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La géothermie veut faire son trou

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La géothermie veut faire son trou
DR - Le centre nautique Laure Manaudou à Bourg-en-Bresse est équipé d'une installation de géothermie sur nappe.

Une journée dédiée à la géothermie de surface, organisée à Lyon par l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), a permis de sensibiliser les bureaux d'études, les énergéticiens ou encore les maîtres d'ouvrage au potentiel de cette énergie performante et durable.

« D'ici 2028, il faudra pouvoir couvrir 40 % des besoins de chaleur grâce aux énergies renouvelables. Dans ce contexte, la géothermie dispose d'un fort potentiel de développement. L'ambition est de doubler, voire de tripler les mégawattheures produits grâce à la géothermie », expose Astrid Cardona Maestro, ingénieure Fonds chaleur géothermie à l'Ademe.

Pour inciter au lancement de nouveaux projets, les objectifs majeurs de la journée de sensibilisation étaient de souligner les performances énergétiques et économiques de la géothermie, mais aussi de faire connaître les dispositifs d'accompagnement et les outils techniques et financiers à disposition.

70 projets accompagnés en Aura

Depuis 2009, l'État a mis en place le Fonds chaleur pour développer la production de chaleur renouvelable, notamment issue de la géothermie. Ce dispositif, géré par l'Ademe, a engagé 2 Md€ pour financer 4 800 installations d'énergies renouvelables au niveau national, dont 572 installations de géothermie subventionnées à hauteur de 163 M€.

Dans la région, le Fonds chaleur a bénéficié à 70 projets de géothermie pour un montant de 8 M€. « Le dispositif a été renforcé avec un budget de 350 M€ en 2020 et 2021, inscrit dans la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) », ajoute Hakim Hamadou, ingénieur expert à l'Ademe Auvergne-Rhône-Alpes.

Cet outil permet de financer les investissements pour l'installation, mais également les études. Car tous les professionnels s'accordent sur l'importance de bien préparer le projet pour dimensionner correctement l'équipement et atteindre les performances visées.

Une opération à Dardilly

Un recensement des installations de géothermie de surface utilisant une pompe à chaleur sur eau de nappe souterraine, eaux usées ou champ de sondes a été réalisé en Auvergne-Rhône-Alpes. Ainsi, l'Ademe a dénombré 819 installations de géothermie, dont 133 installations sur un champ de sondes, 3 installations sur eaux usées et 683 installations sur nappes aquifères. Ces installations de géothermie concernent d'abord des bâtiments tertiaires, puis des équipements publics et, enfin, des logements collectifs. « La marge de progression est importante », affirme Hakim Hamadou.

À Dardilly, le projet de l'entreprise KTR fait figure d'exemple. Pour la rénovation de son siège, l'industriel a mis en place une pompe à chaleur réversible sur sondes géothermiques verticales pour assurer le chauffage et le rafraîchissement de ses locaux. Des panneaux solaires hybrides et des panneaux solaires photovoltaïques simples ont également été posés. L'aide de l'Ademe, pour cette opération, s'est élevée à 20 800 €, soit 30 % du coût total.

Un réseau de chaud et de froid avec les eaux du lac d'Annecy

Sur les rives du lac d'Annecy, en Haute-Savoie, l'ancien terrain de l'hôpital va accueillir un projet d'aménagement porté par le Crédit Agricole Immobilier. Le programme prévoit la construction de plus de 55 000 m2 : essentiellement des logements, ainsi qu'un hôtel.

Pour ce projet, le groupe Idex a proposé d'installer une solution de géothermie en utilisant l'eau du lac, tout proche, pour chauffer et refroidir les bâtiments du programme ainsi que la piscine existante. Les travaux, qui viennent de démarrer et qui dureront deux ans, vont permettre d'aller pomper l'eau à 30 mètres de profondeur, à une température constante de 6-7°C, grâce à une conduite de 260 mètres dans le lac.

En hiver, l'eau sera transférée dans des échangeurs puisant les calories avec des pompes à chaleur, puis renvoyée au lac à 3°C. En été, l'eau sera utilisée pour la production de froid avec un système de freecooling, puis restituée au lac à 12-15°C. Grâce à cette boucle d'eau, les besoins des bâtiments seront couverts à 95 % pour le chaud et à 100 % pour le froid.

Ce projet représente un investissement de 5,7 M€, dont près de 1,7 M€ sont financés grâce à une aide de l'Ademe.




Séverine RENARD
Journaliste

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