AccueilActualitésLes 32 h par semaine de Fabien Roussel : la CGT applaudit, la CPME n’en veut pas

Les 32 h par semaine de Fabien Roussel : la CGT applaudit, la CPME n’en veut pas

Un candidat, une proposition. Jusqu’au premier tour, le Journal du BTP décrypte chaque semaine une idée forte. Pour cette première, focus sur la proposition de Fabien Roussel, candidat (PCF), de passer à 32 h de travail par semaine.
Les 32 h par semaine de Fabien Roussel : la CGT applaudit, la CPME n’en veut pas
@Nicolas Cleuet

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"La question qui se pose est celle du rapport au travail et de pouvoir en vivre correctement." Cécile Cukierman, sénatrice (PCF) de la Loire est porte-parole au niveau Auvergne-Rhône-Alpes du candidat (PCF) à la présidentielle, Fabien Roussel.

Elle revient, pour nous, sur cette proposition importante : passer de 35 h à 32 h de travail par semaine tout en précisant qu’elle ne pourra intervenir qu’après une autre mesure phare à mettre en place dans les 100 premiers jours du mandat : "Réévaluer le Smic puis lancer les négociations entreprise par entreprise en faveur d’une nouvelle échelle des salaires qui redonne du sens au travail des salariés".

La semaine de 32 h de travail sans réduction de salaire serait ainsi imposée par la loi mais, précise la sénatrice, elle ne s’appliquerait pas de la même façon dans toutes les entreprises. "Le gouvernement devra impulser des négociations branche par branche dont les modalités seront définies par une loi cadre, avec, à la fin, un grand arbitrage du ministère du Travail."

La sénatrice ajoute que les entreprises pourront être accompagnées financièrement (subventions, prêts à taux zéro, etc. mais en aucun cas une diminution des charges salariales) par l’Etat et les Régions dans la mise en place de ces deux mesures et dans les investissements pour l’amélioration des conditions de travail.

Réduction des inégalités hommes-femmes

Interrogée sur le sujet, Agnès Naton, secrétaire générale du comité régional CGT Auvergne-Rhône-Alpes, salue cette initiative tout en rappelant que le syndicat la prône depuis au moins "une quinzaine d’années". Elle estime que cette mesure déjà en place dans certaines entreprises, comme sur le site de Bosch à Vénissieux, "depuis une vingtaine d’années", permettrait de réduire le chômage et la précarité et même de faciliter les recrutements en intégrant l’enjeu de la qualité du travail.

"On s’aperçoit que le rapport au travail s’est modifié avec une interrogation sur sa finalité et sur la notion de faire un travail de qualité. Pour cela, il faut arrêter les cadences infernales et réduire le temps de travail pour faire appel à l’intelligence humaine et permettre de concilier vie professionnelle et vie familiale."

Le Code du travail est trop épais"

Un point de vue que ne partage absolument pas Jérôme Lopez, président de la confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) en Isère et dirigeant de l’entreprise Parolai Stil’Eco (27 salariés) à Villard-Bonnot. "Passer à 32 h, c’est handicaper notre capacité à répondre au carnet de commandes. Cela tombe à une période où on est en pénurie de compétences, avec des difficultés de recrutement.En plus, cela alourdit le coût du travail qui est déjà très élevé en France. Si le passage de 39 h à 35 h avait été difficile à supporter pour les petites structures, passer à 32 h fait que l’on devra refuser des commandes. Les donneurs d’ordres s’adresseront ailleurs et si, en France, on est tous logés à la même enseigne, ils iront voir à l’étranger."

Ceci dit, Jérôme Lopez reconnaît qu’une nouvelle approche du travail est nécessaire. Il précise avoir mis en place dans son entreprise, des horaires aménagés pour son personnel de production. Mais au lieu de proposer une mesure législative qui s’imposerait à tous, il suggère de laisser la possibilité aux salariés de négocier avec leur employeur.

"La jeune génération veut donner du sens à son travail, cela implique de mieux communiquer sur la stratégie, les possibilités d’évolution de carrière, la prise en compte de la qualité de travail et du temps libre. Il faut donner la possibilité de négocier, entreprise par entreprise, des accords internes et non pas rendre obligatoire par la loi. Le Code du travail et déjà trop épais, il faut éviter de l’alourdir."

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