AccueilActualitésJacques Perotto : "La concurrence du secteur public est une vraie difficulté pour les programmistes"

Jacques Perotto : "La concurrence du secteur public est une vraie difficulté pour les programmistes"

Le syndicat des programmistes en architecture, aménagement et urbanisme vient de renouveler son conseil d'administration et d'élire à sa présidence Jacques Perotto. Le professionnel, diplômé de l'IEP de Lyon et d'un DEA Sociologie et économie urbaine de l'Université Lyon 2, présente les missions du Sypaa et ses priorités d'actions.
Jacques Perotto :
DR - Le lyonnais Jacques Perotto a été élu à la présidence de Cinov Sypaa fin octobre

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Quels sont les professionnels réunis au sein de Cinov Sypaa ?

"Le Sypaa représente les programmistes et les professionnels de l'assistance à maîtrise d'ouvrage. Nos adhérents exercent différents métiers dans le vaste domaine de l'urbanisme, l'aménagement, l'architecture, la construction. Nous pouvons intervenir dans toutes les phases d'un projet.

Nous nous positionnons dès le concept et sommes en mesure de dérouler tout le cycle d'un projet : études de faisabilité, analyse des pratiques sociales et des besoins, programmation, consultation de maîtrise d'œuvre, conduite et suivi de projet, supervision des travaux de réalisation, livraison du projet, exploitation et maintenance de l'ouvrage…

Nos savoir-faire accompagnent aussi bien les nouveaux projets que des opérations de transformation, menés par des maîtres d'ouvrage publics ou privés. Le Sypaa est notre structure représentative et réunit près de 3 000 adhérents."

Pourquoi cet engagement à la présidence et pour quoi faire ?

"Fort de 40 ans d'expériences et libéré de certaines contraintes, je peux consacrer du temps au syndicat. Il me semble utile de représenter les métiers de la prestation intellectuelle du conseil en urbanisme et de renforcer la notoriété et l'influence du Sypaa. Je souhaite aussi participer à l'accroissement du nombre de professionnels dans nos métiers très hétérogènes. Cette diversité des métiers et des pratiques est une vraie richesse et notre secteur est une source de débouchés professionnels intéressants. Et parce que notre spectre d'activités est large, il est encore plus important d'avoir une instance pour se rencontrer et dialoguer.

Dans l'exercice de nos métiers, cette capacité d'échange reste fondamentale. Nous ne pratiquons pas des métiers désincarnés et déshumanisés ; au contraire, nous sommes au cœur des relations entre toutes les parties prenantes d'un projet et relevons l'enjeu de dialogue entre toutes les interfaces pour la bonne conduite des projets.

Dès la phase de l'idée, l'écoute, la confrontation et le débat sont primordiaux à la stratégie d'acceptation du projet. La communication et la relation aux autres sont essentielles. En parallèle, nous devons nous adapter à la digitalisation des outils et aux nouvelles méthodes de travail comme le BIM, mais sans jamais oublier cette dimension humaine très forte."

La défense de la profession vous amène à alerter sur certaines formes de concurrence déloyale. Qu'en est-il exactement ?

"La concurrence du secteur public est une vraie difficulté. Localement, nous sommes confrontés à la concurrence des structures publiques et parapubliques. Face à ces mastodontes, le jeu est souvent faussé avec un rapport de force inégal, même si nous avons nos propres atouts à faire valoir comme notre agilité et notre créativité. Il s'agit d'une forme de concurrence déloyale.

La directive européenne "In house", qui permet de s'affranchir des règles de mise en concurrence prévues pour les marchés publics, est également préjudiciable à nos activités. Nous devons rester vigilants sur ces sujets."

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