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Numérique / My digital buildings démocratise le BIM

L'entreprise installée à Vaulnaveys-le-Haut, près de Grenoble, s'est spécialisée dans les maquettes numériques des bâtiments. Un marché potentiellement très important, puisque la société s'intéresse aux bâtiments existants.
Numérique / My digital buildings démocratise le BIM

Isère Publié le ,

Nicolas Gerchanzon est l'un des trois cofondateurs (et actuel directeur commercial) de My digital buildings. C'est en 2019, entouré de deux personnes rencontrées lors d'une précédente expérience professionnelle, qu'il se lance avec la volonté de développer une activité autour de la « digitalisation » des bâtiments.

Photo : La plateforme permet de créer des points d'intérêt accrochés à la 3D / © My digital buildings

L'utilité ? Au même titre qu'un architecte fournit un BIM (modélisation des données du bâtiment) pour des bâtiments neufs, My digital buildings souhaite créer des jumeaux numériques de bâtiments existants en « capturant la réalité », comme l'explique le cofondateur :

« Nous avons fait le choix de nous orienter vers la technologie du scanner, en l'occurrence un scanner mobile équipé de capteurs 3D et d'appareils photo permettant des prises de vues à 360 ° tous les deux mètres ». Nicolas Gerchanzon souligne que « 98 % du parc immobilier est ancien, donc potentiellement intéressé ».

Concrètement, le scanner va créer un nuage de points en 3D qui va permettre de disposer d'une maquette sur laquelle sont superposées les photos 360 °. Cet habillage est loin d'être cosmétique, puisque grâce à cette technologie, on se rapproche de la navigation Google Street View plutôt que de l'obscur logiciel d'architecte. « Pour le moment, le BIM reste une démarche réservée à des experts, car il faut des machines puissantes et un savoir-faire pour manipuler ce genre d'éléments », regrette Nicolas Gerchanzon, soucieux de démocratiser l'outil numérique.

Des points d'intérêt dans une image 3D

Le directeur commercial a ainsi souhaité créer une plateforme web avec son équipe, permettant de rendre le jumeau numérique encore plus accessible. « Avec cette plateforme, nous pouvons enrichir le jumeau web. En effet, il est possible de créer des points d'intérêt accrochés à la 3D, et donc positionnés sur le plan », assure-t-il. Ainsi, dans l'image de démonstration présente sur le site web de l'entreprise, on se retrouve sur une image 3D où l'on peut se déplacer.

Comme sur Google Maps. Un hélicoptère apparaît sur l'image, ainsi que différents points d'intérêt, comme celui qui signale la présence d'un extincteur. Un autre point est « accroché » sur une voiturette. En cliquant, il est possible de consulter un PDF qui explique comment vérifier la pression des pneus.

« Ce n'est qu'un exemple. Mais nous avons aussi travaillé avec Minatec [campus d'innovation en micro-nanotechnologies au CEA de Grenoble, Ndlr] sur un cas d'usage. L'idée est de tester la pertinence de notre concept avec Orange et Adeunis, qui ont installé des capteurs IoT (internet des objets) mesurant la qualité de l'air », détaille encore le directeur commercial. L'idée est donc d'intégrer les capteurs dans le jumeau numérique, afin de consulter les données générées à l'aide d'une API. Il est ensuite possible de consulter les données des capteurs en temps réel, avec différentes possibilités, dont le fait de pouvoir réaliser un « partage » sur Facebook.

Le scanner mobile est équipé de capteurs 3D et d'appareils photo permettant des prises de vues à 360 ° / © My digital buildings

Aider les malvoyants dans les ERP​

Plus récemment, l'équipe s'est penchée sur un dérivé de leur technologie en direction des malvoyants. « Avec le projet Vioo, nous voulions créer une application pour les établissements accueillants du public (ERP). Dans un lieu équipé de notre jumeau, la personne malvoyante prend son smartphone et balaie la pièce avec sa caméra. L'application se réfère au jumeau et donne la position de la personne dans le bâtiment. Ensuite, l'application guide le malvoyant grâce à des indications vocales », conclut Nicolas Gerchanzon.

Cette application a été choisie par l'Union nationale des aveugles et déficients visuels (Unadev) avec vingt autres projets qui vont bénéficier et se partager une enveloppe de 1,5 M€. Un coup de pouce important pour l'équipe de My digital buildings, composée de quatre collaborateurs, qui va plancher encore plusieurs mois sur ce sujet.​

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