AccueilActualitésOffre insuffisante, coût prohibitif… Face aux ZFE, le BTP tente de s’adapter

Offre insuffisante, coût prohibitif… Face aux ZFE, le BTP tente de s’adapter

Obligés de renouveler leur parc automobile sous peine de se voir interdire l’accès aux grandes métropoles, les professionnels du BTP tentent de s’adapter.
Olivier Aubert et Eric Bouvard, lors de la Journée de la mobilité
T.F. - Olivier Aubert et Eric Bouvard, lors de la Journée de la mobilité

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Véhicules électriques, spécialistes des motorisations à hydrogène, professionnels du rétrofit… Mercredi 6 juillet, les Puces du canal, à Villeurbanne, avaient des allures de mini salon de l’automobile. De quoi attirer pas mal de curieux, désireux de s’informer sur la mobilité durable.

"Présenter aux pros du BTP les solutions de mobilités alternatives"

"C’est d’ailleurs l’objectif principal de ce rendez-vous baptisé Journée de la mobilité, indique Olivier Aubert, président de la commission environnement et innovation à la FFB Aura. A travers ce moment, on cherche surtout à présenter aux artisans et entreprises du BTP toutes les solutions qui s’offrent à eux en matière de mobilités alternatives."

Il faut dire que, depuis plusieurs mois, le renouvellement du parc automobile des professionnels s’est intensifié, à marche forcée. Confrontés à la mise en place des ZFE à Lyon puis Grenoble, ils ont, pour beaucoup, dû engager une mutation brutale.

"Nous sommes prêts à faire des efforts"

"Le BTP fait déjà beaucoup d’efforts au niveau de la transition écologique, indique d’ailleurs Eric Bouvard, président de la section équipements techniques au sein de BTP Rhône et métropole. Et nous sommes prêts à continuer, notamment au niveau de la qualité de l’air. Mais là, ce que nous demande la nouvelle majorité lyonnaise, c’est trop."

A savoir la fin des véhicules diesel dès 2026 dans la Métropole. "Pour beaucoup de professionnels, ça veut dire des milliers d’euros d’investissements. Alors que certains avaient déjà fait un gros travail pour être dans les clous en 2021 (NDLR : date de la mise en place des vignettes Crit’Air 2)."

Il y a encore très peu de solutions existantes"

Ces changements ne sont, selon les représentants de la profession, pas toujours simple dans un contexte économique tendu et avec des innovations constructeurs encore balbutiante. "Il y a un vrai décalage entre la réglementation et l’offre actuelle. Il y a encore très peu de solutions existantes, notamment en ce qui concerne tous les poids lourds et engins de chantier, qui sont des véhicules souvent très techniques, qui représentent des petits volumes de production pour les constructeurs."

Pourtant, aujourd’hui, à peine 1 % de ce parc fonctionne en énergie décarbonée dans la région selon la FFB. « Pour changer les 99 % restants, nous avons besoin d’une offre plus conséquente. Et donc de temps. C’est d’ailleurs ce que nous demandons : que les délais proposés soient réalistes. »

"Non à la régression sociale"

Autre problème selon la FFB, la modification de l’organisation du travail. "Les véhicules à motorisation alternative vont créer des pertes de temps structurelles. Que ça soit pour recharger son moteur électrique, ou faire le plein d’hydrogène dans la seule station du département, tout ça va rallonger nos journées."

Et pour Eric Bouvard, les nouvelles réglementations pourraient aussi entraîner une augmentation de la pénibilité. "On ne veut pas, pour mettre en place une mobilité plus durable, faire de la régression sociale. Un exemple : certains politiques défendent la solution des vélos-cargos. Très bien, mais ils oublient aussi qu’avec ça, on augmente la pénibilité du travail. Ça n’est pas acceptable pour nous qui, depuis des années, nous battons pour réduire les TMS dans l’environnement professionnel."

Prolongation des dérogations et augmentation des aides

Alors, pour laisser du temps aux professionnels, la FFB milite pour une prolongation de certaines dérogations existantes, en place jusqu’à 2025, dans la Métropole lyonnaise (NDLR : la liste à retrouver sur grandlyon.com). « On discute avec les collectivités pour ça, indique Olivier Aubert. Mais nous demandons aussi des aides plus importantes. Le BTP a toujours été proactif sur les questions environnementales. Mais, pour qu’il continue à l’être, il faut nous accompagner. »

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