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La CERC, un outil stratégique au service de la construction

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La CERC, un outil stratégique au service de la construction
Pierre Berger, nouveau président de la CERC Aura

Née dans les années 70, la Cellule économique régionale de la construction (CERC) est devenue au fil des années un outil indispensable pour suivre l'activité des métiers de la construction et le contexte dans lequel ils sont amenés à évoluer. Pour Pierre Berger, son nouveau président en Auvergne-Rhône-Alpes, c'est également une excellente base de travail lorsqu'il s'agit de rappeler les collectivités à leurs obligations.

Déjà administrateur de la Cellule économique régionale de la construction, au titre de la Fédération régionale des travaux publics Auvergne-Rhône-Alpes, Pierre Berger a été porté à sa tête au mois de juillet dernier, avec un mandat de trois ans.

Le dirigeant du Groupe PRS, spécialisé dans l'enfouissement de réseaux secs et humides, suit depuis plus de 10 ans les actions de la CERC et ne tarit pas d'éloges sur le travail réalisé par les équipes placées sous l'autorité de la directrice générale Laurence Herbeaux. Une dizaine de personnes qui produisent chaque semaine des notes et études détaillées sur tous les sujets en rapport avec les filières de la construction, bâtiment et travaux publics.

"Vital d'avoir à notre disposition des chiffres fiables"

"Dans ces périodes difficiles que nous vivons depuis le début des années 2010, tout d'abord en raison de la crise économique et maintenant avec la crise sanitaire, il est vital d'avoir à notre disposition des chiffres fiables", affirme le président Berger. Des éléments tangibles, directement issus de la réalité du terrain, qui permettent selon lui de sortir des traditionnels discours politiquement corrects ou des analyses anxiogènes.

"Grâce à cet organisme, qui réunit les professions du BTP, mais également l'État, par le biais de la DREAL, les collectivités par le biais du conseil régional, et finalement tout l'environnement et tous les acteurs de la construction avec les chambres de commerce, nous avons des chiffres connus de tous et validés par tout le monde, puisqu'ils ne sont pas biaisés par les intérêts des uns ou des autres", ajoute-t-il.

Des études réalisées au plus près du terrain

Pour le nouveau président de la CERC Auvergne-Rhône-Alpes, le caractère indiscutable de ces chiffres prend toute son importance aujourd'hui, à l'heure où la commande publique est au plus bas et met en danger la santé financière des entreprises. "Les travaux de la CERC donnent de la crédibilité à notre discours et nous offrent de véritables arguments pour défendre les intérêts de la profession", confirme-t-il.

En premier lieu, parce qu'ils correspondent à une réalité aléatoire, en présentant des résultats qui tiennent compte des disparités entre les territoires, que ce soit au niveau des régions ou au sein même de chacune de ces régions.

"Selon les chiffres produits par la CERC en 2020, sur les neuf premiers mois de l'année, nous enregistrons une chute de plus de 40 % des appels d'offres dans les métiers des travaux publics en Auvergne-Rhône-Alpes. Ce qui fait de notre région, avec l'Alsace, celle qui a le plus de retard par rapport à l'année dernière, puisque dans l'ensemble de l'Hexagone la moyenne est plutôt de l'ordre de - 30 à - 35 %", poursuit Pierre Berger.

Par ailleurs, dans une région comme Auvergne-Rhône-Alpes, ce niveau de détail ramené à chaque territoire prend tout son sens. Car, comme le souligne le nouveau président de la CERC, le contexte auquel doivent faire face les entreprises et les problématiques qu'elles doivent appréhender ont peu de similitudes selon qu'elles sont installées dans le Cantal, en Ardèche ou dans le Rhône, par exemple.

Des éléments de discours incontestables

Au-delà de cette dimension territoriale qui est au cœur du dispositif, les études de la CERC représentent un outil qui informe les entreprises des filières de la construction sur la santé de leurs clients. Chaque année, les équipes de la direction régionale produisent une étude très précise sur la santé financière des collectivités. Elles donnent, là encore, des arguments incontestables aux entreprises et à leurs représentants.

"C'est quelque chose que j'avais demandé et fait mettre en place au niveau de la Fédération Auvergne, indique Pierre Berger. Naturellement, nous avons relayé cette action au moment de la fusion des deux régions, et cette étude a été mise en place au niveau de la CERC Auvergne-Rhône-Alpes. Car les collectivités sont nos principaux clients et doivent prendre conscience de la situation réelle dans laquelle se trouvent nos entreprises. Elles ont tendance à nous expliquer qu'elles sont étranglées, mais quand on regarde la réalité des chiffres, on constate qu'au cours de ces 10 dernières années, leur santé financière et leur niveau d'endettement se sont singulièrement améliorés."

Pour Pierre Berger, les capacités d'investissement des collectivités et leurs facultés de remboursement ont bel et bien progressé ces dernières années, pendant que la trésorerie des entreprises plongeait. "Les chiffres présentés par la CERC sont incontestables", répète-t-il.

L'appel aux collectivités

Dans ces conditions, il semblerait normal, à ses yeux, de lancer un certain nombre de chantiers sans mettre pour autant en danger l'équilibre financier de ces collectivités. "Et je ne parle pas de grands travaux de création d'infrastructures, fait-il remarquer avec force. Que les collectivités commencent par se pencher sur le renouvellement des canalisations, sur l'entretien des ponts, qui sont des travaux essentiels pour entretenir notre patrimoine, et nous serons déjà satisfaits."

Ce discours, Pierre Berger le tenait déjà en tant que président de la Fédération régionale des travaux publics Auvergne-Rhône-Alpes. Mais aujourd'hui, avec cette nouvelle casquette de président de la CERC, il espère être mieux entendu. "Les collectivités et l'État sont partie prenante de la CERC ; elles ne peuvent donc pas m'accuser d'avoir un discours partial." Les chiffres sont fiables et la voie est tracée. Il ne manque plus, maintenant, que la volonté politique.

Un suivi exhaustif de l'activité de la construction

« Notre production d'études assure un suivi économique hebdomadaire de l'activité de la filière construction, bâtiment, TP et matériaux de construction. On ne se contente pas de récupérer de la donnée ; nous faisons de l'analyse. Notre production est donc très concrète et prend la forme d'une aide à la décision opérationnelle pour nos partenaires », explique Laurence Herbeaux, directrice générale de la CERC Auvergne-Rhône-Alpes.

Ainsi, chaque semaine depuis le début de la crise Covid, le CERC a publié une étude intitulée « Suivi de la relance de l'économie de la filière construction ». Dans ce document, le CERC recense, entre autres, le niveau d'ouverture des chantiers et/ou des entreprises, le niveau d'activité, le niveau d'emploi, le niveau d'approvisionnement des chantiers, les perspectives sur la construction de logements neufs, en matière de commande publique, en matière de commande privée, les freins et leviers à la relance…

En dehors de cette étude conjoncturelle, la CERC décline le suivi exhaustif de l'activité de la construction au sein de six grandes catégories : conjoncture et activité économique, commande publique, transition énergétique et bâtiment durable, travaux publics durables et infrastructures, économie circulaire, emploi et formation. Il va du suivi de la conjoncture, avec les indices classiques, jusqu'au suivi de certains sujets très précis, comme par exemple la gestion des déchets, en passant par l'investissement des collectivités locales, la rénovation énergétique…

« Dans tous les cas, nos chiffres sont issus d'enquêtes réalisées sur le terrain. Soit auprès des maîtres d'ouvrage, lorsqu'il s'agit de cerner les tendances d'investissement des collectivités locales, soit auprès des entreprises pour le suivi de leur activité. Enfin, nous avons passé des accords avec des fournisseurs de données », précise Laurence Herbeaux.




Jacques DONNAY
Journaliste

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