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Digital Drone : l'innovation au service des territoires

De nouveaux métiers se développent à partir de techniques récentes. Celui d'Olivier Anquetin, géomaticien, n'existait pas il y a dix ans : une aubaine pour les acteurs de l'aménagement, et qui ouvre la porte à des applications infinies.
Digital Drone : l'innovation au service des territoires
© Digital Drone - Pour Olivier Anquetin (à gauche), beaucoup reste encore à explorer

Isère Publié le ,

Olivier Anquetin a mêlé plusieurs disciplines pour en créer une nouvelle : pilote de drones, il est surtout expert en Systèmes d'informations géographiques (SIG) et en exploitation de données. Âgé de 47 ans, il crée la société Digital Drone en 2015 pour proposer des prestations inédites. À l'aide de son drone professionnel (fabriqué en Isère par Escadrone), pesant 8 kg et capable d'emporter 3,5 kg de matériel d'analyse, il fait partie de ces nouveaux « géomaticiens » qui révolutionnent les métiers topographiques et la récolte de données. Une révolution pour les aménageurs et pour le secteur du bâtiment et des travaux publics.

« Des missions qui paraissaient impossibles il y a quelques années, ou qui nécessitait un temps considérable, peuvent aujourd'hui être réalisées en quelques heures ; telle est la mission de la société que j'ai créée sur Grenoble et que je développe aujourd'hui avec Envisol, à La Tour-du-Pin ». Envisol, spécialisée en ingénierie « sites et sols pollués », a en effet été convaincue du potentiel de ces nouvelles techniques et de la complémentarité qu'elle fournit à son propre métier. Elle est depuis entrée au capital de la start up, et les deux entités partagent aujourd'hui de superbes locaux pour une synergie efficace.

Auvergne-Rhône-Alpes, en avance sur son temps

Les applications sont innombrables et se développent chaque jour. « Le drone peut saisir un relevé topographique sur des lieux difficiles d'accès, voire dangereux. Il calcule des cubatures sur les chantiers et restitue les plans quasi instantanément. Muni d'une caméra spéciale, il détecte des zones de chaleur, qui vont correspondre aux défauts d'une installation photovoltaïque ou de l'isolation d'un bâtiment ».

La jeune société vient d'acheter un laser Lidar dernière génération. « Ce matériel embarqué permet des restitutions de reliefs très fins en faisant abstraction de la couverture végétale, même en forêt. Autrefois, il fallait défricher chaque point à relever. Les différences en temps et en coût sont spectaculaires ». Le drone peut aussi vérifier des installations électriques, contrôler des ouvrages d'art, prendre des photos obliques ou des films, faire des photos verticales permettant de réaliser des plans 3D ou des orthoimages. « En ce moment, nous expérimentons, avec un industriel, la visualisation 3D augmentée : non seulement elle permet une immersion complète avec un casque de réalité virtuelle, mais on y intègre aussi des objets virtuels 3D pour donner une présentation très réaliste d'un projet ». Et Olivier Anquetin d'ajouter : « On est encore au Far West de la discipline, beaucoup reste à explorer ».

La France n'accuse pourtant pas de retard dans l'organisation des métiers, et la région Auvergne-Rhône-Alpes se positionne même plutôt bien. « Nous nouons des partenariats avec le CEA et des entreprises régionales (Escadrone, Codeffekt, Serge Ferrari, EPFL du Dauphiné, etc.) pour imaginer le futur et tester des solutions. Aujourd'hui je travaille encore seul, mais avec Envisol, nous espérons croître rapidement. Nous devrions augmenter nos effectifs dès 2018 ».

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