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Béton des Monts du Lyonnais : le béton prêt à l'emploi depuis trente ans

L'entreprise dirigée par Philippe Ville a ouvert sa première centrale à béton en 1989 à Saint-Martin-en-Haut (Rhône). Trois décennies plus tard, BML possède 22 unités en Auvergne-Rhône-Alpes et a produit quelque 760 000 m3 de béton en 2018. Après avoir racheté plusieurs sites ces dernières années, l'entreprise digère les croissances externes et se structure pour relever les nouveaux défis.
Béton des Monts du Lyonnais : le béton prêt à l'emploi depuis trente ans

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Béton des Monts du Lyonnais approvisionne les plus grands chantiers d'Auvergne-Rhône-Alpes : le prolongement de la ligne de métro B jusqu'à Saint-Genis-Laval, le projet Lyon Part-Dieu, le tunnel du Siaix, en Savoie… Ces dernières années, l'entreprise a également livré le chantier de rénovation-extension de l'hôtel-Dieu, des abords du Groupama Stadium, de la station d'épuration de Niévroz, de la tour de logements Belvy à La Confluence, de l'installation de sept éoliennes à Saint-Nicolas-des-Biefs (Allier)... Mais BML travaille aussi avec bon nombre de PME et d'artisans. « En 2018, nous avons produit 760 000 m3 de béton, dont plus de la moitié est vendue en diffus à des petites et moyennes entreprises. Ensuite, nos bétons sont utilisés pour les chantiers importants (29 %), par les industriels (11 %) et par l'agriculture (2 %) », détaille Philippe Ville, président de BML. Pour fournir ses clients dans l'ensemble de la région, l'entreprise s'appuie sur ses 22 centrales à béton, réparties sur l'ensemble du territoire.

C'est à Saint-Martin-en-Haut que BML a implanté sa première centrale en 1989. Trente ans plus tard, l'entreprise possède toujours une unité dans la commune des Monts du Lyonnais, mais a dû déménager en 1999 sur un autre terrain. « Nous étions à proximité d'un ruisseau et nous générions du bruit. Nous avons été poursuivis en justice. La situation était très compliquée, jusqu'à ce que nous puissions trouver un nouveau site grâce au soutien du maire Maurice Cellier, et continuer nos activités », se souvient Philippe Ville. Saint-Martin-en-Haut abrite également le siège social de la société qui construit actuellement 1 000 m2 de nouveaux bureaux.

Entre 2000 et 2010, l'activité s'est fortement développée avec l'ouverture et le rachat de centrales à Mornant, Saint-Pierre-de-Chandieu, Lozanne, Tarare (Rhône) et Saint-Chamond (Loire). « À cette époque, nous avons également créé notre laboratoire d'essai et de contrôle », fait savoir le président. Un outil indispensable pour prendre part au chantier de l'A89 et pouvoir vérifier la qualité des 100 000 m3 de bétons livrés sur cette opération. BML a ensuite poursuivi son maillage régional, toujours en mixant des ouvertures et des rachats. « Nous avons eu l'opportunité de faire l'acquisition de centrales qui étaient en difficulté et pas en mesure de suivre les évolutions du métier », explique le dirigeant. En 2014, l'entreprise reprend ainsi des sociétés à Charancieu, Voreppe (Isère), Francin, La Bâthie (Savoie) et Saint-Martin-du-Mont (Ain). Cette même année, BML s'installe à Saint-Fons, sur le port Édouard Herriot. Cette centrale est aujourd'hui la plus importante avec une production annuelle d'environ 100 000 m3. Sa position stratégique lui permet de servir tous les chantiers de Lyon intra muros.

Bétonnier indépendant, BML est reconnu au même titre que les géants Vicat, Lafarge et Cemex. L'entreprise est en capacité de produire des bétons courants, des bétons structurés et des bétons d'ouvrages d'art pour tous les types d'application. Pour cela, elle s'appuie sur son laboratoire pour formuler des bétons. BML dispose ainsi de plus de 1 000 formules différentes ! En fonction des besoins de chaque client, la composition est adaptée et la formulation précise est envoyée aux agents de fabrication sur chaque centrale. Derrière leurs écrans, ces agents contrôlent la préparation du béton avec la quantité adéquate de ciment, granulats, sable, adjuvants et eau, définie selon les caractéristiques souhaitées. Chaque « préparation » est alors versée dans le camion toupie, avant de débuter une nouvelle fabrication. « Nous achetons nos granulats auprès de Vinci et Eiffage principalement. Ces granulats sont de moins en moins de nature alluvionnaire, mais davantage issus de la roche massive qui contient plus d'impuretés. Un élément dont il faut tenir compte », indique le président. Le laboratoire assure aussi le contrôle de qualité des bétons avec des prélèvements et analyses en moyenne tous les 400 m3.

BML dispose d'une flotte de plus de 200 véhicules dédiés à la livraison de béton prêt à l'emploi (dont 92 camions toupies) et à son propre approvisionnement en granulats. « Bientôt, la rotation de la toupie sera électrique et permettra de couper le moteur thermique du véhicule », avance le dirigeant. Cette activité de transport est réalisée sous l'entité Ville Père & Fils et trouve son origine il y a près de soixante ans. Car l'aventure entrepreneuriale de la famille Ville a démarré en 1960 avec le père qui a créé une entreprise de fret agricole. « En 1985, j'ai rejoint l'entreprise. L'activité agricole devenant de moins en moins importante, nous avons suivi la suggestion de trois maçons de monter une centrale à béton », se remémore Philippe Ville. Depuis 2004, une activité de négoce de matériaux de construction existe également sous le nom de BML Matériaux.

En tout, Philippe Ville gère des activités représentant un chiffre d'affaires consolidé de 82 M€ en 2018 et qui emploient 320 salariés. « Sur la partie béton, nous avons deux agents de fabrication dans chacune de nos 22 centrales, nous avons une vingtaine de commerciaux, dix personnes au laboratoire et également une dizaine de salariés à la maintenance. Sur la partie transport, nous employons 220 chauffeurs. Enfin, nous avons une vingtaine de personnes à l'administratif », énumère-t-il.

Après avoir beaucoup grandi ces dernières années, BML entend aujourd'hui digérer les investissements. L'entreprise se prépare aussi à relever les défis annoncés en matières technologiques, techniques et environnementales. Des challenges à réussir dans un contexte incertain. Entre 2015 et 2017, les volumes et les prix avaient chuté. « Depuis le début de l'année, nous sommes en progression d'environ 10 %, mais cela pourrait ne pas durer car il est prévu une baisse de la construction de logements », conclut Philippe Ville.

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