AccueilActualitésFranck Prouteau, président de Scop Btp Aura : "Les dirigeants ont un sentiment d’impuissance"

Franck Prouteau, président de Scop Btp Aura : "Les dirigeants ont un sentiment d’impuissance"

Gérant de Baticoop à Meyzieu, Franck Prouteau préside la Fédération Scop BTP Aura. Il revient sur les spécificités et la force du modèle coopératif même si ses entreprises ne sont pas épargnées par les difficultés qui touchent la construction.
Franck Prouteau, gérant de Baticoop à Meyzieu et président de la Fédération Scop BTP Auvergne Rhône-Alpes.
DR - Franck Prouteau, gérant de Baticoop à Meyzieu et président de la Fédération Scop BTP Auvergne Rhône-Alpes.

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Pouvez-vous nous présenter en quelques mots la Fédération Aura Scop BTP ?

Nous rassemblons 60 entreprises, de tous les corps de métiers du bâtiment et des travaux publics, qui représentent un milliers d’emplois dont 55 apprentis. Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, la taille moyenne d’une Scop est de 17 salariés et le taux de sociétariat atteint 58 %.

"Les Scop connaissent les mêmes difficultés que toutes les entreprises du BTP"

Comment vos adhérents se portent-ils ?

Nous connaissons les mêmes difficultés que toutes les entreprises du BTP, à savoir la hausse du coût des matériaux, les problématiques de recrutement, les décalages des mises en chantier, l’allongement des délais de règlement, l’augmentation des impayés des particuliers, l’explosion du coût des énergies et des frais de déplacement… Cette accumulation de difficultés fragilise les entreprises. Il y a de plus en plus de contraintes externes non maîtrisables qui donnent aux dirigeants un sentiment d’impuissance et de perte de contrôle.

"La guerre en Ukraine sert parfois d’excuse aux industriels"

Pouvez-vous nous détailler les impacts de la hausse du coût des matériaux ?

Cette augmentation du prix des matériaux constitue un motif d’inquiétude forte. Faute de pouvoir répercuter en totalité cette hausse, nos marges tendent vers le bas et sont aujourd’hui nulles voire négatives. D’habitude, une partie du résultat est mise en réserve ; mais aujourd’hui, entre une marge nulle et des charges en progression, ça devient vraiment compliqué. Les entreprises doivent même « taper » dans leurs réserves. Les augmentations sur les matières premières et les matériaux ne sont pas toujours justifiées. La guerre en Ukraine sert parfois d’excuse aux industriels.

L’augmentation des prix des matériaux génère d’autres répercussions en cascade. Quelles sont-elles ?

Face à l’envolée des prix, certaines entreprises sont contraintes de stocker, du bois par exemple, avant le lancement des chantiers et doivent donc faire une avance de trésorerie qui les fragilise encore davantage. Cette hausse du coût des matériaux entraîne aussi des décalages de mise en chantier. La demande existe car nous réalisons des chiffrages d’opérations, mais les chantiers ne démarrent pas car ils ne rentrent pas dans les fourchettes. Cette situation conduit à un effet pervers. En effet, pour donner du travail à leurs salariés, nos entreprises acceptent des opérations à marge nulle. Un autre phénomène peut mettre à mal la trésorerie : dans le cadre des dispositifs gouvernementaux de rénovation énergétique, nous jouons souvent le rôle de banque en attendant que nos clients perçoivent leurs aides.

"Le modèle des Scop du BTP est en phase avec les attentes des salariés"

Dans ce tableau assez sombre, le modèle coopératif possède des atouts. Quelles sont vos forces pour surmonter les obstacles ?

Notre plus grande force est l’engagement des sociétaires qui réduit le turn-over. Le mode de rémunération avec la participation et l’intéressement, les conditions de travail, l’implication dans les décisions sont des éléments différenciants qui favorisent la fidélité des salariés. L’ancienneté dans les Scop se situe d’ailleurs à un niveau élevé. Encore trop peu connu, notre modèle séduit car il est en phase avec les attentes des salariés. D’ailleurs, pour parler de notre modèle, nous participerons de nouveau en mars 2023 à la semaine de l’entreprise coopérative en allant à la rencontre des jeunes dans les centres de formation d’apprentis et les lycées professionnels.

La suite de l'entretien à lire dans notre édition du 10 novembre.

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