AccueilActualitésCoup de rabot à prévoir sur le financement de l’apprentissage ?

Coup de rabot à prévoir sur le financement de l’apprentissage ?

Pour faire face au déficit provoqué par la réforme de l’apprentissage, l’organisme France compétences a annoncé, durant l’été, une baisse des niveaux de prise en charge des contrats.
Coup de rabot à prévoir sur le financement de l’apprentissage ?
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L’apprentissage serait-il victime de son succès ? Alors que le nombre d’apprentis n’a jamais été aussi élevé dans l’Hexagone – près de 800 000, soit deux fois plus qu’avant la réforme de 2018 –, France Compétences, instance gouvernementale de la formation professionnelle, a annoncé, durant l’été, un coup de rabot sur les financements.

Baisse des niveaux de prise en charge : des chiffres qui inquiètent

"Le conseil d’administration a voté à une large majorité une délibération recommandant une baisse en deux étapes des niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage." Objectif annoncé, réduire l’écart entre les coûts-contrats, à savoir les financements de France compétences versés aux CFA, et les coûts réels observés. De quoi aussi permettre de réduire la dette abyssale de l’organisme, épinglé par la Cour des comptes en juin dernier.

Si, du côté des CFA, la baisse des niveaux de prise en charge était attendue, les chiffres annoncés (réduction globale de 10 %, en deux fois) ont créé une vraie inquiétude. "Surtout pour 2023 et 2024, précise Dominique Sabatier, président de BTP CFA Auvergne-Rhône-Alpes. Ça pourrait représenter une baisse du budget de 4,5 M€ d’ici deux ans."

"L’écart entre les coûts-contrats et les coûts réels n’est pas aussi important"

Un chiffre complètement démesuré pour Dominique Sabatier. "Pour calculer les coûts réels de formation, France compétences s’est basé sur l’année 2020. Or, avec le Covid, ça a été un exercice complètement biaisé. En réalité, l’écart entre les coûts-contrats et les coûts réels n’est pas aussi important."

Une chose est sûre, si la baisse annoncée se confirme, elle risque, pour le réseau régional de centres de formation, d’avoir des conséquences directes. "On devra peut-être abandonner certains investissements qui étaient prévus. Pourtant, dans nos métiers, nous nous devons de renouveler régulièrement le matériel. Si on ne peut plus le faire, ça serait un vrai problème." Et ça pourrait aboutir, à terme, à la fermeture de certaines formations.

Les apprentis, "premières victimes" ?

Pour Aurélien Cadiou, président de l’ANAF (association nationale des apprentis de France), les baisses annoncées par France compétences n’ont, également, pas été une surprise. "On savait que les coûts-contrats définis au début de la réforme de 2018 étaient plutôt avantageux. Mais le timing, lui, est mauvais. Faire ça au début de l’été, alors que les budgets prévisionnels sont déjà faits, que les enseignants ont été recrutés, ça pose question."

Autre problème pour le président de l’ANAF, la modification des niveaux de prise en charge devrait rapidement être reportée par les CFA à travers une baisse des dépenses de fonctionnement. "Et les premières victimes de tout ça seront les apprentis. On peut craindre que certains centres décident de rogner dans le matériel, la préparation des apprentis au monde du travail, la modernisation des plateaux techniques, la sécurisation des parcours…"

Autant de craintes qui ont, semble-t-il, été entendues par le gouvernement qui a annoncé vouloir revoir sa copie et reporter à une date ultérieure une éventuelle baisse des niveaux de prise en charge. Reste à savoir si ça suffira à calmer les inquiétudes des professionnels.

"Il faut tout faire pour promouvoir l’apprentissage"

Pour Guillaume Targe, dirigeant de la Miroiterie Targe, la formation est inscrite dans l’ADN de son entreprise. « La société a été créée en 1907 et si on est encore là, c’est d’abord parce qu’on su transmettre au fil des années. Et même si pour nous, c’est toujours un coût humain et financier, former c’est indissociable de notre activité. » Alors forcément, Guillaume Targe ne voit pas forcément d’un bon œil la baisse des niveaux de prise en charge. « Il faut, au contraire, tout faire pour promouvoir l’apprentissage.

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