Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations sur la filière BTP en région Rhône-Alpes

Chartreuse : la cave a de la bouteille

le - - Isère

Chartreuse : la cave a de la bouteille
C. T.-L.

C'est pour un double évènement que les caves de Chartreuse ont de nouveau ouvert les portes de leurs deux sites le 4 septembre dernier. Alors que le site voironnais lançait les 15 mois de travaux qui mèneront à sa réinvention, Aiguenoire inaugurait la nouvelle ligne d'embouteillage.

936 ans après leur création, et après leur emménagement à Voiron en 1936, les caves de Chartreuse poursuivent leur modernisation. Initié par des contraintes sécuritaires il y a cinq ans, le déménagement vers Aiguenoire a été orchestré par Chartreuse Diffusion, en accord avec l'ordre des Chartreux, dans un site inauguré il y a un an.
Il s'agit désormais de continuer à faire vivre Voiron, via un projet culturel et touristique. Le nouveau site, dont les travaux débuteront dans deux semaines pour une inauguration début 2022, devront concilier rénovation des espaces et conservation des espaces clés, tels que la plus longue cave à liqueur du monde. Le parcours muséographique sera repensé. Les travaux sont estimés à 5 M€ (dont 2 M€ apportés par la Région, à travers sa politique de soutien aux sites emblématiques et touristiques). Le projet a été confié au cabinet d'architecture Barbillot, en collaboration pour la muséographie, avec l'agence des bâtisseurs de mémoire.

Comme cela avait déjà été le cas pour le site d'Aiguenoire, les entreprises locales devraient être privilégiées

« Parfois, le terme de partenariat public-privé est galvaudé, mais ici ce n'est pas le cas. Ce nouveau projet culturel, patrimonial touristique et gastronomique n'aurait pas pu aller aussi vite sans les partenaires territoriaux », expliquait le 4 septembre le président de Chartreuse diffusion, Emmanuel Delafon. Un pacte gagnant-gagnant, à en croire Julien Polat, maire de la commune. « Pour le maire que je suis, savoir que la Chartreuse, malgré son obligation de déménagement, continuera de faire rayonner et prospérer la ville, savoir qu'elle reste ici sur ce site, c'est important. »

Pendant que débute à Voiron cette deuxième grande phase du projet « Chartreuse Grand avenir », la phase d'investissement se termine à Aiguenoire, nouvelle distillerie qui a suscité toutes les attentions et un investissement de 20 M€, soit l'équivalent du chiffre d'affaires de la société. La ligne d'embouteillage entièrement automatisée a été inaugurée, de même que les services logistiques. Ce dernier bâtiment de 5 000 m² rassemble trois fonctions, la mise en bouteille et le stockage de la matière sèche, le stockage des produits finis, et la préparation de commande pour expédition. L'embouteillage est entièrement automatisé, le spiritueux arrivant directement de la distillerie par un « pipe-line » de liqueur. Seuls quelques postes sont toujours manuels : le remplissage des flacons d'élixirs, et des jéroboams.
Les éléments de production sont désormais centralisés à Aiguenoire, seul du stockage résiduel demeure à Voiron (15 %, soit 300 000 litres) qui sera rapatrié sur le nouveau site à l'horizon 2022. Pour cela, une extension est encore prévue, dédiée au vieillissement. « Après ce qui ressemble à une expulsion administrative à cause des nouvelles normes de sécurité, aujourd'hui, enfin on respire. Dans 15 mois, nous aurons tout rapatrié ici, y compris les liqueurs qui vieillissent le plus longtemps. Toute la production sera rassemblée ici, sur ce site qui est déjà prêt pour le XXIIe siècle. »
Voiron ne conservera qu'un seul foudre, celui qui porte le numéro 147, contenant la liqueur éponyme et uniquement vendue à Voiron. « Cette liqueur au départ symbolique, avait fin août, dépassé toutes les autres cuvées en termes de valeurs », souligne Emmanuel Delafon. Le projet Grand Avenir ne touche pas encore à sa fin, mais la maison pense déjà au coup d'après. « En 2050, il sera sans doute assez difficile de faire vivre une liqueur aussi complexe que la Chartreuse, avec 130 plantes, de l'alcool, du sucre, et une fiscalité particulièrement élevée. Alors oui, en 2050 cette liqueur sera encore là, mais je crois qu'il va falloir revenir à la nature. Les Chartreux vont pouvoir revenir à leurs racines. A celles de l'élixir végétal médicinal de 1605. Pour l'horizon 2050, nous avons des projets de diversification autour de l'herboristerie. Le chemin sera long, mais nous travaillons d'ores et déjà sur ces pistes ».




Caroline THERMOZ-LIAUDY
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Journal du Bâtiment Journal d'annonces légales et d'informations sur la filière BTP en région Rhône-Alpes

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer