AccueilAinFront commun dans l'Ain de la Capeb, la CNATP et l'U2P

Front commun dans l'Ain de la Capeb, la CNATP et l'U2P

Les trois organisations professionnelles se positionnent au coeur de la crise pour la défense des petites entreprises artisanales
Front commun dans l'Ain de la Capeb, la CNATP et l'U2P
J.-M.P. - De gauche à droite, Frédéric Bagne, président de la Capeb de l'Ain, Françoise Despret présidente départementale et nationale de la CNATP, et Patrick Pesenti, président de l'U2P 01

Ain Publié le ,

Réunis dans les locaux de la Capeb à Bourg-en-Bresse, Françoise Despret, présidente de la CNATP (entreprises des TP et du paysage), Philippe Pesenti, président de l'U2P (commerce, artisanat et professions libérales), et Frédéric Bagne, président de la Capeb (petites entreprises artisanales du bâtiment) ont décidé de faire entendre leurs voix. « Rappelons d'abord que 80% des entreprises ont moins de 20 salariés. Nous sommes pour la plupart d'entre nous des artisans et notre clientèle est en grande majorité constituée de particuliers, déclare Frédéric Bagne en préambule. Nous vivons un phénomène de société inédit. Les revendications sont polymorphes et ne sont pas de la compétence de nos organisations. L'absence de concertation est totale. Tout est à reprendre à zéro au plus près des territoires, des entreprises et des salariés. »

Les demandes de devis en chute libre

Le ton est donné. Françoise Despret a tenu dans la foulée a rappelé le manque de considération du gouvernement pour les corps intermédiaires avant de rentrer dans le détail : « Au nom de l'écologie, on veut nous imposer des normes irréalistes. Allez trouver une pelleteuse écolo ! Dans l'Ain, il en existe une en location. »

Pour Philippe Pesenti, le mal-être est total : « Les commerces sont sévèrement impactés, l'artisanat souffre déjà alors que le contexte était déjà tendu. Finalement, nous n'allons pas mieux que ceux qui manifestent ! »

Pour les trois présidents, l'heure de la concertation a sonné. « Il faut en finir avec le jusqu'au boutisme. Le nombre de demande de devis a chuté », affirme Françoise Despret. « Dans l'Ain, ajoute Frédéric Bagne, nos entreprises connaissent des problèmes de livraisons, d'organisation des journées de travail lorsque nos salariés sont bloqués. L'effet pervers de la crise sera surtout quantifiable au printemps car moins de devis aujourd'hui ce sera moins de chantier une fois les beaux jours revenus. »

La hausse du SMIC

Le Président de la République a annoncé lundi soir une hausse des salaires correspondant au SMIC… « Cela va impacter l'ensemble des salaires. Pourra-t-on suivre ? se demande le président de la Capeb. Le bâtiment se relève juste de la crise de 2008 et les prix sont au plus bas. La réflexion devrait surtout porter sur les charges salariales. Sinon, ça retombera sur les consommateurs. Et la prime de fin d'année qu'on demande aux entreprises de verser… si elles le peuvent. Et celles qui ne le peuvent pas ? Comment feront-elles ? Les gilets jaunes sont le premier étage de la fusée. Le deuxième, ça pourra être les artisans ! Combien d'arrêts d'activité, de dépôt de bilan… on ne peut pas écarter une révolte au cours des prochains mois. » Pour Françoise Despret, les fournisseurs n'ont pas tardé à réagir : « Ils nous ont déjà annoncé une hausse du prix des matières premières. Le GNR (NDLR : gazole non routier moins cher que le gazole) est sauvé mais j'ai peur que les augmentations soient maintenues au moins en partie ! »

Le poids de l'artisanat dans l'Ain est considérable. Le département compte actuellement 14 720 entreprises, un chiffre en forte progression (+ 664 depuis le 1er janvier 2018) même si les microentreprises arrivent largement en tête des créations au cours des 11 premiers mois de l'année.

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