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Christophe Gonnard (Capeb Savoie) : « Après un conflit, il y a toujours une reconstruction »

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Christophe Gonnard (Capeb Savoie) : « Après un conflit, il y a toujours une reconstruction »

Avec près de 80 % de ses chantiers stoppés, la Savoie est, à l'instar des autres départements, durement touchée par l'épidémie de Covid-19. Le président de la Capeb Savoie se veut pourtant optimiste, érigeant les valeurs du territoire et la généralisation de la crise comme autant de moyens qui lui permettront de se relever.

Que pensez-vous du guide de l'OPPBTP ?

Je suis satisfait qu'il soit enfin édité. Il y avait une grosse attente sur ce guide, et à double titre : d'abord sur la parution en tant que telle, afin d'obtenir les règles permettant de travailler correctement et de clarifier les choses pour les salariés, mais aussi pour l'artisan, qui attendait de savoir si, oui ou non, il pouvait repartir travailler dans de bonnes conditions. C'est pour moi le plus important. Les artisans ont cru longtemps qu'ils étaient protégés en travaillant seuls, mais c'est faux : faire le plein, chercher du matériel... Autant d'interactions auxquelles on ne pense pas forcément et qui sont bien contrôlées par ce guide. D'un autre côté, ils pouvaient aussi se heurter aux maîtres d'ouvrage ou aux clients particuliers en cas de refus d'intervenir. Aujourd'hui, tous sont en mesure de respecter les règles de sécurité. La responsabilité de chacun est engagée.

Je félicite tous les organismes qui ont travaillé à ces 23 pages : l'OPPBTP bien sûr, mais aussi la cinquantaine d'organisations professionnelles impliquées. J'attends désormais de voir l'application de ces modalités sur les chantiers.

Justement, pensez-vous que ces mesures pourront être mises en place ?

Oui, mais elles vont nous prendre plus de temps dans l'organisation, dans le nettoyage et la préparation du chantier. Il y aura un surcroît d'activité pour rattraper les chantiers en retard mais, paradoxalement, une activité plus lente, donc des délais encore rallongés. Respecter des règles d'hygiène comme celles-ci n'est pas facile du tout, surtout dans notre secteur, où nous sommes toujours en mouvement, en extérieur, ayant besoin de travailler les uns avec les autres... Mais tout le monde comprend l'importance de ces gestes barrières, les professionnels ont saisi qu'il fallait être prudent du début à la fin, avec des EPI renforcés et une adaptation au terrain.

Du coup, logiquement, on devra également supporter un surcoût dû au matériel à fournir : masques, gants, etc.

Avez-vous toujours des masques à disposition en Savoie ?

Le personnel soignant n'en manque pas, et bien heureusement. Quant à nous, oui, il y a pénurie pour le moment, c'est d'ailleurs le plus gros problème pour rependre correctement. Le guide est clair : à moins d'1 mètre, il faut des masques. Cependant, des filières non traditionnelles se sont mises à les fabriquer ; on peut donc en commander aujourd'hui, bien que l'on n'ait aucune certitude sur les délais de livraison.

D'ailleurs, selon moi, nous serons probablement amenés à porter ces masques jusqu'à l'été, voire jusqu'en septembre. Son port va progressivement rentrer dans les mœurs, ça va devenir un indice de qualité, à même de rassurer la population.

Constatez-vous d'ores et déjà des effets de « reprise » depuis la parution de ce guide ?

Oui. Aujourd'hui, le téléphone recommence à sonner petit à petit, on sent du mouvement dans l'air. Je suis moi-même gérant d'une entreprise d'application de chapes fluides [Techni'Chape Savoie, Ndlr] et l'on a prévu de rattaquer le 14 avril. Pour les artisans qui ont une clientèle de particuliers, c'est un peu plus compliqué...

Cette reprise, si faible soit-elle pour le moment, fait du bien. Car ce qui m'inquiète, c'est que l'on peut bien stopper nos activités, reporter nos charges ou nos échéances, l'argent ne rentre plus. Les clients sont confinés, mais cela empêche-t-il de porter un chèque à La Poste ? La notion économique est évidemment à prendre en compte, il ne faut pas que le chômage partiel devienne total.

Comment la Capeb Savoie accompagne-t-elle les artisans ?

Toute l'équipe est joignable par téléphone portable et mails. Ces derniers jours, on intervient beaucoup sur le guide de préconisations : on est là pour le désacraliser, le dégrossir en quelque sorte, et aider les artisans à le mettre en pratique. Avec l'équipe et avec le conseil d'administration, nous faisons des réunions chaque semaine, et d'autres avec le conseil d'administration régional. Tout le monde s'implique, et à tous les échelons. Certains de nos conseillers techniques et juridiques changent de casquette pour répondre aux adhérents sur des sujets d'actualité... Nous sommes, ensemble, au service d'une même cause.

Il est aussi intéressant de noter un regain d'appels. En temps normal, le président est rarement dérangé ; or, là, j'ai beaucoup de collègues, adhérents ou non, qui me contactent pour des conseils, pour valider ce qu'il est possible de faire ou de ne pas faire, etc.

Certains évoquent une crise similaire à celle de 2008, voire pire. Quel est votre avis ?

Moi je suis plutôt d'un naturel positif. C'est un coup d'arrêt brutal, certes, mais cette crise est commune à tous les secteurs. Elle est donc plus facile à appréhender, puisqu'elle n'est pas seulement du ressort du gérant. Et puis qu'est-ce qui pourra empêcher la reprise ? L'Histoire nous l'a appris : après un conflit, il y a toujours une reconstruction. Et la Savoie est un secteur à fort potentiel, avec des valeurs refuges.

Bien sûr, on ne pourra pas reprendre comme si ne rien n'était. Le ralentissement de l'activité va provoquer quelques remous dans le département, où l'on travaille généralement avec les saisons. Prenez les professionnels des stations : ils ont manqué un quart de la saison de ski, ce qui implique qu'il faudra mettre les bouchées doubles pour Noël. Mais je pense vraiment que les artisans ont compris les enjeux économiques. On assiste à une belle volonté de s'en sortir. On a tendance à s'ouvrir via le web et les réseaux sociaux... Cela va nous aider à travailler ensemble.






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