AccueilActualitésLe plan de la FNTP pour décarboner les travaux publics présenté à Eybens

Le plan de la FNTP pour décarboner les travaux publics présenté à Eybens

A l'occasion du conseil d'administration de la FRTP Auvergne-Rhône-Alpes qui s'est déroulée à Eybens, le plan pour décarboner les travaux publics a été présenté.
Le plan de la FNTP pour décarboner les travaux publics présenté à Eybens

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"Quand on a démarré ce travail, on était inquiet de ce qu’on allait trouver. On avait préparé l’éloge funèbre pour dire les travaux publics, c’est fini. Finalement, la conclusion est totalement inverse et nous dit qu'il ne faut pas désespérer des travaux publics. En revanche, ceux qui ne veulent pas bouger sont condamnés à une mort certaine."

Ces propos sont signés Jean-Christophe Louvet, président de la commission développement durable de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP). Ce dernier, avec Xavier Neuschwander, président de la commission technique et innovation, était présent à Eybens, mercredi 1er juin. Tous deux sont intervenus en clôture du conseil d'administration de la Fédération Aura présidée par Pierre Berger. Ils ont présenté le plan pour parvenir à la neutralité carbone en 2050.

La FNTP liste 140 propositions pour décarboner

"Fin 2019, nous avons décidé de décarboner nos métiers, a expliqué Xavier Neuschwander. Nous avons confié à trois bureaux d’études la tâche de nous aider à mesurer nos émissions de carbone." Ainsi les émissions de gaz à effet de serre, liées aux activités des travaux publics pour construire des infrastructures, représentent 3,5 % des émissions au plan national.

"Nous émettons deux fois plus de carbone que notre part dans le PIB qui est estimée à environ 2 %." Dans ces 3,5%, les émissions liées aux fournitures (ciment, acier, bitume) représentent 65 % et les énergies (notamment les carburants) représentent 26 %.

Après avoir consulté 180 experts, la Fédération est arrivée à une liste de 140 solutions décarbonantes pour les entreprises qui devraient permettre d’atteindre les objectifs, à savoir -40% d’émissions en 2030 et neutralité carbone en 2050.

Parmi les solutions préconisées : en matière de béton, recourir à des liants décarbonés et à du granulat recyclé ce qui était interdit jusqu'à présent. En matière de carburants, travailler avec l'Etat pour flécher les énergies à privilégier par métier et permettre d'échelonner les investissements dans les véhicules afin de réduire au maximum le risque d'amortissement échoué.

Deux scénarios envisagés par la FNTP

Pour accompagner les pouvoirs publics à mener des politiques permettant de passer de 50 % (NDLR : part liée à l’utilisation des infrastructures construites par les TP) à zéro en 2050, la Fédération nationale des travaux publics, grâce à son étude, a défini deux scénarios. L’un, baptisé Protechnologie, s’appuie sur une croissance tendancielle des usages. Le second, Sobriété, est axé sur la modération de la demande.

Le scénario Sobriété nécessite d’investir dans les infrastructures 22 Md€ par an jusqu’en 2030. Le montant s'élève à 26,8 Md€ dans le scénario Protechnologie. En retour, ces investissements auront un impact économique fort : +1,3 point de PIB avec le scénario Protechnologie, +1,1 point de PIB avec Sobriété, la création de 400 000 emplois avec Protechnologie, 340 000 avec Sobriété.

Le scénario Sobriété implique une modération pilotée des usages"

Le scénario Protechnologie privilégie la décarbonation via l’innovation technologique. "Cela implique une croissance tendancielle des trafics, un développement des mobilités décarbonées", détaille Xavier Neuschwander qui ajoute que ce scénario préconise d'investir fortement dans le développement du ferroviaire, du tram, des infrastructures fluviales et maritimes et dans les installations de recharge électrique et hydrogène. Sans oublier un doublement du nombre actuel de pistes cyclables en France et un budget conséquent dans la maintenance des routes.

"Le scénario Sobriété implique une modération pilotée des usages : on cherche à modérer le trafic, à privilégier les courtes distances, à développer les dessertes régionales en train. Les sauts technologiques, notamment sur l’hydrogène, sont moins rapides." En revanche, ce scénario prévoit un "triplement des pistes cyclables, quasiment pas de nucléaire, un développement plus modéré de l’éolien et du solaire par rapport à l’autre scénario et, enfin, rester à la 5G en matière de data".

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