AccueilAinFrançoise Despret, présidente de la CNATP : "40 % de nos entreprises ont des problèmes"

Françoise Despret, présidente de la CNATP : "40 % de nos entreprises ont des problèmes"

La président de la Chambre nationale des artisans des travaux publics, l'Aindinoise Françoise Despret, aborde 2023 avec une certaine inquiétude.
Françoise Despret, présidente nationale de la Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage (CNATP).
DR - Françoise Despret, présidente nationale de la Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage (CNATP).

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Vous présidez depuis dix ans la Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage (CNATP). Comment abordez-vous la nouvelle année ?

Françoise Despret, présidente de la CNATP : "Sur des bases fragiles, car notre enquête de conjoncture de novembre a montré une forte baisse des carnets de commande dans le TP comme dans le paysage. Nos entreprises ont perdu deux semaines de visibilité. Le nombre de contacts a également diminué. L’après covid avait provoqué un sursaut positif. A présent, c’est l’inquiétude qui l’emporte, surtout lorsqu’on regarde les trésoreries."

Pour Françoise Despret, les entreprises auront "du mal à tenir les devis"

"Nous estimons que 40 % de nos entreprises ont des problèmes. Elles sont forcées de stocker. Nos trésoreries sont sur les parcs de matériels ! Et ces stocks, il faut les financer. Les marges vont continuer à se réduire à cause de la hausse du cours des matériaux et de l’énergie. Certains fournisseurs garantissent leurs prix pendant 24 heures… pas davantage ! Il faut savoir aussi que les travaux publics sont de grands consommateurs de gasoil. Une pelle de 20 tonnes consomme 20 litres à l’heure. Difficile de tenir les devis…"


Redoutez-vous en 2023 de nouvelles pénuries de matières premières ?

Sur ce point, la situation s’est améliorée. La gestion des déchets m’inquiète davantage. Les nouveaux dispositifs se mettent en place malgré nos demandes de les repousser. Les entreprises doivent indiquer des prix à leurs clients, mais en secteur rural, c’est difficile. Ce sera également un coût supplémentaire à répercuter.

Les maîtres d’ouvrage assurent que les investissements seront maintenus en 2023. Mais le pourront-ils vraiment ?"

Il nous faudra aussi digérer les limites imposées par les zones de faible émission. Nos engins ne pourront plus par exemple pénétrer dans Lyon. Il va falloir investir. Une pelle de 40 tonnes coute 250 000 euros. La même en électrique… 950 000 euros. Un autre thème sur lequel nous serons actifs en 2023 est la gestion de l’eau. C’est un enjeu essentiel.

Craignez-vous, surtout au niveau des TP, une baisse de la commande publique ?

Les maîtres d’ouvrage assurent que les investissements seront maintenus en 2023. Mais le pourront-ils vraiment ? L’inflation risque en effet de durer. Ce sera pire du côté de la clientèle de particuliers car les ménages seront tentés d’attendre des jours meilleurs.

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