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Le lambrequin, un marché de niche pour sauver Deltec

Depuis 2012, Thierry Delolme dessine et fabrique des lambrequins en aluminium pour cacher les caissons des volets roulants. Un marché de niche destiné à redresser la société Deltec, jusque-là spécialisée en tôlerie industrielle.
Le lambrequin, un marché de niche pour sauver Deltec
© Laurie Joanou - Thierry Delolme dessine et fabrique des lambrequins en aluminium destinés à cacher les caissons des volets roulants

Loire Publié le ,

À Saint-Étienne, l'entrepôt de 11 000 m2 localisé dans la zone d'activité de Montmartre fait bonne figure. Le site internet de la marque Lambrequin & Patrimoine en jette, lui aussi. « Les gens s'imaginent que Deltec est une grosse entreprise, mais ils ne se doutent pas que nous ne sommes que deux à la faire tourner ! », plaisante le fondateur et gérant Thierry Delolme. Il a créé Deltec en 2003. Une entreprise d'abord orientée vers la tôlerie industrielle, qui s'est ensuite spécialisée dans la fabrication d'accessoires de toiture. Un virage pris en 2012, lorsque l'un de ses plus gros clients le quitte soudainement : « Notre chiffre d'affaires a chuté de 50 %. J'ai dû licencier l'un des deux employés et me creuser la tête pour trouver une solution ».

Le sous-traitant en accessoires de toiture, solins, bandes façonnées, abergements de cheminées se retrouve tout petit face à une industrie qu'il n'a pas les moyens de concurrencer. Avec ses poinçonneuses et piqueuses pour le cuivre ou l'aluminium, Deltec conserve des clients comme Schneider et Alstom, mais n'a pas les moyens d'investir davantage. « Il était alors question de trouver un produit propre à l'entreprise, avec des marges intéressantes, que l'on pouvait fabriquer avec nos machines », confie cet ingénieur de formation. Fondu de dessin, il croque les ébauches d'un nouveau produit à forte valeur ajoutée : le lambrequin. « C'est une tôle d'aluminium, poinçonnée et pliée sur-mesure, qui vient cacher les boîtes disgracieuses des volets roulants. On peut aussi en fabriquer pour dissimuler les bandes de rives d'une maison », résume Thierry Delolme, qui crée lui-même les motifs de ses lambrequins.

Désormais, cet accessoire made in Saint-Étienne est notamment vendu dans les 115 boutiques Monsieur stores de France. Mais Deltec ne dispose pas de commercial pour étendre la promotion de son produit de niche. Le gérant développe : « Je n'en ai pas les moyens. Alors je distribue mes plaquettes dans les mairies. En 2019, Lambrequin & Patrimoine devrait atteindre les 50 000 € de chiffre d'affaires. Nous aurons passé un cap. J'étudie des possibilités de partenariats pour pouvoir disposer des services d'un commercial ». Avec un chiffre d'affaires de 297 000 € en 2017, dont 39 000 € pour Lambrequin & Patrimoine, la structure ne peut assumer ces frais supplémentaires. Car si la fabrication de lambrequins est en expansion, la tôlerie reste instable. « Nous n'avons pas de marché fixe et une visibilité d'à peine une semaine. Mais nous en avons l'habitude. Les trois premières années, on ne dort pas. Au bout de quinze ans, on s'adapte ! » Et le chef d'entreprise de relativiser : « On ne roule pas sur l'or, mais on est sur un équilibre de fonctionnement ».

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