et surtout, il coûtera au moins 20 M€. Cette somme fait partie d’un plus vaste plan de remise à niveau des souffleries de l’Onera, doté de 218 millions sur une dizaine d’années. L’office a d’ores et déjà autofinancé les 2 millions d’euros nécessaires aux pré-études. Mais les finances de l’organisme de recherche de la filière aérospatiale ne sont pas au mieux, ayant subi un déficit d’exploitation en 2014 et en 2015. C’est dans ce contexte que, à l’initiative d’Hervé Gaymard, député, président du département de la Savoie, et de son vice-président délégué aux finances, le sénateur Michel Bouvard, sénateur, vice-président du département, délégué aux finances, les conseillers départementaux de la Savoie se sont rendus courant février au centre de l’Onera. Ils furent accueillis par Bruno Sainjon, pdg de l’Onera et Patrick Wagner, directeur des grands moyens techniques, pour une visite du site avec Marième Albertini et Marianne Lyonnet, respectivement directrice du centre et directrice des souffleries.


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