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Interview / Isabelle Bonnet (Eiffage) : “Le 100 % sécurité n'est pas discutable”

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Interview / Isabelle Bonnet (Eiffage) : “Le 100 % sécurité n'est pas discutable”
DR - Isabelle Bonnet est responsable prévention sécurité chez Eiffage Route région Centre Est.

Isabelle Bonnet est responsable prévention sécurité chez Eiffage Route région Centre Est, une entité de 1925 salariés. A la tête d'un service de dix préventeurs et animateurs QSE (qualité sécurité environnement), elle coordonne et assiste les équipes sur les questions de sécurité. Interview.

Quels sont vos interlocuteurs au sein de Eiffage Route en Centre-Est ?

Mes interlocuteurs sont tous les salariés et intervenants dans l'entreprise. A commencer par l'équipe prévention, dont je coordonne les actions. Elle est composée d'animateurs QSE et de préventeurs. Nous travaillons avec les directeurs, les chefs d'agence, le personnel d'encadrement des chantiers, ainsi que les autres acteurs quel que soit le service dans lequel ils évoluent : matériel, achat, RH… Nous échangeons également avec les représentants du personnel. Plus largement, l'ensemble des compagnons, ouvriers et chefs de chantier, qui sont formés et sensibilisés par nos soins.

La prévention intervient à tous les niveaux, mais nous échangeons en particulier avec la direction et l'encadrement pour que la politique de sécurité soit impulsée par le management. L'équipe prévention est une fonction support qui a un rôle de conseil et parfois de garde-fou, quels que soient le poste et le site concernés : chantier, site industriel, bureau, etc.

Quelle est la politique de sécurité d'Eiffage Route ?

Notre politique s'appuie sur le respect à 100 % des consignes de sécurité pour atteindre le 0 risque. Nous sensibilisons en permanence nos salariés sur le sujet. Aujourd'hui, chaque nouvel entrant reçoit une formation sur les consignes de sécurité générale. On constate que, souvent, les accidents émanent de « mauvais choix ». Lorsque l'on réalise une analyse post-accident, le salarié connaît la consigne et on se rend compte qu'il a fait le « mauvais choix » : il sait ce qu'il aurait dû faire pour éviter l'accident en question. Par exemple, lorsqu'il effectue une découpe à la disqueuse sur un chantier, le choix de la sécurité est de vérifier le disque avant toute intervention. Lorsque le téléphone sonne au volant d'un engin, le choix de la sécurité, c'est bien sûr de s'arrêter pour répondre, et non de décrocher en conduisant.

Mais pour que le salarié fasse les bons choix de la sécurité, il faut qu'il sache ce que l'employeur attend de lui. Il est important de lui donner des consignes claires sur la conduite à tenir dans telle ou telle situation, qu'il comprenne qu'un « mauvais choix » peut être lourd de conséquences pour lui (accident, blessure, etc.) et que son employeur peut le recadrer, voire le sanctionner, pour des manquements en termes de sécurité. Il faut qu'il sache que le choix du 100 % sécurité n'est pas discutable.

Quels sont les principaux risques que vous devez gérer ?

Le principal risque que l'on souhaite éviter c'est, bien sûr, l'accident, la blessure. Les accidents les plus fréquents sont ceux liés à la manipulation d'outils manuels (masse, tournevis, etc.) ou une chute de plain-pied. Mais celui que l'on craint le plus, c'est le heurt engin-piéton, car il peut être fatal, ou l'accident de la circulation, car il peut toucher plusieurs salariés dans un même fourgon.

Quels sont les enjeux en matière de sécurité pour Eiffage Route en Centre-Est ?

Le premier enjeu, c'est de détecter toutes les causes potentielles d'accident, afin de mettre en place des actions en amont. Le pire, lorsqu'un accident se produit, c'est d'entendre “cela m'était déjà arrivé”.

Le second enjeu, c'est la vigilance partagée. Cette pratique consiste à veiller sur la sécurité de ses collaborateurs et les protéger des risques éventuels. Souvent, les collègues voient le danger auquel s'expose un compagnon, mais ils n'osent pas toujours lui dire. Il faut ôter les tabous à ce sujet, se rendre compte que la vigilance partagée concerne tout le monde, quel que soit son niveau hiérarchique.

Aussi, en juin, nous lançons le “mois de la sécurité”. Nous partons à la chasse aux risques ! Chaque année, il s'agit d'inculquer aux compagnons cette culture de détection des risques, d'échanger, d'ouvrir la discussion.

Dans quelle mesure avez-vous intégré le risque Covid ?

Il a fallu réorganiser la vie de l'entreprise, afin de poursuivre notre activité tout en préservant la santé de nos salariés. Nous avons dû intégrer rapidement les protocoles qui évoluaient fréquemment : port du masque devenu systématique, règle de distanciation passant de un à deux mètres, mise en place de séparateurs dans les bungalows à l'heure des repas… Nous avons connu une forte mobilisation au départ. Pour éviter tout relâchement, nous avons sans cesse renouvelé la sensibilisation de chacun aux gestes barrières. Nos points de vigilance : les regroupements lors des pauses repas et cafés. Aujourd'hui, les gestes barrières sont devenus une routine, et nous n'allons rien lâcher !




Audrey DESFÈVE

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