AccueilActualités"Les artisans aimés... mais ponctionnés par l’Etat", déplore le président de la CMA Auvergne-Rhône-Alpes

"Les artisans aimés... mais ponctionnés par l’Etat", déplore le président de la CMA Auvergne-Rhône-Alpes

La majorité à la Chambre de métiers et de l’artisanat Auvergne-Rhône-Alpes l’avait promis : elle présente un plan de mandature 2021-2026. Par ailleurs, la CMA déplore la "déconsidération" de l'Etat.
Vincent Gaud et Christophe Bernollin ont présenté le plan de mandature 2021-2026 de la CMA Auvergne-Rhône-Alpes.
© ES - Vincent Gaud et Christophe Bernollin ont présenté le plan de mandature 2021-2026 de la CMA Auvergne-Rhône-Alpes.

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La chambre de métiers et de l'artisanat (CMA) Auvergne-Rhône-Alpes connaît ses objectifs pour 2021-2026. La majorité "Fier d'être artisan", élue l'année dernière, vient de dévoiler son plan de mandature pour cette période.

Il a été présenté par le président régional, Vincent Gaud, et le vice-président, Christophe Bernollin, président du Rhône et chargé du suivi du plan. "Les 96 élus répartis dans les 12 départements ont planché pendant deux jours pour l’établissement du plan de mandature", annonce en préambule Vincent Gaud.

Le plan s'établit sur cinq axes : la communication de la passion d’être artisan ; la formation ; les compétences ; la création d’entreprises ; le développement en faisant grandir les entreprises artisanales vers l’embauche notamment. Ce projet de mandature est le premier à effet régional sur Auvergne-Rhône-Alpes et le premier plan de mandature à sortir au niveau national.

Tripler le nombre d'apprentis artisans

Le premier formateur d’apprentis en France (170 000 jeunes), c’est l’artisanat et les chambres à travers 250 métiers : "Notre premier axe de mandature est de faire naître les passions, faire découvrir nos métiers aux jeunes, être un acteur clé de l’orientation". La chambre de métiers et de l’artisanat Aura a l’ambition de tripler le nombre d’apprentis sur ce mandat.

Sur 225 000 entreprises artisanales, environ 30% sont des autoentreprises. Quelque 150 000 entreprises sont donc susceptibles d’embaucher des apprentis, mais seulement 10% le font : "Nous avons une très large marge de progression", constate Christophe Bernollin, vice-président.

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Pour cela, la chambre de métiers a mis en place le système Action de formation en situation de travail (Afest) qui plonge l’apprenti (au minimum détenteur d’un CAP et âgé au maximum de 29 ans) au cœur de l’entreprise. Celle-ci va s’occuper de sa formation technique tandis que la CMA, en tant que centre de formation, va s’occuper de son enseignement théorique et de son suivi avec des formateurs spécialisés.

"Cela permet aux apprentis de rester à 100 % dans l’entreprise, précise Vincent Gaud. C’est encore le meilleur moyen d’accéder à l’emploi et de recruter pour les entreprises, nous avons deux sessions de 12 personnes en ce moment."

La chambre de métiers via l’Espace formation des métiers et de l'artisanat (EFMA) de Bourgoin-Jallieu vérifie que le jeune reçoive bien la bonne formation. "Pour consolider la formation, nous signons une convention avec l’Education nationale pour former les professeurs principaux volontaires sur la construction d’un contrat d’apprentissage et les métiers de l’artisanat, pour qu’ils puissent en parler en connaissance de cause aux collégiens".

Un travail de même nature va être fait avec les universités à destination des nombreux "décrocheurs" en licence en première année. Enfin, la chambre revient en nom propre, avec un stand dédié au Mondial des métiers de Lyon qui se déroule du 1er au 4 décembre.

Entreprises : beaucoup de créations mais beaucoup de fermetures

Un autre axe de travail de la chambre, "Faire grandir les compétences" consiste à accompagner les entreprises artisanales dans tous les domaines, dont le digital, la transition écologique, etc.

"En 2021, la création d’entreprises n’a jamais été aussi élevées : à +17,1 %. Mais avec un déchet important d’une sur trois qui ne passe pas les trois ans d’existence".

Le nombre de salariés a tendance à stagner, même si le solde de créations d’entreprises reste positif : "Notre rôle est d’accompagner les créations d’entreprises pour qu’elle subsistent. Les créations sont aujourd’hui de moins en moins préparées, déplore le président. Il nous faut accompagner à passer le cap du premier salarié, à passer de la microentreprise à l’entreprise traditionnelle, à aider à créer un centre de profit pour que les artisans vivent bien de leur travail, etc."

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Les CMA ponctionnées de 60 millions d'euros par l’Etat

Les chambres de métiers et de l'artisanat, dont celle d’Auvergne-Rhône-Alpes, ne décolèrent pas depuis qu’elles ont pris connaissance de la prochaine Loi de finances. Elle va ponctionner dans le produit de la taxe payée via leur CFE par chaque artisan de France.

Celui-ci sert à financer les chambres de métiers, lesquelles le reversent en services aux professionnels. Ce cercle vertueux rapporte 227 millions au niveau national, dont 203 millions sont reversés aux CMA, ce qui entre pour 35% de leurs chiffres d’affaires (24 millions de frais de gestion !).

Dans le projet de Loi de finance 2023, le gouvernement prévoit de ponctionner 60 millions d'euros sur cinq ans sur les 203 millions, soient 12 millions de manque à gagner par an pour les chambres françaises.

« Le problème, c’est que les artisans paieront toujours la taxe à la même hauteur, mais leurs chambres consulaires recevront moins de budget. Nous estimons cette mesure injuste. Elle dépossède les artisans de leur retour sur impôts versés. On ne connaît même pas la destination des fonds prélevés sur le dos des artisans", s'agace Vincent Gaud.

Au-delà de l’aspect financier, les artisans déplorent une portée symbolique négative. "Pendant et après le Covid, les élus et le gouvernement ne tarissaient pas d’éloges sur les artisans et leur attitude responsable en pleine pandémie. Ils disent qu’ils nous aiment et l’année suivante, ils nous font un coup injuste…"

Pour la chambre régionale, c’est 2 millions de manque à gagner, sur presque 60 millions d'euros de chiffre d’affaires annuel. "Les chambres sont bien gérées, elles ont souvent un peu de résultat en fin d’année. Du coup, l’Etat se sert. Cela peut impacter nos capacités d’investissements", regrette le président de la CMA Aura.

Vincent Gaud déplore aussi le manque de considération du gouvernement pour les chambres de métiers et de l'artisanat qui jouent le rôle d’amortisseur dans certains dossiers, comme les ZFE qui posent problème à beaucoup d’artisans.

Pas de disparition programmée des CMA

Par ailleurs, les chambres de métiers et de l'artisanat, aujourd'hui régionalisées, ne sont pas près de disparaître, malgré l'évocation régulière d'une possible fusion avec les chambres de commerce et d’industrie (CCI).

"A l’heure actuelle, on ne voit pas comment concrètement fusionner avec des chambres de commerce et d’industrie, qui ne sont pas régionalisées, ni même départementalisées. Toutefois, nous ne défendons pas un système, nous représentons les entreprises artisanales, si le système d’organisation devait changer à terme, nous serions vigilants sur les services rendus aux métiers et aux entreprises", affirme Vincent Gaud.

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