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Lyon-Turin : la relance du dossier des accès s'impose

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Lyon-Turin : la relance du dossier des accès s'impose
© Bruno Fournier - Hubert du Mesnil, Michel Bouvard, Hervé Gaymard, Jacques Gounon et Thierry Repentin

Alors que le chantier du tunnel de base transfrontalier est bien lancé, le Département a souhaité mobiliser élus et responsables économiques pour que la question des accès côté français ne soit plus remise en cause et puisse s'accélérer.

Si le Lyon-Turin ferroviaire est toujours programmé pour 2030, la question des accès du tunnel de base sous les Alpes, d'une longueur de 57 km, n'est toujours pas réglée. D'autant que des parlementaires semblent avoir voulu remettre en cause leur tracé entre Lyon et la Maurienne en début d'année. Face à l'inquiétude de voir le projet retardé, le conseil départemental de la Savoie a organisé, début juillet à Chambéry, un séminaire sur le sujet. Et son président Hervé Gaymard était sur la même longueur d'ondes que son principal opposant, l'ancien ministre socialiste Thierry Repentin ! Aux élus savoyards se sont ajoutés ceux de Haute-Savoie, ainsi que le 1er vice-président d'Auvergne-Rhône-Alpes, Etienne Blanc, venu apporter le soutien de la Région au niveau du financement de l'étude du projet.

À tous, Hubert du Mesnil, président de TELT, promoteur du Lyon-Turin, a d'abord donné des nouvelles rassurantes au sujet du chantier du tunnel de base. La galerie de reconnaissance de la Maddalena, dans le Val-de-Suse (côté italien), est terminée, tandis que celle de Saint-Martin-la-Porte, dans l'axe du futur tube (côté français), en est à près de la moitié des 9 km. Après avoir été retardé à cause des conditions géologiques difficiles, le tunnelier de 135 m de long avance désormais avec des pointes de 25 m de creusement par jour. Les travaux des puits d'Avrieux et de Saint-Jean-de-Maurienne, point de départ du tunnel, vont pouvoir démarrer.

Le coût de l'ouvrage, estimé à 8,6 Md€, sera financé à 40 % par l'Europe, 35 % par l'Italie et 25 % par la France (soit 2,2 Md€). Une répartition favorable pour notre pays, qui s'explique par le fait que la charge sera plus importante au niveau des accès (140 km). Pour Michel Bouvard, vice-président du conseil départemental savoyard, il s'agit du « plus fort levier actuel de l'État, à ne surtout pas laisser passer ». La position du comité d'orientation des infrastructures, qui avait recommandé en février dernier de repousser l'aménagement des accès au-delà de 2038, apparaît donc à ses yeux à même de remettre en cause les accords franco-italiens, voire le financement européen.

« Une belle opportunité » pour les voyageurs

Sans compter que, plus tôt seront réalisés les accès au futur tunnel de base, plus le report modal des camions pourra s'effectuer efficacement. Une évidence pour Thierry Repentin, aujourd'hui président d'Autoroute et tunnel du Mont-Blanc (ATMB) et de la société du tunnel, deux axes qui supportent actuellement le trop plein du trafic de marchandises. Ce dernier met aussi le doigt sur le fait que, pour être intégré au budget 2021 de l'Europe, il faudra que les voies d'accès au Lyon-Turin soient arrêtées. D'où la nécessité de confirmer la Déclaration d'utilité publique (DUP) plutôt que de s'appuyer sur un renforcement de la ligne actuelle, Dijon-Modane, ce que préconise la commission des infrastructures. Cependant, pour Thierry Repentin, si l'on insiste beaucoup sur l'importance du fret ou encore sur les plans économique et écologique, il ne faut pas pour autant négliger l'aspect voyageurs, qui représente « une belle opportunité pour Lyon et sa métropole » en direction de l'Italie, considérant que le TER n'est actuellement pas compétitif avec l'autoroute.

« Le ferroviaire doit être dans une politique de l'offre », affirme pour sa part Jacques Gounon, président de la Transalpine, comité pour la liaison européenne Lyon-Turin qui regroupe collectivités territoriales, entreprises, organismes économiques, syndicaux, consulaires et associations. Il cite en exemple le tunnel sous la Manche, qui a donné tort aux sceptiques, ou encore, plus récemment, la liaison grande vitesse Tours-Bordeaux, qui enregistre désormais +20 % de trafic. Il apparaît donc primordial d'accompagner le projet Lyon-Turin en travaillant sur les accès français au tunnel, base de ce qui constituera le futur grand corridor Ouest-Est européen.




Bruno FOURNIER
Journaliste

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