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Trois questions à Nicolas Vollerin / Responsable technique Produits de Polieco France

le - - Ain

Trois questions à Nicolas Vollerin / Responsable technique Produits de Polieco France

« On associe souvent les matériaux composites aux industries high-tech, telles que l'aérospatial ou les transports. Pourtant ces matériaux ont aussi toute leur place dans le secteur de la construction ». Pour le responsable Produits de la société basée à Feillens, dans l'Ain, le marché du Bâtiment apparaît suffisamment mature pour vivre une révolution de grande ampleur, à l'instar de celle du plastique dans les années 1980.

Comment définiriez-vous les matériaux composites ?

Les matériaux composites sont, comme leur nom l'indique, composés d'au moins deux matières. Elles ont pour caractéristiques d'être différentes et complémentaires, et ont la faculté de ne pas se mélanger lors de la fabrication. La combinaison des différents composants permet d'obtenir des caractéristiques qu'un seul matériau ne peut avoir. Constitués d'une ossature appelée renfort (le plus souvent constituée de fibre de verre) et d'une matrice, ou liant, fait de matériaux thermoplastiques ou thermodurcissables, ces matériaux offrent des propriétés uniques : résistance mécanique équivalente à celle des métaux tout en étant bien plus légers, durabilité, insensibilité à la corrosion et aux agents chimiques, pas d'entretien, contraintes techniques réduites, facilité et rapidité de pose, ce qui participe à la lutte contre les TMS… La liste est longue !

Le coût d'un matériau composite est-il équivalent à celui d'un matériau traditionnel ?

Pour les petites dimensions, le coût reste équivalent à celui d'un matériau traditionnel haut de gamme. Pour des dispositifs de grandes dimensions en revanche, il peut être supérieur d'environ 30 %. Mais sur le long terme, il s'agit d'un investissement particulièrement vertueux, car il apporte une solution définitive à tous les problèmes rencontrés au préalable : plus de nuisances sonores, une dissuasion contre le vol car pas de valeur à la revente, un poids en moyenne 70 % inférieur à la fonte, une insensibilité aux agents chimiques... D'autant que ces matériaux sont également très intéressants sur le plan environnemental.

C'est-à-dire ?

Déjà, ce sont des matériaux très peu énergivores : transformer un tampon en fonte nécessite de monter à 1 200 °C, là où 60 °C suffisent pour du matériau composite ! Ensuite, ils sont plus facilement transportables et peuvent être livrés prêts à la pause. Enfin, ils sont désormais recyclables, ce qui pousse aujourd'hui la filière à s'organiser. Il est toutefois important de souligner qu'une vraie volonté politique et institutionnelle reste nécessaire pour organiser la collecte et impulser le cercle vertueux du recyclage. Plus la collecte sera importante, plus les industriels pourront proposer des prix attractifs et seront incités à utiliser des matières recyclées. En France, l'intégration des matériaux recyclés reste compliquée. Ces derniers peinent à être intégrés dans les normes et règlements, et obtenir une certification NF pour un nouveau produit fabriqué en matériaux composites relève du parcours du combattant. Je déplore ce décalage persistant entre la dynamique innovante des industriels et la capacité de l'État, et des administrations en général, à faire bouger les normes et le processus de certifications. C'est d'autant plus regrettable que le marché de la construction est aujourd'hui mature pour vivre cette « (r)évolution » des matériaux composites : après l'arrivée du plastique dans les années 1980, le secteur évolue vers l'adoption de ces nouveaux matériaux, là où le plastique seul ne peut pas répondre aux besoins.




Jean-Marc PERRAT
Journaliste

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