Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations sur la filière BTP en région Rhône-Alpes

Assemblée générale / BTP-Ain vante l'attractivité du territoire et des métiers

le - - Ain

Assemblée générale / BTP-Ain vante l'attractivité du territoire et des métiers

Vendredi 4 mai, la Fédération du bâtiment et des travaux publics de l'Ain tenait son assemblée générale au théâtre de Bourg-en-Bresse. Après quelques mots d'introduction, son président Pierre Convert a laissé les acteurs du territoire, publics et privés, s'exprimer sur l'épineuse question du recrutement. Comment attirer les jeunes ? Comment fidéliser les talents ? Comment convaincre les parents ? Autant de questions qui positionnent le thème fédérateur de l'attractivité des métiers et du territoire au centre de l'échiquier.

Pour sa première assemblée générale, Pierre Convert le confesse : il a un peu le trac. À la tête de la Fédération du BTP de l'Ain depuis le mois de juillet dernier, le chef d'entreprise burgien spécialisé dans le génie climatique et la plomberie n'a pourtant pas failli à la tâche, s'exprimant de manière limpide à destination de cette grande famille qui regroupe quelque 4 000 entreprises et 12 500 salariés. Et ils étaient venus nombreux au théâtre de Bourg-en- Bresse témoigner de leur intérêt !

« CITE porté à 30 %, assouplissement de Pinel, maintien du PTZ sur l'ensemble du territoire, lutte contre le travail illégal avec la carte BTP, suppression de cette aberration dogmatique qu'est le projet de loi pénibilité… Le travail a payé, nous avons gagné des batailles politiques majeures. Pour autant, évitons d'enrayer une machine qui vient tout juste de redémarrer », a-t-il déclaré en préambule. Force est de constater qu'en terminant l'année avec presque 5 % de hausse de l'activité pour le bâtiment et 4 % pour les TP, les indicateurs sont au vert. On assiste à une forte baisse des demandeurs d'emploi, parallèlement à une surchauffe de l'intérim. Aussi, peut-être parce que le bâtiment sort d'une crise sans précédent qui aura détruit 2 500 emplois au niveau départemental entre 2008 et 2016, sans doute parce que le rebond enregistré en 2017 marque le début d'un cycle de croissance durable, le président a choisi de résolument tourner cette AG vers la notion d'attractivité – des métiers et du territoire.

« Il nous faut attirer de nouveaux talents, plaide Pierre Convert. On doit convaincre que cette filière est une voie d'excellence. Qu'elle offre et continuera d'offrir de belles opportunités de carrière ». S'appuyant sur un récent sondage Ipsos, qui affirme que plus de 80 % des gens ont une bonne image des métiers du BTP, le président a profité de l'événement pour dévoiler la nouvelle campagne de promotion des métiers de la Fédération française du bâtiment. « Aucune ambition… n'est trop grande pour moi », « On n'a pas choisi… le bâtiment par hasard », « Couper court aux études… et envoyer du bois », etc. Les affiches détonnent et le message est clair : arrêtons les préjugés et redonnons à la filière la notoriété qu'elle mérite.

Un problème de fléchage

Avec un taux de 6,2 %, l'Ain reste le deuxième département le plus faible de la région en matière de chômage. « 1 200 projets de recrutement ont été identifiés pour l'avenir », annonce même Aziza Krimou, responsable Entreprises au Pôle Emploi. Et pourtant. « Au niveau national, on estime qu'on a besoin de 30 000 postes ; or il y a 430 000 demandeurs d'emplois inscrits sous l'étiquette BTP. On a un problème au niveau du fléchage », confirme Pierre Convert, qui souligne également les a priori qu'ont les Français sur les métiers manuels.

« On communique auprès des collégiens. On doit les emmener sur nos chantiers, afin qu'ils se rendent compte que la filière est belle, qu'elle offre un véritable ascenseur social. Les parents aussi doivent être sensibilisés ». Menuiserie, maçonnerie, électricité, peinture, plomberie, management restent les secteurs les plus recherchés. Malgré cela, les trois-quarts des employeurs font part de leurs craintes de recruter. Amandine Boulens, elle, pense que le problème vient surtout d'un déficit d'image. Pour la chargée d'affaires chez Lacharme & Fils, il faut aller convaincre les professeurs et les chefs d'établissement. Montrer que les métiers du BTP ont des valeurs, sont motivants, et jouissent de salaires confortables (un ouvrier peut gagner 2 500 € ou 3 000 €).

« Peut-être ne faisons-nous pas assez de lobbying pour montrer nos métiers ». Des propos partagés par Céline Pomathiod-Carry, directrice générale de TGL Group, qui déplore que la fierté dans l'acte de construire ne soit pas assez mise en avant dans la communication d'entreprise. Les intervenants sont unanimes pour dire que le rapport au travail a changé. Aux professionnels de s'adapter pour comprendre ce qui fait sens auprès des nouveaux collaborateurs.

Un peu de souplesse sur les horaires. Travailler ensemble. Insister sur la notion du travail bien fait. Chez Lacharme & Fils, on a décidé de recruter de manière différente : par le bouche à oreille et le parrainage. « L'avantage, c'est que l'entreprise est déjà connue. De la même façon, on a à coeur d'offrir des CDI à nos salariés, même si ce sont des étrangers ; petit à petit, on crée de nouvelles générations », se réjouit Amandine Boulens.

Séduire avec son territoire

Et en la matière, l'Ain compte de sérieux atouts. Positionné entre deux grandes métropoles, Lyon et Genève, il bénéficie d'un cadre de vie à la fois rural et industriel et d'une activité économique dense, alimentée par deux aéroports internationaux et des réseaux ferroviaire et routier performants. Un département qui attire 7 000 nouveaux habitants chaque année, en particulier des actifs, qui viennent chercher du travail. Et selon Olga Givernet, députée de l'Ain, « l'attractivité première du territoire, c'est l'emploi ». Pierre Convert tempère, conscient que l'activité n'est pas repartie au même niveau pour tout le monde : « Les artisans sont sur tous les territoires. En ruralité, dans les villes moyennes, c'est moins positif que dans les grandes métropoles. La fracture existe vraiment, les politiques vont devoir le prendre en main et le régler ». Le secteur du BTP va devoir s'adapter par rapport aux besoins du marché. « Il faut pouvoir loger la population à des prix plus bas », constate Olga Givernet. En la matière, la loi ELAN devrait avoir un impact sur l'amélioration du cadre de vie. « On a été écouté et c'est une bonne chose. Mais on pense que cette réglementation n'aura d'impact qu'à moyen terme, à horizon cinq ans », conclut Pierre Convert.

En attendant le projet de réforme de l'apprentissage – plutôt bon, mais qui pose quand même pas mal de questions sur l'organisation selon le président –, Céline Pomathiod-Carry a d'autres idées : « Face à des situations de pénurie, il faut savoir déjouer les obstacles et former nos propres collaborateurs. Brasser nos compétences pour décaler le problème. On devrait penser à mutualiser les institutions, notamment les CFA, pour professionnaliser plus rapidement ».

Une fracture ville / campagne toujours marquée

Attirer les profils vers le secteur est une chose, aussi faut-il savoir séduire avec son territoire. Et en la matière, l'Ain compte de sérieux atouts. Positionné entre deux grandes métropoles, Lyon et Genève, il bénéficie d'un cadre de vie à la fois rural et industriel et d'une activité économique dense, alimentée par deux aéroports internationaux et des réseaux ferroviaire et routier performants. Un département qui attire 7 000 nouveaux habitants chaque année, en particulier des actifs, qui viennent chercher du travail. Et selon Olga Givernet, députée de l'Ain, « l'attractivité première du territoire, c'est l'emploi ». Pierre Convert tempère, conscient que l'activité n'est pas repartie au même niveau pour tout le monde : « Les artisans sont sur tous les territoires. En ruralité, dans les villes moyennes, c'est moins positif que dans les grandes métropoles. La fracture existe vraiment, les politiques vont devoir le prendre en main et le régler ». Le secteur du BTP va devoir s'adapter par rapport aux besoins du marché. « Il faut pouvoir loger la population à des prix plus bas », constate Olga Givernet. En la matière, la loi ELAN devrait avoir un impact sur l'amélioration du cadre de vie. « On a été écouté et c'est une bonne chose. Mais on pense que cette réglementation n'aura d'impact qu'à moyen terme, à horizon cinq ans », conclut Pierre Convert.




Charlotte ROBERT
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Journal du Bâtiment Journal d'annonces légales et d'informations sur la filière BTP en région Rhône-Alpes

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide