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COMAG : de la montagne aux montagnes… russes !

Spécialiste du montage, de l'entretien et de la rénovation de remontées mécaniques, l'entreprise s'est ouverte à l'ensemble des transports par câble (urbain, industriel ou de loisir) dans le monde entier, ainsi qu'à la maintenance de parcs d'attractions.
COMAG : de la montagne aux montagnes… russes !
© COMAG - « Une belle opportunité, qui correspondait aussi à un besoin », explique G. Naccarato en parlant de la nouvelle usine

Savoie Publié le ,

COMAG a son histoire, tout comme son président actuel, Gilbert Naccarato, mais les deux sont liées à la passion de l’aménagement de la montagne. 40 ans en arrière, trois saisonniers travaillant au service des pistes des Arcs, au-dessus de Bourg-Saint-Maurice, ont lancé la société de « Construction mécanique d’abords de golf », la COMAG. Au départ, il s’agissait de trouver une activité complémentaire à la saison d’hiver en profitant de l’opportunité de la création du golf des Arcs. De paysagers-aménageurs, les fondateurs ont vite étendu leur savoir-faire au montage des remontées mécaniques, leur entretien et leur rénovation. Rapidement aussi, ils se sont rapprochés de POMA, le grand spécialiste du transport par câbles, dont COMAG devient la filiale quatre ans plus tard, avec à sa tête l’un de ses créateurs, Alain Anxonniaz. Dans les années 1990, des ateliers de maintenance des matériels sont créés, élargissant l’activité de l’entreprise depuis positionnée sur d’autres marchés, comme l’installation de systèmes industriels, les liaisons urbaines ou encore les parcs d’attraction, sans oublier la participation à de grands ouvrages, tels le pont du Storebaelt, au Danemark.

Une vraie révélation

Quant à Gilbert Naccarato, natif de Chamonix, il œuvre à l’exploitation des remontées mécaniques de Val d’Isère. Après une formation en mécanique, celui qui se présente comme un « autodidacte » a travaillé chez Setram, où il rencontre François Massala, qu’il accompagne ensuite entre la France et l’Italie pour installer des blondins, ces téléphériques munis d’un système de levage pour le transport du bois en forêt. Par la suite, il fait la connaissance de Pierre Dubroc (entreprise Skirail, à Tignes), où il se lance dans l’installation de remontées mécaniques. En 1987, il arrive chez POMA sous la supervision de Frédéric Labaeye, « un véritable passionné du câble» alors chef des opérations.
Après douze ans passés dans une filiale du groupe, Joly-Philippe, près d’Albertville, il intègre COMAG en 2004 comme adjoint de Patrick Pasini, qui a repris l’entreprise sept ans plus tôt. En 2011, il prend la présidence de l’entreprise, la passion du métier toujours chevillée au corps à 56 ans. « La profession a été une vraie révélation pour moi, celle de la découverte du milieu de l’installation des remontées mécaniques, du montage d’un projet jusqu’à sa réalisation, de mai à fin décembre, et de la satisfaction de voir l’ensemble fonctionner », explique Gilbert Naccarato. À chaque fois, il s’agit d’un « nouveau challenge, avec des sites différents, des hommes aussi, des aspirations et contraintes physiques et météorologiques auxquelles il faut s’adapter… Et toujours une vraie fierté de voir le travail accompli».
Mais rien ne serait possible « sans un savoir-faire et des rapports humains très forts, au-delà de tout niveau hiérarchique, car chacun à sa propre responsabilité sur la qualité et la sécurité d’un aménagement ». Celui qui est aussi président des installateurs de remontées mécaniques au sein du BTP, rattaché à la fédération de Savoie, entend bien mener, à ce titre, une réflexion sur les contraintes du métier et l’amélioration des conditions de travail. Au niveau de la formation également, il s’agit de mieux définir les critères d’évaluation de la profession en lien avec les établissements pédagogiques, comme les lycées professionnels de Moutiers et Saint-Jean-de Maurienne, en Savoie, qui préparent au BEP d’installation et maintenance des remontées mécaniques.

De nouveaux marchés

C’est à ce prix qu’une entreprise comme COMAG peut garder sa compétitivité sur le terrain. Au même titre que l’innovation de ses ingénieurs et le savoir-faire de ses conducteurs de travaux, spécialistes de l’assemblage métallique, du déroulage de câbles, de l’héliportage et autres compétences. Un large éventail de savoir-faire qui lui a aussi permis de diversifier ses activités. Ainsi, après s’être lancé il y a une dizaine d’années dans l’installation d’attractions partout dans le monde, un contrat pluriannuel lie l’entreprise depuis 5 ans au Parc d’Astérix (région parisienne) pour la gestion, l’assemblage et la maintenance des véhicules câblés. « Nous les accompagnons également sur l’implantation d’une nouvelle installation », précise le président de la COMAG, retenue également par le parc de Frais-Pertuis (Vosges) pour son attraction majeure, constituée d’un pylône de 65 mètres de haut. « C’est une activité très importante pour nous, car elle est complémentaire de notre cœur de métiers, souligne Gilbert Naccarato. Elle s’effectue à l’inverse du travail en montagne ».

Pérenniser l’entreprise

Autre volet, devenu lui aussi essentiel au fil des ans : les transports urbains par câbles. Des marchés se développent en Algérie, en Colombie, au Pérou ou encore en Birmanie, mais aussi en France, avec deux projets en cours à Orléans et un de plus grande envergure à Toulouse. Côté montagne, les frontières s’ouvrent également. COMAG travaille actuellement pour des stations en Chine, après avoir assuré diverses prestations sur les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, en 2014, qui lui ont aussi ouvert des possibilités en Géorgie. Avec le groupe, l’entreprise attend aussi les résultats d’un appel d’offres pour installer une télécabine sur la mer Rouge, en Egypte.
Face à tant de projets, force est de constater que les locaux d’origine, à Bourg-Saint-Maurice, n’étaient plus vraiment à la hauteur des ambitions de la maison. Et ce, en dépit des aménagements et agrandissements effectués au fil des décennies. De fait, l’implantation de COMAG sur le nouveau site POMA, à Gilly-sur-Isère, a constitué l’opportunité idoine « pour préserver nos marchés et développer, à l’avenir, notre offre commerciale ». Quittant le cœur des montagnes, la nouvelle usine reste proche et plus accessible pour une clientèle venant parfois de loin. Une belle vitrine à proximité d’un péage d’autoroute et dans une zone d’activité appelée à se développer elle aussi. De quoi pérenniser l’entreprise pour de bon.

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