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Filière bois : les voyants passent au vert pour Provvedi

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Filière bois : les voyants passent au vert pour Provvedi
© Provvedi - La région Rhône-Alpes, en particulier le Haut-Beaujolais, dispose de l'un des plus beaux massifs d'Europe

À quelques mois de célébrer les 40 ans de son entreprise, François Provvedi affiche ses ambitions et son optimisme pour l'avenir de l'ensemble de la filière bois. Installé depuis l'origine dans la vallée d'Azergues, cet entrepreneur audacieux s'applique depuis plus de 35 ans à faire connaître et reconnaître le Douglas en France.

François Provvedi le confesse dans un large sourire : « Je suis le fils d'un entrepreneur en maçonnerie… Mais j'ai choisi le bois ». Une orientation donnée très tôt à sa carrière professionnelle, qu'il assume sans l'ombre d'un regret. À 61 ans, cet entrepreneur sans cesse en quête de nouveaux défis à relever est aujourd'hui à la tête de trois entreprises, qui lui permettent de travailler la filière bois de l'amont jusqu'à l'aval : Forestière Provvedi, en charge de l'exploitation forestière, Provvedi Industrie, qui regroupe l'ensemble des activités de première transformation, et Profil Douglas, qui a pour vocation la seconde transformation du bois.

Ainsi organisé, le groupe Provvedi rassemble près de 80 salariés pour un chiffre d'affaires global de l'ordre de 12 M€. « J'intègre dans nos équipes les tâcherons qui travaillent pour nous en forêt toute l'année, bien qu'ils soient totalement indépendants », précise-t-il. Des équipes qu'il a cependant beaucoup de mal à faire grossir, et même à renouveler. « Les forces vives dont nous aurions besoin font défaut », confirme-t-il, avouant que la question du recrutement reste désormais un problème fondamental dans la profession. « Ce n'est pas spécifique à mes sociétés, insiste François Provvedi. Aujourd'hui, nous ne trouvons pas les jeunes pour remplacer ceux qui partent à la retraite. On ne trouve plus de scieurs, plus de charpentiers d'atelier, plus d'affuteurs… Nous sommes pourtant prêts à former les gens que nous recrutons, mais les candidats ne se bousculent pas. À long terme, je ne sais pas comment nous allons faire pour gérer ce problème d'effectifs ».

Un déficit de recrutement d'autant plus regrettable que l'activité est repartie sur de très bonnes bases depuis un an. Bousculées par la crise de 2009, qui a lourdement impacté le Bâtiment et toutes les filières qui travaillent avec lui – dont le bois, bien entendu –, les trois sociétés de François Provvedi ont fait le dos rond pendant six ans, avant de reprendre leur essor. « Nous avons connu le creux de la vague à partir de 2009, mais les carnets de commandes sont de nouveau bien remplis, bien qu'il y ait toujours un certain décalage entre la reprise et ses effets sur les entreprises comme la mienne », commente le dirigeant. Porté par une conjoncture économique enfin favorable et par l'embellie de la construction bois, devenue très tendance aujourd'hui, son volume d'activité est orienté à la hausse, en France comme à l'étranger.

« Nos clients sont essentiellement en Rhône-Alpes pour tout ce qui concerne les charpentes et les structures, poursuit-il. Pour la scierie et la première transformation, en revanche, nous travaillons dans toute la France et à l'étranger. Idem pour les produits rabotés ». En effet, pour élargir son terrain de jeu, François Provvedi n'a pas hésité à se tourner vers l'international. Et il pourrait bientôt franchir l'Atlantique pour ouvrir de nouveaux marchés. Jusque-là, l'export se résumait pour lui à l'Europe et au Maghreb. Mais la demande vient maintenant des États-Unis, qui sont confrontés à un manque cruel de matière première. Après la fermeture de nombreuses scieries et suite au différend commercial qui les oppose à leur voisin canadien, ils sont aujourd'hui en quête de marchés d'approvisionnement de substitution. « J'ai encore reçu, il y a quelques jours, des acheteurs américains. Ils sont à la recherche de gros volumes de bois, pour leur marché intérieur mais aussi pour l'Australie et pour le Japon. Nous avons les cartes en mains pour les approvisionner si nous le voulons », commente-t-il.

Contrairement à la France, qui s'est intéressée assez tard au Douglas, cette essence est très appréciée aux États-Unis depuis de nombreuses années, où elle constitue la première source d'approvisionnement pour le bois de construction. C'est également le cas au Japon. Membre de l'association France Douglas depuis 25 ans, François Provvedi s'est appliqué à le faire connaître dans l'Hexagone. Avec succès au fil des années. Des marchés se sont en effet développés, notamment dans le Sud-Ouest de la France. « Il y a des régions qui résistent, comme l'Île-de-France, où on fait plus volontiers appel au bois blanc en provenance de l'Est de la France et d'Allemagne. Mais certains architectes commencent à prescrire le Douglas, notamment en bardage. En Rhône-Alpes, les choses évoluent bien également. Les Lyonnais et les Savoyards ont mis du temps à se laisser convaincre, parce qu'ils étaient plus volontiers portés vers les bois blancs en provenance des Alpes et du Jura. Mais maintenant, la réputation du Douglas monte car le client final en demande et les charpentiers sont obligés de s'adapter », ajoute-t-il.

De ce fait, François Provvedi regarde l'avenir avec optimisme. « Je suis assez serein pour les cinq prochaines années, car la demande de bois est assez forte, en France comme à l'international, analyse-t-il. Comme nous sommes en plein cœur d'un massif important de Douglas, nous devrions tirer notre épingle du jeu ». Avant d'ajouter en conclusion : « La maison bois est de plus en plus recherchée et les constructeurs ont besoin de fournisseurs comme nous. Quelques industriels ont par ailleurs développé des procédés qui vont favoriser le développement d'immeubles d'habitations collectifs en voile bois, plutôt qu'en voile béton ». Plus de doute : tous les indicateurs passent au vert progressivement pour Provvedi.

Provvedi se donne les moyens de grandir

Installé à Saint-Nizier-d'Azergues, où sont réunis depuis l'origine ses usines et son siège social, le groupe Provvedi a été contraint de sortir des limites de la commune pour se développer. Son fondateur est allé chercher quelques kilomètres plus loin les réserves foncières dont il avait besoin pour développer ses activités. Et c'est à Poule-les-Écharmeaux, où il a repris un site industriel abandonné, qu'il a construit ses derniers bâtiments pour installer la société Profil Douglas. Propriétaire de plus de 4 ha de terrain sur la commune, il dispose ainsi de réserves pour élever de nouveaux bâtiments. « Mais avant cela, nous pouvons encore densifier l'activité sur l'existant », souligne-t-il.

Trois sociétés concentrées sur le Douglas

Initiée en 1978 avec le rachat d'une petite scierie au bord de l'Azergues, l'aventure entrepreneuriale de François Provvedi se décline aujourd'hui autour de trois entités juridiques distinctes.

> Forestière Provvedi, en charge de l'exploitation forestière, intervient en amont de la première transformation et approvisionne la scierie. François Provvedi achète ses Douglas à des propriétaires privés dans un rayon de 100 km autour de la scierie. « Nous consommons quand même 40 000 m3 de grumes par an », précise-t-il. Environ 90 % de ce qui sort de la scierie est en effet destiné à Provvedi Industrie. Le solde, qui n'est pas issu du Douglas (sapin, épicea, pins…), est revendu à d'autres professionnels du bois qui travaillent ces essences.

> Provvedi Industrie regroupe l'ensemble des activités de première transformation qui permettent d'obtenir des composants de la construction : charpentes, murs de maisons, bardages, lames de terrasse… « Nous sommes fabricants de charpentes en grande quantité et nous disposons d'un très gros équipement industriel dédié à cette activité », souligne François Provvedi.

> Profil Douglas, enfin, qui a vu le jour il y a une dizaine d'années, a pour vocation la seconde transformation du bois, et plus particulièrement la fabrication de bardages et de divers profilés en bois raboté. C'est également cette société qui se charge de traiter le Douglas à l'aide de différents produits, comme l'huile végétale à chaud.




Jacques DONNAY
Journaliste

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