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Les ingénieurs passent aussi par le CFA du BTP

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Les ingénieurs passent aussi par le CFA du BTP
© Jean-Marc Perrat - Laurent Molard, conseiller « Jeunes et entreprises » au CFA du BTP à Bourg-en-Bresse

Le Centre de formation des apprentis à Bourg-en-Bresse a pu ouvrir cette année une classe pour les « plus anciens » en reconversion professionnelle.

Tout est possible. Tout peut arriver. La vie n'étant pas un long fleuve tranquille, il est parfois nécessaire d'envisager une reconversion professionnelle. Et cela, quel que soit son âge. Laurent Molard, conseiller « Jeunes et entreprises » au Centre de formation des apprentis du BTP à Bourg-en-Bresse, est devenu maître en la matière. « Nous recevons deux types de personnes, explique-t-il. Les moins âgés ont une vingtaine d'années, affichent déjà un niveau d'études mais, pour des tas de raisons, ont envie ou besoin de rejoindre le secteur du BTP. Les autres, leurs aînés, ont des profils bien spécifiques ». Le technicien du CFA burgien, implanté depuis une trentaine d'années dans le quartier des Vennes, peut se retrouver dans des situations des plus originales : « J'ai eu un jeune de 20 ans, titulaire d'un BTS banque-assurances, qui voulait devenir plombier. Il a passé chez nous deux CAP et un BP. Ce qui fait tout de même quatre ans de formation en plus de son BTS, il faut vraiment le vouloir ! »

Cette année, c'est un professeur de maths qui s'est présenté à la porte du CFA. « Il a un diplôme d'ingénieur et enseigne depuis 18 ans dans l'Éducation nationale… Mais son but est de devenir électricien », s'étonne encore Laurent Molard. L'établissement lui a proposé de passer son CAP avec une petite particularité : « Nous l'avons dispensé de cours de maths… Difficile de faire autrement. L'année prochaine, il passera son BP. En fait, il est issu d'une famille d'artisans et son projet est de monter son entreprise ».

Un spécimen rare, reconnait-on au sein de l'équipe du directeur Pascal Fayard. En revanche, les cas de reconversion ou de réorientation sont beaucoup plus nombreux qu'on ne le croit. « On reçoit pas mal de boulangers, mécaniciens, diplômés qui veulent aller dans les métiers du BTP, souligne Laurent Molard. Ils font la formation CAP en un an au lieu de deux parce qu'ils sont dispensés de l'enseignement général. Ils n'ont plus qu'à suivre l'enseignement professionnel et à trouver un patron. Ce qui se fait d'ailleurs plutôt facilement. Ce sont généralement des personnes motivées qui percutent vite et savent pourquoi elles en sont là. Lorsque vous faites ces choix après un Bac+2 ou +5, ce n'est pas pour enfiler des perles. Chaque année, j'en emmène cinq ou six chez nos partenaires du CFA de Verviers, en Belgique, pour parler de gestion d'entreprise. C'est surtout un plus au niveau des échanges et de la découverte culturelle, car les chambres consulaires de l'Ain, la CCI ou la Chambre de métiers peuvent proposer la même chose ».

Des premiers pas parfois compliqués

À 20, 25 ou 48 ans (l'âge de notre ingénieur et professeur de mathématiques), faire ses premiers pas au sein du CFA des Vennes demande souvent un effort particulier. « Ils se retrouvent avec notre clientèle habituelle, des jeunes de 15 ans qui sortent de 3e, souligne Laurent Molard. Les plus jeunes voient généralement arriver ces aînés avec une forme de bienveillance et d'intérêt. Cette année, on a eu un niveau de demandes particulier : on a pu ouvrir une classe avec huit apprentis d'un âge... différent. C'est la première fois. Peut-être un signe de l'évolution des temps, de la société et du marché du travail. Cela se vérifiera à la prochaine rentrée ».

En revanche, ce qui se vérifie depuis pas mal de temps, c'est la volonté des apprentis de se diversifier, d'ajouter plusieurs cordes à leurs arcs, comme le précisent Laurent Molard et son collègue Charlélie Galland : « Sur 350 jeunes en formation, on en a chaque fois une centaine désireux d'étoffer leur savoir-faire et de suivre des formations complémentaires. Le futur plombier apprend aussi le carrelage, le chauffagiste l'art de la plomberie… Le positionnement de notre CFA sur le post-BAC accentue le phénomène. Depuis septembre 2018, on peut préparer chez nous un BTS Travaux publics. On a quinze places et, dès la première année, ils sont quatorze, issus des Bac Pro TP, STI2D et S. Rien que des garçons. On a beau tout faire pour convaincre ces demoiselles de nous rejoindre, c'est dur de féminiser les effectifs ! »




Jean-Marc PERRAT
Journaliste

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