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Hydronnov : « L’hydroélectricité, une énergie renouvelable en auto-suffisance locale »

Hydronnov est un bureau d’étude et de co-production basé à Caluire spécialisé dans le petit hydroélectrique : « Des barrages jusqu’ 8 mégawatts (13600 habitants environ) explique Estelle Hycart et William Dufour , co-fondateurs d’Hydronnov ».
De droite à gauche : William Dufour et Estelle Ycart, fondateurs d’Hydronnov, et Marie Detout
©ES - De droite à gauche : William Dufour et Estelle Ycart, fondateurs d’Hydronnov, et Marie Detout

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Hydronnov réalise des études hydrologiques, des conceptions de centrales et co-exploite des petites centrales : « Nous avons deux centrales en co propriété : une en Charteuse (Saint-Genix-sur-Guiers) et l’autre dans l’Hérault (Gignac). Nous assurons la co exploitation et la maintenance des ouvrages. explique William Dufour. L’hydroélectricité n’importe quasiment rien, et fait travailler les entreprises locales de BTP entre autres, contrairement au solaire et à l’éolien. L’«hydro » a encore des marges de développement aux côté des autres renouvelables même si elle est moins présente dans le débat public."

Dans le système français, une centrale hydroélectrique est soit autorisée, soit concédée. Les concessions d’Etat sont au-dessus de la limite de 4,5MW, l’Etat reste propriétaire de l’ouvrage. En dessous de 4,5 MW on est sous le régime de « l’autorisation ».

Estelle Hycart, ingénieure et William Dufour ancien chargé de développement de projet chez EDF, co fondateurs d'Hydronnov, défendent la petite hydroélectricité et plus globalement ce mode de production d’énergie renouvelable plus sûr, plus efficace, non délocalisable, et qui présente un meilleur rendement à puissance installée égale. L’inconvénient reste le temps nécessaire à tout projet de barrage, environ 5 ans, et le retour sur investissement à 15 ans.

Hydroélectrité :11 à 13 % de la production nationale

L’hydroélectricité détenue majoritairement par EDF et CNR, est toujours la première source de renouvelable à ce jour en France, avec 11 à 13 % de la production nationale, le nucléaire à 75/80% :

« Mais l’hydroélectricité se développe moins vite que le solaire et l’éolien, et on parle peu dans le débat public. C’est toutefois la plus ancienne des renouvelables et un vrai savoir-faire français, les premiers barrages de grande ampleur comme celui de Villeurbanne-Cusset, date de…1890. »

L’hydroélectricité est historiquement ancrée dans la culture française de l’énergie renouvelable et particulièrement en Rhône-Alpes, pour des raisons évidentes.

Une collectivité (mairie, intercommunalité …) peut faire étudier et exploiter un projet hydroélectrique tout autant que des particuliers : « Bien sûr, il faut de l’eau et il faut une pente, précise William Dufour … » En France, il existe 2400 producteurs hydroélectrique autonomes, dont quelques familles, la majorité sont des PME. On ne compte que 5 à 10 nouvelles centrales de petit hydroélectrique chaque année.

Aux XIX et XX è siècles, beaucoup de moulins ont créé leur centrale électrique pour alimenter l’industrie : forges, scieries…puis beaucoup d’industries ont fermé, et les centrales sont restées pour vendre de l’énergie à EDF.

Activité locale et non délocalisable

Le secteur BTP et ses satellites sont fortement sollicités en cas de projet hydroélectrique : « L’hydroélectricité a un fort impact sur l’économie locale, à l’inverse de l’éolien et du photovoltaïque, explique-t-on chez Hydronnov, tout le béton employé est local, d’Auvergne-Rhône-Alpes, rien ne vient de Chine comme pour le photovoltaïque, affirme Estelle Hycart.»

Pour les fondateurs d’Hydronnov, c’est le mix énergétique des productions renouvelables qui permettra de remplacer de mieux en mieux les énergies fossiles et le nucléaire.

Hydronnov est maître d'oeuvre sur le chantier de Mizoën dans l’Isère sur la Romanche qui met en jeu 12 M€ d’investissements de la part de Shema, une filiale d’EDF :

« Ce sont de l’activité et des fournisseurs non délocalisables à plus de 80 %, même la turbine est fabriquée par l’un des derniers turbiniers français. Le projet va alimenter 8000 à 10000 personnes. »

Le terrassement, l‘ingénierie, le génie civil, la mécanique, les automatismes, les études environnementales…sont régionaux d’Auvergne-Rhône-Alpes : « Seuls l’alternateur est italien et le PRV (matériau composite pour les conduites) européen ».

Les centrales hydroélectriques fonctionnent 24h/24h

« Les élus locaux nous soutiennent volontiers dans les projets, affirme William Dufour, car l’hydro ne fait fonctionner que les entreprises locales dans les TP, la mécanique, la maçonnerie etc. »

Globalement les centrales fonctionnent 24h/24 contrairement au photovoltaïque et à l’éolien. Cela donne un avantage certain à l’hydroélectricité. Cependant, la baisse de débit de certaines rivières, due aux sècheresses à répétition est un problème : « On constate des variations de débit sur les 10 dernières années, en regardant les 30 dernières années, explique William Dufour. On connaît aussi de plus en plus de crues. »

Si la moyenne est à la baisse, des effets paradoxaux du réchauffement climatique se font sentir : « En montagne, l’hydraulicité s’améliore à proximité des glaciers qui fondent, explique Estelle Ycart, sous le glacier de La Meije, on trouve beaucoup d’eau car le glacier fond, c’est un drame […] »

Un coéficient d’hydrologie dans les projets

« Malheureusement, la baisse de la production va plus vite que la baisse des débits moyens, ajoute Estelle Ycart, on a des périodes d’étiage plus fortes, la quantité d’eau est la même mais on la valorise moins […] »

Dans tous ses projets Hydronnov est contraint d’inclure un coefficient d’hydrologie en cas de baisse des débits des rivières, ce chiffre est revu tous les ans : « Toutefois, nous avons de l’avenir et des marchés encore à conquérir, tempère Estelle Ycart, il y a tous les contrats de maintenance et de valorisation du parc existant […] l’eau est un moyen de stockage de l’énergie. Il y a une synergie à trouver entre le solaire, l’éolien et l’hydro […] on va imaginer des stations de pompage, de stockage … »

Toutefois en hydro, il y a un risque de voir les projets retoqués, compte-tenu des classements des rivières, et de la protection des sites : « L’eau est un bien commun, les cours d’eau n’appartiennent à personne ; les projets sont soumis à autorisation. »

Dans l’Isère, le projet de la Sarenne repart à l’Alpes d’Huez

Un projet important a redémarré dans l’Isère, sur l’Alpe-d’Huez : « Un vieux projet antérieur aux classements d’éco protection de 12 mégawatts de la CNR est reparti, explique William Dufour, sur la rivière Sarenne, seul projet en concession en France. Tout ce qui est à l’aval de la prise d’eau n’est pas protégé, tout ce qui en amont est classé […]. »

Le chantier de la centrale de Mizoën dans l’Isère, sur la rivière Romanche ©Michel BOST

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