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LTC lance la production de masques textiles

Pour faire face à la pénurie de masques causée par la crise sanitaire du Coronavirus, l'entreprise roannaise Les Tissages de Charlieu (LTC) a récemment lancé un modèle de masque textile. Elle a mis l'intégralité de son outil industriel au service de la production de ces équipements de protection.
LTC lance la production de masques textiles
DR - Antoine Saint-Pierre, co-dirigeant des Tissages de Charlieu

Loire Publié le ,

« Notre production est actuellement de 160 000 masques par jour, soit 1,1 million d'unités par semaine. Nous mettons tout en œuvre pour augmenter encore la cadence », explique Antoine Saint-Pierre, co-dirigeant de l'entreprise Les Tissages de Charlieu.

Les 80 métiers à tisser de LTC (société créée en 1996 et reprise l'année d'après par son actuel pdg Eric Boël) ont une capacité de tissage jacquard et uni de 2,2 millions de mètres par an. Ils fonctionnent désormais 7 j. / 7 et 24 h / 24 pour produire des masques de confinement afin de lutter contre la propagation du virus Covid-19. Ainsi l'entreprise, qui générait ​8 M€ de chiffre d'affaires en 2018, est montée en cadence jusqu'à produire au maximum 200 000 unités par jour.

Une alternative aux masques handmade

« L'idée est venue le jeudi qui a suivi l'allocution du Président de la République. Le mot "guerre" a déclenché quelque chose. Quand on a vu que des personnels de santé en étaient réduits à fabriquer eux-mêmes des masques, on a lancé la création de prototypes. Le mardi, on demandé à nos équipes de les fabriquer sur nos métiers », développe Antoine Saint-Pierre.

L'équipe de R&D, constituée de seize personnes (stylistes, coloristes, croiseurs de fils, ingénieurs, prototypeurs), a étudié les écrits scientifiques sur le sujet avant de composer un produit « qui ne se substitue pas aux masques normalisés (FFP1, FFP2, IR, IIR), mais qui constitue une alternative à la pénurie de masques et à ceux confectionnés soi-même », affirme l'entreprise.

Cette dernière procède à des améliorations constantes des produits, afin de les rendre toujours moins perméables et plus confortables. Leur durée de vie est de dix utilisations, soit dix lavages à 60° en machine.

Un process donné à d'autres tisseurs

Dans ce cadre, le directeur général du centre de lutte contre le cancer Léon-Bérard à Lyon, le professeur Jean-Yves Blay, a rédigé, le 19 mars, un courrier validant l'utilité de ces masques textiles : « En cette période d'incertitude, un masque même imparfait sera de toutes façons mieux que pas de masque ».

En attestent les commandes qui se succèdent chez LTC : « Nous livrons les demandes les plus pressantes : le centre de lutte contre le cancer Léon Bérard, les hospices civils de Lyon, le centre de lutte contre le cancer associé au CHU de Strasbourg, des cabinets médicaux… », témoigne Antoine Saint-Pierre.

Ces protections sont constituées de deux couches de polycoton recyclé, d'une couche molletonnée de polyester texturé, d'une bande élastique des deux côtés, d'une poche supérieure pour glisser une tige métallique (non fournie. Cela peut-être un trombone pour pincer la forme du nez, Ndlr). Les gérants ajoutent : « Nous avons commencé à transférer notre technique de fabrication à des confrères tisseurs. Face à la demande que nous recevons et à la pénurie de masques, nous devons tous agir ».

Assaillis par les commandes de structures de soins de toutes tailles, des pompiers, des supermarchés, des pompes funèbres..., l'entreprise a mis en ligne un formulaire. Le minimum de commandes est de 500 masques. Il faut compter 1,15 € l'unité (HT, au départ d'usine) pour une commande de 200 à 2 000 masques, 1 € jusqu'à 10 000, puis des prix dégressifs en fonction du nombre d'unités commandées.

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