AccueilActualitésGuerre en Ukraine : pour la Capeb, la hausse du coût des matériaux va "s'aggraver"

Guerre en Ukraine : pour la Capeb, la hausse du coût des matériaux va "s'aggraver"

La Capeb et son président, Jean-Christophe Repon, craignent les répercussions du conflit ukraino-russe sur le secteur du bâtiment.
Guerre en Ukraine : pour la Capeb, la hausse du coût des matériaux va "s'aggraver"
Shutterstock/Tomas Ragina

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Il y a une semaine, la Russie a déclenché une opération militaire sans précédent en Ukraine. Au delà du drame humain qui se joue à Kiev et dans tout le pays, craignez-vous que ce conflit, aux portes de l'UE, ait des conséquences sur le secteur du bâtiment?

Jean-Christophe Repon : Il ne fait pas de doute que le conflit en Ukraine va aggraver la hausse déjà très forte du coût des énergies. Mais dans quel délai ? La hausse du prix de gaz est accompagnée par celle du baril de pétrole qui vient de dépasser les 100 dollars (NRLR : 113 ce jeudi).

J.C. Repon : "Difficile de mesurer l'impact exact de cette guerre"

Les artisans du bâtiment français vont donc être impactés?

On peut rester "mesuré" sur l’exposition du bâtiment à court terme car les hausses de prix concernent d’abord les marchés des matières premières et pas encore complétement, à ce stade, les produits manufacturés. Mais on peut néanmoins dire qu’il y aura un impact certain sur les coûts des matériaux et matériels, notamment en raison de la composante énergie, plus significatif à moyen terme.

Si l’achat des énergies devient plus onéreux, le prix des matériaux s’en ressentira forcément"

L’augmentation du prix des carburants pèse déjà lourd dans les charges des entreprises. Il faut donc s’attendre à un nouvel alourdissement de ces charges. En conséquence, si l’achat des énergies devient plus onéreux, le prix des matériaux s’en ressentira forcément, les industriels et fournisseurs de l’artisanat du bâtiment subissant ainsi des coûts de production plus élevés.

Il est difficile de connaître exactement l’origine de tous les entrants dans la constitution des produits et d’en mesurer l’impact exact car il existe à ce jour de nombreuses inconnues : durée du conflit, conséquences géopolitiques, possibilités ou non de solutions alternatives à d’éventuelles pénuries, obligation ou pas de reconstituer les stocks de gaz avant le prochain hiver.

Il faudra veiller à ce que certains acteurs n’anticipent pas des hausses qui auraient des effets néfastes sur une situation qui est déjà très tendue sur les coûts et les conditions d’approvisionnements dans le bâtiment. Ce sera aussi le rôle du comité de suivi mis en place par le ministre de l’Economie et auquel la Capeb participe.

C’est aussi le ralentissement économique général induit par cette crise qui risque d’impacter l’activité des entreprises artisanales du bâtiment avec, notamment, un mauvais coup porté dans la confiance des ménages en l’avenir et donc une baisse de la consommation.

Vous demandez donc à l'Etat de soutenir vos entreprises?

La Capeb a déjà abordé la question avec le ministre de l’Économie du maintien dans le temps du gel des tarifs réglementés de vente de gaz. Nous invitons les entreprises artisanales du bâtiment à rester extrêmement vigilantes sur leurs marges et à anticiper autant que faire se peut ces hausses de prix en réduisant à 1 mois, voire 15 jours, la durée de validité de leurs prix. 55 % des entreprises n’ont pas répercuté les hausses des prix des matériaux et du carburant dans leurs devis. De ce fait, 22 % de nos entreprises ont constaté une baisse de leurs marges au cours du dernier trimestre 2021. Nous devrons trouver des solutions fiscales pour maintenir l’activité, comme la baisse du taux de TVA par exemple, ou autre disposition.

Propos recueillis par Tony Fonteneau

La Russie, un partenaire "encombrant"

  • La Russie est le 1er producteur mondial de gaz naturel, le 2e producteur d’aluminium, 3e en bois (résineux utilisés dans le bâtiment) et 5e en acier.
  • 20 % des importations de gaz en France viennent de Russie ce qui peut peser, à terme, sur la fabrication de produits (notamment tuiles, briques).
  • 40% de la consommation européenne de gaz est importée de la Russie mais plus de 60% pour l’Allemagne (grosse dépendance), ce qui peut donc impacter ls produits fabriqués par l’Allemagne et que nous importons.
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