AccueilActualitésLa construction hors site : "Une réduction de l’empreinte carbone de 45 %"

La construction hors site : "Une réduction de l’empreinte carbone de 45 %"

Souvent citée comme une des solutions les plus efficaces pour tendre vers une décarbonation de la construction, le hors site peine encore à décoller en France. Les explications de Pascal Chazal fondateur du groupe Hors-site.
Pour former la main d’œuvre, un campus du hors site a ouvert à Dardilly
DR - Pour former la main d’œuvre, un campus du hors site a ouvert à Dardilly

Actualités Publié le ,

Concrètement, qu’appelle-t-on construction hors-site ?

Le hors-site consiste à déplacer des heures de travail du chantier à une usine ou un atelier, en y fabriquant des éléments de bâtiment, avec une vraie production industrielle. Pourquoi on le fait ? Pour renforcer la productivité. En hors-site, en moyenne, un ouvrier apporte de la valeur ajoutée 70 % de son temps. Sur un chantier, ce chiffre tombe à 20 %. Et ça ne va pas en s’améliorant puisque la productivité se dégrade d’année en année dans le bâtiment. Le hors-site permet aussi d’améliorer la qualité, les conditions de travail, le coût de production… Et l’impact carbone.

"Aller vers une vraie industrialisation, et pas uniquement de la préfabrication"

Pascal Chazal, fondateur du groupe Hors-site

Justement, comment, avec le hors-site, peut-on réduire l’impact carbone ?

Premier point, avec le hors-site, on travaille en général avec des éléments à sec, comme le bois ou l’acier. Des ressources renouvelables et recyclables. Deuxième point, on travaille sur l’optimisation de la matière. On limite le côté surdimensionné que l’on retrouve parfois sur les chantiers. Ensuite, en usine, il n’y a pas de gaspillage. Les déchets de produits neufs que l’on retrouve dans les bennes de chantier représente une somme de 1,5 Md€ perdue chaque année. C’est énorme. Alors que dans une usine, on peut mettre en place du recyclage.

Le hors-site permet de diviser le nombre de transports par cinq"

Autre impact positif, le hors-site permet d’éviter les déplacements d’une quantité phénoménale de camionnettes ou d’engins de chantier. Sur certains chantiers, en Angleterre, on a pu prouver que le hors-site permettait de diviser le nombre de transports par cinq. Au final, si on prend en compte tous ces avantages, on peut estimer que la réduction de l’empreinte carbone est de l’ordre de 45 %. C’est gigantesque. Avec du béton bas carbone, ça n’est que quelques pourcents.

"Il y a une demande de plus en plus forte des acteurs de l’immobilier"

Où en est-on en France du développement du hors-site ?

Il y a une demande de plus en plus forte des acteurs de l’immobilier. La raison, c’est que ça devient de plus en plus difficile pour eux de construire sur chantier. Entre le manque de main d’œuvre, les nuisances qui sont de moins en moins acceptées… C’est chaque jour plus compliqué. Et, même si c’est encore balbutiant, il y a des acteurs toujours plus nombreux qui sont, aujourd’hui, capables de proposer du hors-site

Maintenant, pour que ça marche et que ça soit efficace, il faut qu’on aille vers une vraie industrialisation, et pas uniquement de la préfabrication. C’est un changement de paradigme. Dans certains pays, c’est très bien intégré. En Suède, c’est 20 % de part de marché actuellement. Ce qui a permis de baisser le coût du logement abordable de 25 %. Mais en France, ça prend un peu plus de temps.

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 01 décembre 2022

Journal du01 décembre 2022

Journal du 24 novembre 2022

Journal du24 novembre 2022

Journal du 17 novembre 2022

Journal du17 novembre 2022

Journal du 10 novembre 2022

Journal du10 novembre 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?