AccueilFFBMichèle Roche, directeur général de Roche & Cie : un parcours sous le signe de l'engagement

Michèle Roche, directeur général de Roche & Cie : un parcours sous le signe de l'engagement

Ses études scientifiques ne la destinaient pas à intégrer un jour l'entreprise familiale de peinture et ravalement. Docteur en pharmacie, Michèle Roche est aujourd'hui directeur général de Roche & Cie. Portait d'une femme engagée et exigeante.

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Diplômée de la faculté de pharmacie de Lyon, Michèle Roche aimait les sciences naturelles et aurait souhaité être biologiste. Mais son parcours a pris un autre chemin : en 1990, après la naissance de son fils Lucas, elle se voit proposer par son père de rejoindre l'entreprise qu'il a créée en 1961. Spécialisée dans les travaux de peinture et de ravalement, celle-ci est restée une structure familiale, où travaillent déjà l'épouse de René Roche et leur fils Patrick, le frère de Michèle.

Débute alors un apprentissage à la fois technique et humain : « Mon père ne parlait jamais de son travail à la maison, je me suis formée pour connaître l'entreprise et ses métiers. J'ai également découvert l'importance des relations humaines dans le management, la nécessité de savoir s'adapter à chaque personne : il y a celles qu'il faut stimuler, pousser…, celles avec lesquelles il faut montrer un peu d'autorité, celles qu'il faut rassurer… Tout cela est très empirique, il faut apprendre à moduler son discours, son langage, son attitude. »

Cette faculté d'adaptation sera précieuse : la première mission de Michèle Roche porte sur le lancement d'une démarche Qualité, qui repose notamment sur la remise à plat d'une tradition orale. Une remise à plat qui peut parfois être perçue comme une remise en cause. « Ce n'était pas facile, se souvient-elle, surtout en étant la fille du patron, vis-à-vis des ouvriers et des conducteurs de travaux dont je devais vérifier si les dossiers étaient à jour et contrôler le travail. » La démarche est couronnée par une belle réussite : Roche & Cie devient la première entreprise certifiée sur Rhône-Alpes après audit (Qualibat), avec une mention à la clé.

Un travail de longue haleine : la Charte lyonnaise du ravalement

En 1994, René Roche décide de prendre sa retraite. Il modifie les statuts de l'entreprise, nomme son fils président du directoire et sa fille directeur général, et crée un co0nseil de surveillance qu'il préside. Entre-temps, Michèle Roche s'est spécialisée dans les domaines juridiques et administratifs, les relations avec les banques, les assurances. Tout ce qu'elle appelle « l'arrière-boutique » et qui concerne tous les organes vitaux de l'entreprise pour permettre son fonctionnement. Elle s'attache particulièrement aux volets sécurité et maitrise du risque.
Mais surtout, Michèle Roche est déjà très active dans la vie syndicale, à l'exemple de son père qui avait notamment été président de la médecine du travail et des œuvres sociales. Au sein de la Fédération BTP Rhône, elle s'implique rapidement dans la chambre des jeunes entrepreneurs, puis au sein de la chambre professionnelle des peintres. Avec déjà une haute exigence pour faire avancer les dossiers, notamment sur l'assurabilité des entreprises. Le chemin n'est pas facile : en tant que femme et « fille de », elle doit doublement faire ses preuves et saura gagner la confiance des entrepreneurs masculins par la qualité de ses dossiers. Membre du bureau puis présidente de la chambre des peintres, elle participe aux réunions du bureau de la structure nationale qu'elle quittera pour se concentrer sur sa région. À son actif figure notamment l'élaboration de la Charte lyonnaise du ravalement : un travail de longue haleine mené, à son initiative, avec la Ville de Lyon et les Architectes des Bâtiments de France pour prendre en compte dans les opérations les problématiques de chaque intervenant.

Aujourd'hui, l'entreprise a grandi, elle intègre des branches spécialisées dans le décapage et le désamiantage – celle-ci est pilotée par son fils Lucas Garin, venu à son tour s'inscrire dans l'histoire de Roche & Cie.

Sa fille Cyrielle, née en 1991, a quant à elle hérité de la fibre entrepreneuriale familiale – elle lance avec son compagnon une micro-entreprise autour de la maintenance électronique et informatique, tout en ayant développé une vraie fibre artistique. Une sensibilité que mère et fille partagent : dès qu'elle le peut, Michèle Roche profite d'une exposition d'art plastique. « J'aime beaucoup Camille Claudel, souligne-t-elle. Parce que c'est une femme qui n'a jamais été lisse, qui nous a laissé des sculptures fortes. »

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