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François Turcas (CPME Aura) : « Assurer la sécurité des collaborateurs et reconquérir des marchés »

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François Turcas (CPME Aura) : « Assurer la sécurité des collaborateurs et reconquérir des marchés »
© Marine Agathe Gonard - François Turcas, président de la CPME Auvergne-Rhône-Alpes

Encadrer la responsabilité juridique de l'employeur et rebooster l'économie par les entreprises. Voici l'une des priorités affichées par la CPME et son président national François Asselin. En Auvergne-Rhône-Alpes, François Turcas, président régional du syndicat patronal, témoigne d'une mobilisation à toute épreuve des acteurs locaux.

Dans un récent courrier co-signé avec le Medef, l'U2P, la FNSEA, l'UDES et l'UNAPL et destiné à Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, la CPME demande que la responsabilité civile et pénale de l'employeur ne puisse être mise en cause lorsqu'il aura fait diligence pour protéger ses salariés.

La Confédération des petites et moyennes entreprises a appuyé ces propos dans un communiqué de presse, expliquant que : « Tenir l'employeur, à titre personnel, pénalement responsable des décisions prises par l'Etat reviendrait, en pratique, à freiner son action et, dans certains cas, à le priver des moyens d'agir ». « Nous réclamions depuis deux mois des éclaircissements sur le statut pénal de l'employeur. Assemblée nationale et Sénat ont adopté un texte de loi qui considère qu'en cette période de pandémie, l'employeur est astreint à une obligation de moyens, et non de résultat. Autrement dit, sa responsabilité pénale ne pourra donc être engagée "que s'il n'a pas mis en oeuvre les moyens pour éviter la propagation du coronavirus au sein de l'entreprise". Il reste maintenant au Conseil constitutionnel de valider le texte », précise François Turcas, président de la CPME Auvergne-Rhône-Alpes.

Et ce dernier de saluer également la mobilisation de ses équipes durant ces deux derniers mois : « Dès le début du confinement, notre service aux entreprises était à pied d'oeuvre pour gérer l'urgence. Je tiens d'ailleurs à remercier l'ensemble de mes collaborateurs pour leur travail. Nous avons pu organiser un accompagnement spécifique de nos adhérents avec des spécialistes dédiés aux questions assurantielles et bancaires ».

Localement, la CPME honore aussi la mobilisation des banques, qui financent les entreprises à travers les prêts garantis par l'Etat (PGE) et les collectivités, comme la Région Auvergne-Rhône-Alpes, pour avoir mis en place des moyens au bénéfice de l'économie du territoire.

« Réussir le déconfinement »

Pour l'heure, il s'agit désormais pour la CPME de « réussir le déconfinement ». D'ailleurs, le syndicat patronal a proposé onze mesures à mettre en place dans les TPE-PME. Objectif : assurer la sécurité de tous les salariés, maintenir les dispositifs de soutien aux entreprises, annuler les charges sociales et fiscales et sécuriser la responsabilité pénale des employeurs. « Il faut retourner au travail, en respectant bien entendu les barrières sanitaires, et reconquérir des marchés. Nous devons redevenir des vainqueurs. Les chefs d'entreprise doivent agir en soignants de l'économie », clame l'entrepreneur lyonnais, qui réclame un plan Marshall de reprise avec la relance de grands chantiers.

Il n'oublie cependant pas la responsabilité des entreprises dans le cadre du crédit inter-entreprise : « Soit 700 Md€, c'est-à-dire le double de ce qu'ont prêté les banques sur une année. Il faut payer les fournisseurs et passer des commandes... Sinon ça va bloquer ! »

La culture PME​

De passage en Isère début janvier à l'occasion de sa réélection à la tête de la CPME, François Asselin décrivait ainsi l'entreprise : « C'est un bien commun. Le dirigeant assume la prise de risques et doit être récompensé pour cela. Le salarié, quant à lui, doit être rémunéré à sa juste valeur et être loyal envers l'entreprise. L'esprit d'entreprise, c'est le bien commun qui passe avant le bien individuel. Le pays a besoin de s'appuyer sur les femmes et les hommes qui portent ces valeurs. Nous sommes des "risquent tout" parfois enquiquinés par les "risquent rien" que peuvent être les règlementations, l'administration… J'aimerais, dans ce mandat, m'atteler à ce que la culture PME pénètre chaque strate de l'entreprise ».




Julien THIBERT
Journaliste

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