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Dans l'Ain, le bâtiment et les travaux publics veulent rester optimistes

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Dans l'Ain, le bâtiment et les travaux publics veulent rester optimistes
J.-M.P. - Pierre Convert, président de BTP Ain, Virginie Di Cicco, présidente du Groupement Les Constructeurs Aménageurs, et Philippe Delers, architecte et président de l'Office départemental du BTP

Bonnes et moins bonnes nouvelles se sont succédé au cours du point de conjoncture de la fédération BTP Ain. « Ça ne va pas si mal ! », résume le président Pierre Convert.

La fin de l'année approchant, la fédération de l'Ain du BTP a organisé, dans ses locaux de Bourg-en-Bresse, son traditionnel point de conjoncture. Le président Pierre Convert a dressé le bilan de santé du bâtiment, son vice-président Patrice Fontenat se chargeant des travaux publics et Virginie Di Ciocco, présidente du groupement Les Constructeurs Aménageurs, du secteur de la construction individuelle.

Selon Pierre Convert, le niveau toujours très bas des taux d'intérêt a permis de maintenir la croissance dans le secteur du bâtiment. « Nous avions, un temps, redouté de finir l'année avec une baisse d'activité de 0,5 %. Finalement, nous la terminerons sur une hausse de 1,5 %, a-t-il annoncé. La vigilance s'impose tout de même, car le logement neuf perd 6,1 % dans l'Ain et le nombre de permis de construire a carrément chuté de 29 %, ce qui annonce des prochains mois compliqués ».

Dans le non résidentiel, la situation est plus contrastée avec une baisse de 12,8 % des mises en chantier et une hausse de 8,9 % des permis de construire. Au sujet de l'emploi dans le BTP, Pierre Convert s'est félicité de la progression de 1,2 %, tout en insistant sur les difficultés à recruter : « Les entreprises manquent de bras. Nous ne trouvons pas le personnel qualifié qui permettrait, à terme, de préserver notre croissance. Il est aussi très difficile de trouver des apprentis. Les blocages sont encore trop forts au niveau de l'orientation des jeunes collégiens et lycéens. Il y a encore du travail pour convaincre les enseignants et les parents ! L'organisation, en 2023 à Lyon, des Olympiades des métiers sera une merveilleuse opportunité pour attirer les jeunes vers les métiers de la filière ».

Tout en se voulant « résolument optimiste car il faudra toujours construire, aménager et rénover », Pierre Convert a relevé plusieurs sujets d'inquiétude. À commencer par la prochaine loi de finances : « Le BTP est très largement mis à contribution avec la fin annoncée du Prêt à taux zéro en zones B2 et C, la diminution du budget consacré à la rénovation énergétique et la mise en place d'une "usine à gaz" illisible pour remplacer le CITE. Il y a aussi le plafonnement de la déduction forfaitaire spécifique, voulu par le gouvernement pour se débarrasser des fameuses niches fiscales. Ce qui revient à une augmentation des charges patronales sur les salaires de nos collaborateurs ».

Suppression du GNR… Il faudra faire avec !

Du côté des travaux publics, Patrice Fontenat est revenu sur les belles années 2018 (+3 %) et 2019 (+10 %), avant de se projeter : « 2020 sera une année électorale… Donc compliquée. Nous devrions pourtant continuer sur notre lancée. Ce sera en revanche plus difficile en 2021. Notre activité dépend toujours pour 80 % de la commande publique. Il nous faut convaincre les collectivités, dont la plupart a retrouvé une bonne santé économique, qu'il est nécessaire de continuer à investir. Le niveau très bas des taux d'intérêt crée des conditions favorables ». BTP Ain éditera pour cela, à la fin de l'année, un Guide départemental des investissements.

Sur le dossier du gasoil non routier (GNR), Patrice Fontenat est forcé de se rendre à l'évidence : « La suppression du GNR était prévue fin 2018, puis elle a été annulée pour cause de "gilets jaunes". La mesure est de retour sous prétexte qu'elle permettra de financer les infrastructures, donc de nous donner du travail… Notre action a permis un échelonnage de cette suppression sur deux ans : à hauteur de 45 % le 1er juillet 2020, 75 % le 1er janvier 2021 et 100 % au 1er janvier 2022. Nous allons intégrer cette charge supplémentaire dans nos prix (1,50 € environ le litre, contre 1€ auparavant). La grande majorité de nos clients étant les collectivités locales, ce sont elles qui, indirectement, supporteront l'augmentation. C'est malin… »

Pour Les Constructeurs Aménageurs, Virginie Di Ciocco s'est attardée sur la fin annoncée du prêt à taux zéro : « Les ménages modestes aspirant à la propriété seront les premières victimes dans des zones où les besoins en logements neufs sont importants. La suppression du PTZ, si elle est confirmée, accentuera l'étalement urbain, les porteurs de projet allant construire encore plus loin des centres-bourgs, là où le foncier est le moins cher. Nous espérons que la mobilisation des parlementaires que nous avons réussi à convaincre portera ses fruits ».




Jean-Marc PERRAT
Journaliste

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