AccueilActualitésChampionnat de France des cordistes : un métier toujours plus encadré

Championnat de France des cordistes : un métier toujours plus encadré

Les 19 et 20 mai, Lyon accueillera le championnat de France des cordistes. L'occasion de faire le point sur une profession toujours plus encadrée.
Championnat de France des cordistes : un métier toujours plus encadré
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Alexandre de Loynes est co-dirigeant de Colibr, entreprise de travaux en hauteur basé en région parisienne, et membre du syndicat France travaux sur cordes. Il participera avec son entreprise aux championnats de France des cordistes les 19 et 20 mai prochains à Lyon. Une profession qui se structure depuis une trentaine d’année . Il existe 656 entreprises de travaux sur cordes, pour 15643 salariés qui génèrent 696 M€ de chiffre d’affaires.

"Un cordiste doit anticiper un maximum de situations"

Le métier de cordiste appelle-t-il une double compétence ?

Alexandre De Loynes : Tout à fait nous intervenons sur plusieurs métiers, en maçonnerie, en zinguerie-couverture, en évènementiel (en déploiement de bâches sur échafaudages, habillage de façades), en travaux publics. La compétence cordiste et la compétence métier sont étroitement imbriquées dans la pratique, mais la compétence métier est acquise de façon traditionnelle en lycée, CFA, etc.

Un maçon cordiste par exemple pourra intervenir dans des conditions spécifiques inhérentes à la hauteur et à l’accessibilité. C’est tout une organisation qui devra être mise en œuvre, pour le ravitaillement en matériaux notamment et le positionnement au poste de travail.

L’entreprise de travaux sur corde intervient lorsqu’un autre mode de travail (échafaudages, nacelle…) est impossible techniquement ou jugé plus dangereux. Le code du travail définit très clairement nos interventions. Nous devons produire une analyse préalable comparée en amont, et adopter de bonnes pratiques, anticiper le maximum de situations et notamment les secours .

Quelle est la formation nécessaire ?

Le diplôme de référence de la profession est celui qui a été créé par la profession. C’est le CQP (certificat de qualification professionnelle) cordiste, qui permet d’exercer et d’entrer dans la profession. Il s’obtient en cinq semaines de formation. Le diplôme de référence est le CQP technicien-cordiste. On peut le passer au terme de 800 heures minimum d’exercice de la profession. Il s’obtient après trois semaines de formation. Pour la partie TP, le CQP OPRN (ouvrier protection risque naturel) vient valider à la suite du CQP TC des compétences spécifiques au secteur. Il existe un troisième diplôme, le CQP-OTC (organisation en travaux sur cordes) qui vient valider des compétences d’organisation et de formalisation des modes opératoires. Enfin il existe le CATSC (certificat d’aptitude au travail sur corde) dispensé par le Greta et équivalent au CQP TC.

Pendant la formation CQP, vous allez apprendre à vous déplacer sur les cordes qui sont mises en place"

Sur quoi repose la sécurité pour un cordiste ?

La bonne mise en œuvre du process va déterminer la sécurité en premier lieu et l’ergonomie au poste de travail qui est particulièrement centrale chez nous. Si vous positionnez mal vos cordes, vous prenez un risque et vous travaillez de façon dégradée. Pendant la formation CQP, vous allez apprendre à vous déplacer sur les cordes qui sont mises en place, à commencer par monter, ou descendre. Vous allez apprendre des techniques de secours.

Le métier de cordiste est l’un des rares métiers où vous devez être à même de secourir votre collègue sur corde selon les procédures établies par l’entreprise. Vous devrez soulager l’état de suspension qui peut mener à une dégradation de l’état de santé de la victime en cas de malaise. La partie secours est très présente dans la formation. Pour présenter le CQP Cordiste, vous devez obligatoirement être titulaire au préalable du SST (sauveteur secouriste du travail).

Depuis quelques années, le syndicat a mis en place le SSC, une formation premiers secours spécifique sur cordes. Enfin la profession a mis en place le MAC, le maintien des acquis de compétences, auquel les professionnels doivent se soumettre périodiquement pour conserver le droit d’exercer.

Existe-t-il un suivi en prévention médicale pour les personnels ?

Nous ne relevons pas du suivi médical renforcé. Il faut rappeler que c’est un métier qui nécessite une très bonne condition physique, une très bonne hygiène de vie. Il est fortement recommandé d’avoir une activité sportive en parallèle au métier. Une formation spécifique "Adapt Métier" a été mise en place en collaboration avec OPPBTP, qui est un peu les gestes et postures du cordiste, pour se préserver des TMS. C’est aussi un métier très exigeant au niveau psychique, c’est un travail collaboratif de chaque instant, qui nécessite une grande vigilance.

"Le métier se transforme en fonction de la technologie, des treuils, des harnais"

Jusqu’à quel âge peut-on exercer ?

Il n’y pas d’âge limite fixé par la profession ni par la réglementation. Le métier de cordiste existe communément depuis une trentaine d’années, on commence à avoir des professionnels qui approchent de la retraite, c’est une question de discipline individuelle, pour conserver l’état de forme et de santé nécessaires.

C’est donc aux entreprises de motiver leurs équipes à conserver la condition physique ?

En effet, c’est aux entreprises, et indirectement à nous en tant que syndicat de spécialité de véhiculer de communiquer autour des bonnes pratiques et de la préservation de soi. Et puis le métier se transforme en fonction de la technologie, des treuils, des harnais… Un gros travail est fait par les fabricants.

Vous arrive-t-il d’intervenir auprès d'autres professions qui effectuent des travaux en hauteur de façon occasionnelle en formation ou en conseil ?

Nous pouvons intervenir directement pour les maîtres d’ouvrages ou des donneurs d’ordres dans le cadre de missions de conseil autour de la sécurité en hauteur. Sinon, nous apportons une réponse adaptée pour intervenir en sécurité sur des zones ou des ouvrages ou des entreprises traditionnelles n’ont pas les moyens d’accès idoines ou en complément de postes plus traditionnels pour celles-ci.

Nous sommes un métier qu'on pourrait qualifier d'hyper-professionnels. C'est un métier avec des hommes au bout d'une corde en hauteur, mais c'est surtout une compétence et une capacité à organiser les travaux, à formaliser des supports de prévention, et déployer des équipes sur le terrain. C’est une pratique qui est très difficilement transposable dans une entreprise traditionnelle. Notre objectif en tant que syndicat est de faire monter en compétence nos entreprises et de défendre nos spécificités.

Le programme du championnat de France

Le championnat se déroulera en trois phases, une phase de qualification le jeudi toute la journée, de 10 h à 20 h, les « Masters individuels » le vendredi matin, puis les phases finales le vendredi après-midi. Lors des qualifications, les concurrents auront quatre épreuves à réaliser. Sur chacune de ces épreuves, un classement sera établi et des points seront attribués aux concurrents. Le classement général de la phase de qualification sera fait avec la somme de ces points. Les finales se dérouleront par élimination directe par épreuves parallèles : quart, demi et finales, à 16 h 15 vendredi.

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