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Pascal Royer : « Le plus difficile sera de pérenniser les nouvelles mesures de sécurité »

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Pascal Royer : « Le plus difficile sera de pérenniser les nouvelles mesures de sécurité »
© BTP Rhône et Métropole - Pascal Royer, directeur d'établissement Eiffage Route Centre-Est

Eiffage Route Centre-Est, la branche construction routière d'Eiffage sur la région lyonnaise (450 collaborateurs, 75 M€ de CA), a repris le chemin des chantiers mardi 21 avril. Pour Pascal Royer, ce redémarrage « en douceur » doit permettre d'inculquer les bonnes pratiques, bien que le directeur d'établissement redoute un manque d'assiduité sur le long terme.

Quand avez-vous initié la reprise de vos chantiers ?

Après avoir stoppé l'ensemble de nos activités le 17 mars, nous avons repris mardi 21 avril avec un premier chantier privé dans le Rhône. Un autre jeudi dernier. Nous sommes désormais en mesure de reprendre le travail dans de bonnes conditions, du moins celles définies par l'Etat, les ministères et les organismes de santé. Avec la publication du guide de préconisations sanitaires, les points noirs ont été éclaircis. Et puis, bien sûr, demeure un problème économique évident : nous avons besoin de refacturer nos clients, de refaire du chiffre d'affaires... Mais pas dans n'importe quelles conditions. La balle est aujourd'hui dans notre camp et dans celle de nos clients.

Comment le travail s'organise-t-il désormais ?

Nous suivons scrupuleusement les préconisations du guide. Autrement dit, l'application des gestes barrières, la distance d'1 mètre entre le personnel et, dans le cas où c'est impossible, l'utilisation de masques. Heureusement, dans les travaux routiers, on a peu de co-activité, ce qui ne nous a pas empêchés de préconiser une visière en permanence sur les casques. Les chefs de chantier sont généralement nos référents Covid-19 : ils ont déjà l'habitude de transmettre les consignes de sécurité...

Finalement, on s'aperçoit que le plus compliqué, c'est la mise en route et les arrêts - pour la pause déjeuner par exemple. Côté transport, ça reste un peu complexe aussi, mais ça s'arrange : le dernier courrier de l'OPPBTP nous a signalé qu'il était désormais possible de véhiculer deux personnes par rangée dans les fourgons, à condition de porter des masques.

Ces deux premiers chantiers font donc figure de « tests » en quelque sorte...

Absolument. On est en train de mettre tout ceci en pratique pour permettre un redémarrage progressif et apprendre au personnel à travailler avec les gestes barrières. Si nous avons choisi ces chantiers, c'est en premier lieu parce que les clients nous ont donné le feu vert (ils ont eux-mêmes besoin de livrer leurs chantiers), mais c'est aussi parce qu'ils nous fournissaient l'opportunité de tester ces nouvelles méthodes sur tous les types de travaux que nous sommes amenés à effectuer : aménagement de voirie, mise en œuvre de GNT [graves non traitées, Ndlr], pose de bordures, de maçonnerie, mise en œuvre des enrobés... Nous pourrons ensuite enchaîner les autres dans la foulée. Dix sont déjà programmés cette semaine.

Que disent les premiers retours terrain ?

Ils sont bons. On arrive à faire appliquer ces mesures sans trop de difficultés, même si l'on doit encore répondre à la problématique des déjeuners. Le plus gros souci, selon moi, sera l'assiduité. On s'aperçoit petit à petit que la date du 11 mai ne signifiera pas stopper les mesures de protection. En confinement ou non, on devra travailler de la même manière. Il va donc falloir que ces nouvelles habitudes rentrent dans les mœurs...

Eiffage Route Centre Est emploie 450 collaborateurs. Redoutez-vous des problèmes d'approvisionnement ?

Oui, car si pour le moment le stock est suffisant, au rythme de deux à trois masques par jour et par personne ça ne va pas durer longtemps, puisqu'il va nous falloir 3 500 masques par semaine ! Forcément, des questions restent en suspens. Peut-être utiliserons-nous des masques lavables... Les visières aussi viennent à manquer. On a également une rupture sur les lingettes, ce qui implique de mettre du produit désinfectant sur du papier.

En décembre dernier, vous disiez qu'il était « urgent d'entretenir les réseaux ». Cette crise sonne-t-elle comme une catastrophe pour les infrastructures existantes ?

La crise revêt aujourd'hui plusieurs aspects : elle est liée aux personnels, aux surcoûts, à l'activité. Sans oublier le report des élections municipales, qui ne va pas aider à relancer la machine. De fait, tout ce qui était en cours s'est arrêté et le peu qui était enclenché a pris du retard. Les entretiens font partie des marchés qui sont actifs. Cela permettrait de renouer avec l'activité, mais la commande publique reste en stand by... Nous sommes aujourd'hui prêts à redémarrer, mais quoi ? Les collectivités doivent prendre le relais !






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