AccueilActualitésFRTP Auvergne-Rhône-Alpes : pour Pierre Berger, les collectivités doivent "continuer à investir"

FRTP Auvergne-Rhône-Alpes : pour Pierre Berger, les collectivités doivent "continuer à investir"

Même si le discours n'est pas encore alarmiste, Pierre Berger, président de la FRTP Auvergne-Rhône-Alpes, demande aux collectivités de ne pas être timorées sur leurs investissements.
Pierre Berger, président de la FRTP et Pierre Malochet, secrétaire général
©Valentin Chavand - Pierre Berger, président de la FRTP et Pierre Malochet, secrétaire général

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L’Auvergnat Pierre Berger, président de la FRTP Auvergne-Rhône-Alpes n’a qu’un message à délivrer aux collectivités territoriales, tout en reconnaissant que l’activité à l’instant T est plutôt bonne, il s’exprime pour les 1400 entreprises représentées à travers sa fédération.

Pierre Berger craint que les "collectivités reportent leurs investissements"

"Notre inquiétude n’est pas immédiate, nous ne pouvons pas nous plaindre, nous avons retrouvé après le covid, des pleins carnets de commandes, indique Pierre Berger, président de la FRTP Auvergne-Rhône-Alpes. Mais à l’heure actuelle, on ne sait pas du tout comment les collectivités, qui sont nos principaux clients, vont réagir sur leurs budgets primitifs, confrontées à leurs propres difficultés sur l’énergie, les difficultés d’approvisionnement. Notre crainte est que les collectivités reportent leurs investissements."

L’activité connaît des disparités un peu contre-intuitives en termes de territoires, avec un peu plus de dynamisme dans les départements ruraux que dans les métropoles.

"Si le Rhône et la Métropole de Lyon sont un peu en retrait, précise le secrétaire général de la FRTP Auvergne-Rhône-Alpes, Pierre Malochet. C’est un gros impact puisque ce département représente à lui seul 30% de l’activité des TP de la Région. Avec le démarrage de 3 nouveaux grands chantiers tramways, cela devrait repartir."

Travaux d’entretien pour maintenir l'activité des TP

Pierre Berger de renchérir : "Il faut continuer à investir, lance le président. Et si ce n’est pas dans de nouveaux grands travaux, que ce soit dans des programmes de maintenance et de remise à niveau des infrastructures, des routes, des canalisations, des ponts etc. Les besoins sont bien présents. Les travaux d’entretien et de renouvellement suffiraient à fournir du travail sur plusieurs années. Nous craignons une chute des commandes publiques par peur de l’avenir, de la crise énergétique, alors que les finances des collectivités territoriales sont excellentes, la capacité d’endettement est entière."

Baisse de rentabilité

Si les entreprises du secteur en Auvergne-Rhône-Alpes finiront une « bonne année » 2022, selon le président Berger. "On constate tout de même, une baisse importante de la rentabilité, nous avons le volume de travail, mais nous n’avons pas pu répercuter toutes les augmentations que nous avons subies nous-mêmes."

"Nous avons eu les coûts de l’énergie sur les travaux de terrassement, les canalisateurs ont dû encaisser de fortes augmentations sur les tuyaux. Si une collectivité s’endette un peu, ce n’est pas grave, si c’est une entreprise, cela peut vite avoir des conséquences néfastes", prévient le président.

20/22 Md€ d’investissements par an

Les surcoûts peuvent aussi freiner les collectivités dans leurs projets. "Alors que la réserve des collectivités est très confortable, de l’ordre de 80 Md€ en France, précise le secrétaire général Pierre Malochet. Une année moyenne en France d’investissement, c’est 20 à 22 milliards de la part des collectivités."

Pierre Berger d’ajouter : "La capacité d’endettement des collectivités est en moyenne de 4,3 ans, et les taux d’intérêt sont encore très raisonnables, les collectivités pourraient quasiment doubler leurs investissements pendant quatre ou cinq ans, cela permettrait de remettre à niveau les infrastructures…", souligne le président.

Sur la métropole de Lyon, "les grands travaux d’infrastructures sur les transports en commun vont fournir beaucoup de travail sur les quatre ans qui viennent, complète le secrétaire général, Grenoble a également une forte PPI de 1,2 Md€ sur le mandat. Saint-Etienne Métropole va également réinvestir."

Recrutements difficiles

La grande préoccupation des entreprises, c’est le recrutement, après les difficultés d’approvisionnement qui tendent à s’estomper. "En termes de recrutement, il nous faut attirer vers nos métiers, qui n’ont pas une bonne image, dit Pierre Berger. Sur les salaires, nous sommes au-dessus de la moyenne des autres métiers comparables, et nous sommes prêts à faire des efforts."


"L’image de l’ouvrier avec son marteau-piqueur dans la rue est dépassée, la technologie aujourd’hui a bien fait reculer la pénibilité. Il n’y a pas besoin dans nos métiers d’avoir de gros diplômes pour monter dans l’échelle sociale
."

En chiffres

La Fédération régionale des Travaux publics Auvergne-Rhône-Alpes, organisation professionnelle patronale, représente 1474 entreprises sur les 12 départements, spécialisées dans les travaux routiers, le terrassement, les travaux d’installation de réseaux électriques et de réseaux de canalisations, le génie civil. Ces entreprises emploient 39 800 salariés sur la région (chiffres 2021).

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