AccueilActualitésJean-Luc Raunicher (Medef Aura) : « La crise doit nourrir de grandes réflexions »

Jean-Luc Raunicher (Medef Aura) : « La crise doit nourrir de grandes réflexions »

Au terme de deux mois de confinement, les entreprises redémarrent leurs exploitations et outils productifs. Un double enjeu souligné par le président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes, d'autant plus conséquent que certaines filières ont été durement touchées.
Jean-Luc Raunicher (Medef Aura) : « La crise doit nourrir de grandes réflexions »
© Denis Fabien Corlin - Jean-Luc Raunicher, président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes

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Quelles ont été les missions principales du Medef durant le confinement ?

Au cours des dernières semaines, le Medef Auvergne-Rhône-Alpes a été pleinement mobilisé avec ses équipes, les 12 Medef territoriaux et l'ensemble de ses branches professionnelles. Nous avons réuni notre comité exécutif chaque semaine en visio-conférence avec, à chaque fois, l'objectif de coordonner nos actions au bénéfice des entreprises et d'apporter des réponses concrètes aux problématiques rencontrées. A cette occasion nous avons reçu Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le préfet de région Pascal Mailhos, ou encore le Général Philippe Guimbert, commandant de gendarmerie.

Par ailleurs, nous avons complètement redéfini nos actions d'accompagnement des entreprises afin de pouvoir leur proposer des programmes « flash », gratuits, pour leur financement, leur capital humain…

Comment les dirigeants ont-ils réagi pendant la crise ?

Après une phase de sidération, les chefs d'entreprise ont dû s'adapter, en plaçant la protection de leurs salariés comme priorité numéro une, ce qui a conduit à la mise en place massive du télétravail, à la fermeture temporaire des usines, à l'arrêt des chantiers... faute d'équipements de protection individuels. Ces derniers jours, l'urgence a été de redémarrer rapidement, dans un environnement de travail sécurisé pour tous.

Une agilité naturelle des entreprises à s'adapter en toutes circonstances ?

L'agilité est le propre de l'entreprise. Cette crise singulière a permis de constater cette caractéristique, tant dans les petites que les grandes organisations. De nombreuses entreprises ont notamment réorienté leur outil de production pour fabriquer des masques ou du gel, dans le textile et la chimie par exemple.

Geoffroy Roux de Bézieux a déclaré que « tout le monde doit faire des efforts ». Comment analysez-vous ces propos ?

Il faut y voir en priorité, je pense, un appel à soutenir durablement les entreprises via le PGE, les reports de charges et les mesures renforcées de chômage partiel. De ce point de vue, la réponse semble à la hauteur des enjeux. Je tiens aussi à souligner l'action de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de son président Laurent Wauquiez, qui a déployé un plan d'aide aux entreprises de 700 M€, soit le plus ambitieux en France.

Quels sont les enjeux liés au déconfinement ?

Le défi est double. Il faut d'abord remettre la machine économique en marche sur l'ensemble de la chaîne de valeur : fournisseurs, logistique, clients… Ensuite, il faut accompagner toutes les entreprises dans cette étape (elles sont toutes touchées) et mettre en place des dispositifs exceptionnels pour les filières les plus impactées.

Ce que nous demandons, c'est d'abord l'allongement de la durée de remboursement des prêts garantis par l'Etat, dont l'amortissement, après une année de franchise, est prévu sur cinq ans maximum. Ce n'est pas suffisant pour garantir la capacité d'investissement et d'emprunt des entreprises pour leur transformation, qui est vitale. Idem pour les différés de paiement à six mois : un allongement entre 18 et 24 mois est nécessaire. Il faut enfin que le dispositif exceptionnel de chômage partiel soit prolongé au-delà du 31 mai, et au minimum jusqu'à fin 2020.

Peut-on s'attendre à une accélération de la régionalisation de l'économie française au vu des réussites locales ?

La crise du Covid-19 doit nourrir de grandes réflexions sur l'indispensable réindustrialisation de la France. Une réindustrialisation qui doit se faire à partir des territoires (et pas uniquement dans nos métropoles), qui ont montré leur grande capacité d'adaptation et de résilience. Nombre d'actions étaient déjà entreprises pour développer les circuits courts, l'économie circulaire, le développement durable… Il faut aller plus loin. On peut espérer que cette crise aura au moins le mérite de réveiller les consciences !

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