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L'avenir se dessine pour la cuivrerie de Cerdon

L'avant-projet vient d'être arrêté. Le site historique, industriel et touristique reprendra vie au printemps 2022 au terme de deux ans de travaux. Premier coup de pioche à la fin de l'année.
L'avenir se dessine pour la cuivrerie de Cerdon

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Les étapes se succèdent et s'accélèrent pour l'ancienne cuivrerie de Cerdon, tombée dans le giron du Département de l'Ain en 2018, presque dix ans après sa fermeture. L'une des plus importantes vient d'être franchie.

L'avant-projet détaillé de la scénographie et des travaux a été arrêté sous la houlette de Damien Abad, président d'Aintourisme, député et conseiller départemental du canton de Pont-d'Ain. « Nous entrons dans la phase concrète du projet, explique-t-il. Le chantier va pouvoir débuter dès que possible. Il prendra environ deux ans. L'objectif à tenir est énorme : l'ouverture au public au printemps 2022 avec accès PMR par des ascenseurs, des rampes… et un travail considérable de rénovation des objets comme les alambics, les sulfateuses, etc. ».

Pour redonner au site sa splendeur d'antan, le Département et Aintourisme ont missionné Maskarade (Montreuil, 93) pour la scénographie et le cabinet Croisée d'Archi de Saint-Chamond (42), spécialiste de la conservation, la restauration et la réhabilitation du patrimoine et des Monuments historiques, pour l'architecture.

Le projet valorisera l'histoire de la cuivrerie de Cerdon à travers un parcours-spectacle et des procédés scénographiques innovants. Le concept muséographique prévoit une visite immersive au sein de la cuivrerie en activité, à différentes époques, via des dispositifs de réalité augmentée, la restitution de décors et divers procédés audiovisuels.

L'histoire de Cerdon sera racontée dans le premier bâtiment / © Cabinet Croisée d'Archi

Le bâtiment d'accueil reconstruit

Les premiers coups de pioche seront donnés d'ici la fin de l'année pour démolir l'ancien bâtiment d'accueil. « On en reconstruira tout de suite un neuf, assure Damien Abad. Avec une boutique, une salle polyvalente pour des événements et un atelier de démonstration mettant en avant la fabrication ».

Les visiteurs emprunteront ensuite une passerelle pour pénétrer dans l'âme de la cuivrerie. Ils découvriront dans cette salle l'histoire de la commune, les événements marquants, les bons et les moins bons. La deuxième étape les conduira dans l'ancien moulin qui abritera la salle japonaise et fera le lien avec les soieries Bonnet, un autre musée du Département situé à Jujurieux, non loin de là. « Des animations sont prévues, dont des projections sur la filature et la relation entre Cerdon et le Pays du soleil levant. On fera aussi référence au musée des Tissus de Lyon », ajoute le président d'Aintourisme.

La présence japonaise à ce moment de la visite pourra légitimement interroger… « Au moment de la Révolution industrielle, tout a changé pour Cerdon », explique Damien Abad. En 1836, deux entrepreneurs venus de Nantua installent leur cuivrerie au village. L'un d'eux est Charles-Eugène Main. Une vraie dynastie va voir le jour. Main & Fils, créée en 1852, durera plus d'un siècle. L'entreprise se développe et s'ouvre à l'international en réalisant les 300 tables de filature commandées par l'ingénieur français Paul Brunat au profit du Japon, où il est installé depuis 1866. « C'est ce qu'on appelle l'aventure Tomioka, qui voit un jeune ouvrier cerdonnais de 27 ans, Jules Chatron, s'en aller installer les tables à filer » précise le député de l'Ain.

Dans la salle du moulin, les relations entre la cuivrerie et le Japon / © Cabinet Croisée d'Archi

Jusqu'à la fin des Trente Glorieuses

Dans la troisième salle, on pourra admirer la première machine de la cuivrerie, une presse mécanique datée de 1870 et sa roue à aube de 1877. Le quatrième bâtiment passe d'ores et déjà pour le cœur de la visite. On entrera dans l'univers des 300 ouvriers qui ont travaillé là pendant les 121 ans d'activité de l'usine. L'immersion sera totale, à grand renfort de lunettes 3D. « On expliquera ce qu'était la forge, l'évolution des techniques, prévient Damien Abad. Les gens verront le soufflet d'origine. 1875, c'était l'époque du chemin de fer, qui reliait les villes importantes entre elles : Lyon, Nantua, Genève. Cerdon était alors à son apogée commerciale et démographique avec 1 583 habitants, dont les cinquante employés de la cuivrerie ».

La cuivrerie de Cerdon est connue dans le monde entier, partout où elle a essaimé / © Cabinet Croisée d'Archi

Dans le bâtiment cinq, deux des trois roues à aube tourneront en permanence. « On sera dans le vivant. C'est la force du projet ! Ce sera pareil dans l'atelier de repoussoir. Là encore, tout fonctionnera, même les tours à repousser, insiste l'élu. Il sera aussi question de Cerdon pendant la Première Guerre mondiale. Elle a fait mal à la commune, et donc à la cuivrerie ».

Dans le très vaste bâtiment six, le public appréciera les martinets de la presse américaine en activité. Des ateliers et des démonstrations leur seront proposés, avant une halte devant l'histoire de la famille Main de 1920 à 1970. On pourra même décabosser des casseroles avec les outils de l'époque ! Il sera aussi question du deuxième conflit mondial, de la reconstruction et des années de croissance historique dont profitera l'entreprise jusqu'au début des années 1970.

La dernière étape emmènera le visiteur à travers le monde, partout où la cuivrerie de Cerdon a fait parler d'elle. La fin du parcours sera consacrée à Maurice Goy, le dernier propriétaire de la cuivrerie, celui qui a sauvé le site en convainquant le conseil départemental de s'y intéresser de très près. Un espace racontera son combat et rappellera que cuivrerie et gastronomie ont longtemps fait bon ménage.

S'intégrer dans le territoire

Selon Damien Abad, le projet de rénovation de la cuivrerie de Cerdon participe à la valorisation du territoire, à l'embellissement de la commune bugiste connue pour la qualité de ses vins rosés pétillants. « Les extérieurs de la cuivrerie seront également repensés, ajoute le président d'Aintourisme, avec la création d'un cheminement doux et écologique que nous préparons en lien avec le CAUE. Tout cela s'inscrit dans le projet de territoire de la communauté de communes Rives de l'Ain-Pays de Cerdon, qui vise à mettre en réseau la cuivrerie, le musée des soieries Bonnet, à Jujurieux, et l'Île Chambod sur la rivière d'Ain ».

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