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Lyon-Turin : « Le projet doit aller à son terme »

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Lyon-Turin : « Le projet doit aller à son terme »
© Caroline Moureaux - Elisabeth Borne, ministre des Transports, en visite sur le chantier du Lyon-Turin

En visite sur le chantier, la ministre des Transports a rappelé l'engagement pris par la France et l'Italie en dépit des désaccords politiques qui se manifestent de l'autre côté des Alpes, avant de se pencher sur la question des accès.

Le projet du Lyon-Turin n'en finit pas d'être sur la sellette… Et pourtant, l'élément central de cette liaison internationale de 270 km de long (70 % en France), constituée par le tunnel de base de 57,5 km sous les Alpes, a déjà été l'objet de quatre accords bilatéraux – souscrits entre la France et l'Italie en 1996, 2001, 2012 et 2015 – avant la ratification de l'ouverture des travaux définitifs par les parlements des deux pays début 2017. Et si, en juillet suivant, Emmanuel Macron avait laissé planer le doute en annonçant une « pause » dans les grands projets d'infrastructures, en septembre de la même année, il confirmait l'engagement de l'État, parlant d'une « position claire de la France » sur la poursuite du projet.

Un projet qui, après les préparatifs menés depuis plus d'une décennie, est entré en 2016 dans sa phase décisive avec le creusement d'une nouvelle galerie de reconnaissance, dans l'axe du futur tunnel dont elle constituera l'un des deux tubes sur 9 km. 6,7 km ont déjà été réalisés à l'aide d'un tunnelier de 135 m de long. C'est ce qu'a pu constater la ministre des Transports Elisabeth Borne, en visite vendredi dernier sur le chantier où l'on accède en Maurienne par la descenderie de Saint-Martin-La Porte. Elle en a profité pour rappeler l'engagement pris par les deux États, estimant que « le projet doit aller à son terme ».

Une façon de répondre, par avance, aux atermoiements côté italien, illustrés par les positions contradictoires de deux vice-présidents du conseil. D'un côté Matteo Salvini (ligue du Nord), favorable à la poursuite du projet et qui met en avant les 2,5 Md€ déjà investis de même que les 50 000 emplois directs et indirects engendrés selon-lui par les travaux ; de l'autre, Luigi Di Maio (mouvement 5 étoiles), qui affirme que « tant que nous serons au pouvoir, le Lyon-Turin ne se fera pas », se disant prêt à négocier avec la France « un remboursement de l'argent engagé pour le réinvestir dans le transport local ».

On n'en est certes pas à un arrêt du chantier, qui coûterait dans les 4 Md€ d'après le promoteur TELT (Tunnel Euralpin-Lyon-Turin), notamment à l'Europe. Car celle-ci, dans l'optique de combler le maillon manquant d'un grand corridor transeuropéen (train à grande vitesse et report modal du fret), finance 40 % du coût total, estimé à 8,6 Md€ – 35 % revenant à l'Italie et 25 % à la France, compte tenu qu'elle aura un investissement plus important sur les accès au tunnel.

Un sujet au cœur du séminaire auquel a participé la ministre, qui s'est retrouvée au siège du Département, à Chambéry, aux côtés des élus et des acteurs économiques. Le dossier, depuis sa déclaration d'utilité publique (2013), apparait au point mort. Elisabeth Borne s'est donc voulu rassurante en affirmant que si l'on s'engage aussi fermement sur le tunnel, « il va de soi qu'on se doit de l'accompagner par la réalisation du réseau permettant d'y accéder ». Reste que, pour l'instant, le choix des tracés restent en suspend, notamment en ce qui concerne un tunnel sous la Chartreuse ou sous la chaîne de L'Épine. Quant au financement, la ministre salue l'appui de la Région et ne serait pas contre l'idée d'une « euro-vignette » sur le réseau alpin et Méditerranée, suggéré en 2016 par Michel Destot et Michel Bouvard, alors parlementaire en Isère et en Savoie. Il faudra savoir également si l'Europe inscrira les accès au Lyon-Turin dans son budget 2020-2027. Autant d'interrogations qui demeurent et devront être levés si le réseau doit être prêt en 2030, date d'ouverture fixée pour le tunnel transalpin.




Bruno FOURNIER
Journaliste

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