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Le musée savoisien livre ses secrets avant sa totale rénovation

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Le musée savoisien livre ses secrets avant sa totale rénovation
c Agence Brunet

Les fouilles archéologiques préventives permettent une meilleure connaissance historique de l'ancien couvent du XIIIe siècle, puis de l'évêché du XVIIe ainsi que sur les modes de vie et d'alimentation au cours des siècles.

Il y a sept ans de cela, les lieux étaient passés des mains de la ville à celles du département. Juste retour des choses pour un musée imaginé en 1864 par le marquis Pantaléon Costa de Beauregard, premier président du conseil général, avant d'être installé, en 1913, dans l'ancien archevêché.

Un siècle plus tard, il a fait l'objet d'un projet scientifique et culturel d'envergure, l'idée étant d'en faire le véritable musée d'histoire et des cultures de Savoie. Pour en permettre la concrétisation, un important programme de rénovation du Musée savoisien s'est imposé, mobilisant 20 M€ de crédits départementaux et bénéficiant d'une aide de 7,5 M€ de l'État et de la Région.

En prévision du chantier, un diagnostic avait été réalisé par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), conduisant à la prescription de fouilles préventives, démarrées en décembre dernier par l'entreprise spécialisée Archéodunum qui les poursuit quelques semaines encore. L'objectif est de mieux connaître l'histoire de l'ancien couvent à l'origine des lieux, ayant subi, depuis sa création au XIIIe siècle, de nombreuses modifications et dont les archives avaient brûlé dans l'incendie du Château des ducs de Savoie en 1798.

Déjà, lors des précédentes rénovations (dans les années 1970- 1980), des vestiges avaient été découverts, mais il s'agissait essentiellement d'éléments bâtis ponctuels. Les fouilles actuelles devraient être plus riches d'enseignements sur le couvent, son développement et l'impact de sa réorganisation au XVIIe, ainsi que le mode de vie des moines franciscains.

Dans l'ancienne salle capitulaire un grand nombre de sépultures (dont trois caveaux) ont été exhumées. Les archéologues ont également retrouvé le niveau de sol du premier bâtiment ainsi qu'une couche très importante d'argile permettant d'assurer sa stabilité et son étanchéité. L'étude archéologique des élévations a révélé de nombreuses transformations et réemplois d'éléments médiévaux dans des murs de périodes ultérieures, ce que l'on appellerait de nos jours une opération de recyclage.

Les fouilles donnent aussi une idée de la façon dont s'est opérée l'installation de l'évêché à la fin du XVIIIe. Les traces d'une cheminée, des restes alimentaires, les vestiges d'un vaste potager (ancêtre du poêle pour cuisiner) ou encore des restes de céramiques donnant une idée de ce furent les cuisines et sur la nature de l'alimentation de l'époque. Autant d'éléments qui pourront enrichir la présentation du bâtiment dans le futur parcours de visite du musée. Le projet du futur musée À l'issue des fouilles ainsi que des opérations de désamiantage du bâtiment qui ont été parallèlement réalisées, le véritable chantier de rénovation va pouvoir démarrer ce printemps.

Au programme l'installation de deux ascenseurs rendant accessibles tous les espaces, la démolition de murs existants pour reconfigurer les lieux, l'ouverture de portes, la mise en valeur d'éléments historiques remarquables, et la mise aux normes complète du bâtiment (électricité, sécurité incendie, mesures antisismiques, sanitaires, accessibilité, etc.). Les quelque 4 000 m2 du bâtiment sont concernés par ces travaux qui créeront les conditions d'installation du nouveau parcours permanent dans lequel seront installés (à l'été 2020) les collections.

Lauréat du concours national, il y a trois ans, Pascal Brunet, architecte en chef des monuments historiques, s'est notamment entouré d'Adeline Rispal pour la scénographie, d'un bureau d'études suisse pour les fluides, et d'un éclairagiste allemand. L'équipe a déjà signé notamment la rénovation du château des ducs de Bretagne (musée de Nantes), la scénographie de l'exposition permanente du MUCEM à Marseille ou encore la mise en lumière des collections du musée de Bavière. A Chambéry, le parcours sera disposé en marguerite et non de façon linéaire, la muséographie privilégiant l'interactivité, la mise en espace des objets et les ambiances. Autre point fort, le recentrage de l'entrée principale, place Métropole, donnant accès aussi à la cathédrale, adjacente au cloître de l'ancienne abbaye, lui-même intégré au musée.

Un choix qui pour l'architecte a l'avantage de « recréer un lien » entre l'intra-muros de cité des ducs de Savoie, et l'extra-muros, où se situait jusqu'alors l'entrée, qui servira toujours de passage. L'idée est de faire du musée « une transition entre l'ancien et le contemporain », autant qu'un lieu d'animation et de rencontres au sein de l'espace urbain.




Bruno FOURNIER
Journaliste

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