AccueilRhôneDidier Caudard-Breille : « On ne peut pas faire travailler les gens dans ces conditions »

Didier Caudard-Breille : « On ne peut pas faire travailler les gens dans ces conditions »

Le président-fondateur du groupe DCB International réclame plus de clarté dans les décisions gouvernementales et appelle à l'arrêt temporaire de tous les chantiers.
Didier Caudard-Breille : « On ne peut pas faire travailler les gens dans ces conditions »

Rhône Publié le ,

Quels sont d'ores et déjà les effets de la pandémie sur votre activité ?

Tout est très compliqué aujourd'hui. Il y a des ordres, des contre-ordres, des gens qui parlent trop, d'autres pas assez… Nous nageons en plein amateurisme, tant au niveau de l'État que des fédérations professionnelles. Le gouvernement n'est pas clair. Il ne donne pas de directives assez précises. Il nous dit : « Restez confinés chez vous » et, dans le même temps, il invite nos entreprises à poursuivre le travail. Quant à Jacques Chanut, le président de la Fédération française du bâtiment, j'ai bien écouté les propos qu'il a tenus récemment et je ne m'y retrouve pas. Il fait un pas en avant, puis un pas en arrière. C'est une catastrophe.

Quelle est votre position sur la question du confinement ?

Je ne sais pas si cette idée est bonne, mais la décision a été prise par le gouvernement et je considère qu'il faut la respecter et aller au bout de cette logique. Pour ma part, je souhaiterais maintenant que l'on ferme complètement les chantiers en cours. C'est ce que nous avons commencé à faire chez DCB et j'aimerais que le gouvernement nous suive dans ce choix. Nous avons aujourd'hui 44 000 m2 en chantier à Lyon, avec Park View, avec Brickwall… Et j'ai le sentiment que les maîtres d'ouvrage attendent notre faux pas. Ils se posent déjà la question de savoir comment ils vont pouvoir nous attaquer au niveau juridique pour nous réclamer des indemnités.

Vos prestataires et partenaires sont-ils favorables à cet arrêt total des chantiers ?

L'Ordre des architectes nous a dit très clairement qu'il ne souhaitait pas que les chantiers restent ouverts. La plupart des SPS, qui assurent la coordination des actions de sécurité et de protection de la santé sur les chantiers, ont également décidé de ne plus travailler. Dans ces conditions, comment faire pour que nos compagnons travaillent dans des conditions acceptables ? Et malgré cela, la Direccte nous met la pression en ce moment pour que les équipes soient à pied d'œuvre, alors que les compagnons et les artisans ne le souhaitent pas ! La plupart des entreprises qui travaillent pour nous sur les chantiers n'ont pas envie de déplacer leurs salariés pour des raisons sanitaires, ce que je comprends parfaitement. On ne peut pas faire de télétravail quand on intervient sur un chantier. On est dans la vraie vie. On n'est pas derrière un bureau, dans un ministère.

Au-delà de la question sanitaire, êtes-vous inquiet sur le plan économique ?

Nous sommes dans une situation économique extrêmement complexe, c'est évident. Et cela ne fait que commencer. Pour ma part, je crains que nous ne vivions deux à trois mois très compliqués, puis entre une et deux années de « recovering », comme disent les Américains. Malgré les milliards que la BCE envisage de mettre sur la table, ce ne sera pas simple de relancer la machine.

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