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Exportation : la filière forêt-bois tire la sonnette d'alarme

Les premiers chiffres 2018 sur les exportations de chêne brut renforcent les craintes des professionnels français quant à la pérennité de leur filière.
Exportation : la filière forêt-bois tire la sonnette d'alarme
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En dépit des cris d'alarme de la Fédération nationale du bois (FNB) et des professionnels du secteur, les exportations de chêne brut poursuivent leur hausse effrénée et les scieries françaises manquent cruellement de matière première à transformer. Les départs de chêne brut pour la Chine ont même progressé de 35 % en janvier 2018 par rapport à janvier 2017. « La filière a le sentiment d'être abandonnée, d'autant qu'avec un prix moyen de 200 €/m3, la qualité du bois ainsi soustrait aux scieries hexagonales ne fait qu'augmenter et aggraver le manque de matière », déplore la FNB dans un communiqué.

Aujourd'hui, 25 % à 30 % de la collecte forestière nationale de chêne est exportée sans transformation. En seulement dix ans, les volumes de chêne brut (grumes de chêne) disponibles pour les scieries françaises ont presque été divisés par deux, passant de 2,45 millions de m3 en 2007 à seulement 1,25 millions de m3 en 2017. « La situation est catastrophique et met en danger 200 000 emplois français dans la filière de transformation du bois, dont 26 000 collaborateurs exerçant directement dans les scieries de chêne, poursuit la FNB. Elles ne sont plus que 550 sur le territoire, contre encore plus de 900 en 2005 ». La transformation du bois génère en effet dix à vingt fois plus d'emplois que l'exportation de bois brut.

Aujourd'hui, les professionnels de la filière forêt-bois appellent à relocaliser la transformation des grumes en France, « là où elles sont produites et issues de l'héritage et du savoir-faire ancestral des forestiers français ». Soutenus par les Français, à 91 % favorables à une initiative de l'État visant à limiter les exportations de bois brut français, ils demandent des mesures techniques d'urgence en faveur de la transformation du bois en France pour limiter les fraudes à l'exportation de grumes de chêne, rééquilibrer l'approvisionnement des scieries françaises et enfin favoriser le marché national et l'exportation des produits transformés à base de bois Made in France.

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